Liberman demande instamment la sortie du Conseil des droits de l’homme de l’ONU
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Liberman demande instamment la sortie du Conseil des droits de l’homme de l’ONU

Le ministre de la Défense qualifie le conseil de '"festival de l'hypocrisie" pour ses critiques de l'Etat juif sur la violence à Gaza, appelle les Etats-Unis à en faire autant

L'ambassadrice des États-Unis auprès de l'ONU Nikki Haley rencontre le ministre de la Défense Avigdor Liberman à Jérusalem le vendredi 9 juin 2017 (Crédit : Dana Shraga / Ministère de la Défense)
L'ambassadrice des États-Unis auprès de l'ONU Nikki Haley rencontre le ministre de la Défense Avigdor Liberman à Jérusalem le vendredi 9 juin 2017 (Crédit : Dana Shraga / Ministère de la Défense)

Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, a appelé jeudi à ce que Israël et les Etats-Unis se retirent du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies en raison de l’“hypocrisie” du Conseil dans sa critique de la politique de l’Etat juif à Gaza.

Israël n’est pas membre du CDHNU. Le Conseil compte 47 sièges et ses membres sont élus par l’Assemblée générale pour un mandat de trois ans. Le mandat américain actuel doit se terminer en 2019.

Les déclarations de M. Liberman interviennent à la veille du jour où le CDHNU, un organisme intergouvernemental composé d’États membres de l’ONU, devait tenir une session spéciale pour discuter des récents affrontements violents à la frontière de Gaza, au cours desquels des dizaines de Palestiniens ont été tués par les tirs israéliens.

« Israël fait face à un double assaut, a déclaré M. Liberman dans un communiqué. « L’attaque terroriste depuis Gaza et une attaque hypocrite menée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Toutes les condamnations visent à empêcher Israël de se défendre. Ils ne réussiront pas. »

« Nous devons cesser toute participation à ce festival de l’hypocrisie, quitter immédiatement le Conseil des droits de l’homme et agir vigoureusement pour que les États-Unis se joignent à cette mesure », a-t-il ajouté.

En mars, Israël a qualifié le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies d’“imposture” après qu’il a adopté cinq nouvelles résolutions anti-israéliennes, affirmant que le conseil était utilisé par des « dictatures assoiffées de sang » pour masquer leurs propres abus. A l’époque, Liberman, ancien ministre des Affaires étrangères, avait déclaré dans un tweet qu’Israël « n’a rien à faire au Conseil des droits de l’homme de l’ONU ». Il a ajouté que « sa présence là-bas donne une légitimité aux résolutions antisémites et que la farce doit cesser ».

The UN Human Rights Council (photo credit: CC-BY US Mission Geneva, Flickr)
Le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, à Genève (Crédit : UN/Jean-Marc Ferré)

Quelques jours plus tôt, les États-Unis avaient averti qu’ils perdaient patience et menaçaient à nouveau de quitter le Conseil après l’adoption par l’organe basé à Genève de cinq résolutions condamnant Israël, dont l’une appelait Israël à abandonner la crête stratégique du plateau du Golan au profit de la Syrie déchirée par la guerre. A l’époque, l’ambassadeur américain Nikki Haley avait déclaré dans un communiqué que le Conseil était « grossièrement biaisé contre Israël », notant qu’il n’avait adopté que trois résolutions ciblant séparément la Corée du Nord, l’Iran et la Syrie.

Au cours de l’année écoulée, Haley a averti à maintes reprises que les États-Unis étaient prêts à se retirer de l’organisme de 47 membres créé en 2006 pour promouvoir et protéger les droits de l’homme dans le monde entier.

Israël est le seul pays qui soit spécifiquement inscrit à l’ordre du jour du Conseil.

Le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, a déclaré mardi que 62 Palestiniens ont été tués et plus de 2 700 autres blessés lors d’affrontements le long de la frontière, lundi et mardi. Un responsable du Hamas a reconnu mercredi que 50 des Palestiniens qui auraient été tués étaient des membres du groupe terroriste islamiste ; le Jihad islamique a déclaré mardi que trois des morts étaient ses membres.

Israël affirme que le Hamas, qui dirige la bande de Gaza et appelle ouvertement à la destruction d’Israël, encourage la violence et l’utilise comme couverture pour ses attaques.

Selon l’armée israélienne, les manifestations à la frontière se sont amenuisées mardi avec seulement 4 000 personnes qui, selon l’armée israélienne, se sont jointes aux manifestations à la frontière. Cela est à comparer aux quelque 40 000 Palestiniens qui ont participé à des émeutes violentes le long de la barrière de sécurité lundi.

Mercredi, bien que les émeutes aient en grande partie cessé, il y a eu trois échanges transfrontaliers, dont des coups de feu qui auraient été tirés depuis Gaza et qui ont touché des immeubles résidentiels à Sderot, causant des dégâts mais pas de blessés, a dit l’armée. Tsahal a réagi par des frappes aériennes nocturnes contre des cibles du Hamas à Gaza.

Mardi, le porte-parole du Haut Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU a condamné Israël pour la « violence épouvantable et meurtrière à Gaza ».

Le Haut Commissaire est le bureau de l’ONU pour la promotion des droits de l’homme et travaille aux côtés du Conseil des droits de l’homme.

« Les règles sur le recours à la force en vertu du droit international ont été répétées à maintes reprises, mais semblent avoir été ignorées à maintes reprises », peut-on lire dans la déclaration. « Il semble que quiconque est susceptible d’être tué ou blessé par balle : femmes, enfants, membres de la presse, premiers intervenants, spectateurs et à presque tous les endroits jusqu’à 700 m de la clôture. »

Le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a demandé une enquête indépendante sur la violence.

Mardi également, les États-Unis ont bloqué un communiqué du Conseil de sécurité de l’ONU qui aurait également appelé à une enquête indépendante sur la réponse israélienne à la violence.

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