Liberman : la question de la religion et de l’État ne pouvait pas être ignorée
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Interview

Liberman : la question de la religion et de l’État ne pouvait pas être ignorée

Le chef du parti Yisrael Beytenu a déclaré à Zman Yisrael que la loi de conscription ultra-orthodoxe a toujours été une priorité

Le chef du parti Yisrael Beytenu Avidgor Liberman s'exprime lors d'une réunion du parti à la Knesset, à Jérusalem, le 24 juin 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)
Le chef du parti Yisrael Beytenu Avidgor Liberman s'exprime lors d'une réunion du parti à la Knesset, à Jérusalem, le 24 juin 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le chef du parti Yisrael Beytenu Avidgor Liberman a déclaré que la relation entre la religion et l’État était une question qui ne pouvait pas être ignorée dans les récentes négociations de coalition qui ont échoué entre son parti et le Likud.

Les efforts du Premier ministre Benjamin Netanyahu pour former un gouvernement après les élections d’avril ont conduit à une impasse quand Liberman, se voulant le champion des droits de la population laïque contre la coercition religieuse, a refusé de céder sur ses exigences pour une loi de conscription militaire des ultra-orthodoxes dans l’armée, une loi contre laquelle les partis ultra-orthodoxes sont fermement opposés.

Après avoir échoué à former une majorité de coalition, Netanyahu a dissous le Parlement et appelé à de nouvelles élections pour le 17 septembre, tout en accusant Liberman d’avoir délibérément torpillé la coalition pour ses propres manigances politiques.

Dans un entretien de mercredi avec Zman Yisrael, le site en hébreu du groupe Times of Israel, Liberman a démenti que sa position ferme contre les partis ultra-orthodoxes était une simple posture pour essayer de rallier plus de soutiens.

« Non, a déclaré Liberman. J’ai présenté le projet de conscription [ultra-orthodoxe] à la Knesset en mars 2018, quand les élections n’étaient même pas évoquées. Et déjà à ce moment-là, j’avais déclaré que c’était un sujet sur lequel je ne changerai pas de cap, sur lequel je ne céderai pas ».

« La relation entre la religion et l’État est une question qui ne peut pas être ignorée dans cette Knesset – nous avons vu le nombre de sièges [que nous avions] et nous avons vu les exigences des ultra-orthodoxes ».

Liberman a dit que sa femme et sa fille sont toutes les deux très religieuses, « mais toutes les deux me soutiennent et comprennent que nous n’avons pas de choix. Je crois en la tradition juive, mais aussi dans le principe de vivre et de laisser vivre ».

« Je ne permettrais pas qu’un mini-marché soit ouvert le Shabbat à Bnei Brak », a déclaré Liberman en référence à la ville du centre d’Israël à majorité ultra-orthodoxe qui se trouve juste à l’est de Tel Aviv. Mais il n’y a aucune raison pour qu’ils soient fermés à Tel Aviv ».

Avant de former Yisrael Beytenu en 1999, Liberman a servi en tant que directeur général du Bureau du Premier ministre sous Netanyahu. Pour les élections de 2013, il a même scindé son parti à celui du Likud et les deux formations politiques ont présenté une liste commune. Pourtant, Liberman a mis un terme au partenariat le 9 juillet 2014, lorsqu’Israël a commencé sa campagne militaire de deux mois dans la bande de Gaza contre des groupes terroristes palestiniens menés par le Hamas, dans ce que l’on a appelé l’Opération Bordure protectrice.

Liberman a évoqué la gestion de la campagne par Netanyahu comme le point de départ de sa rupture avec le Premier ministre.

« Cela s’est produit lors de l’Opération Bordure protectrice, a expliqué Liberman. Son comportement était contre tout ce en quoi je croyais, il n’a pas tenu la moindre promesse qu’il avait faite. Je ne pouvais plus continuer à être son partenaire ».

Interrogé pour savoir s’il voulait lui-même devenir Premier ministre, Liberman n’a ni démenti ni confirmé cette suggestion.

« Pour moi, la politique n’est pas une obsession, c’est une option, a-t-il dit. J’appuie sur l’accélérateur et j’avance, et nous irons où nous allons ».

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