Liberman stoppe le versement des allocations chômage en lien avec la pandémie
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Liberman stoppe le versement des allocations chômage en lien avec la pandémie

Selon le ministre des Finances, l'initiative vise à pourvoir les emplois vacants et à remettre le pays au travail ; certaines allocations resteront en place

Avigdor Liberman, leader d'Yisrael Beytenu, visite le marché Hacarmel de Tel Aviv, le 23 novembre 2020 (Crédit : Miriam Alster / Flash90)
Avigdor Liberman, leader d'Yisrael Beytenu, visite le marché Hacarmel de Tel Aviv, le 23 novembre 2020 (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

Le nouveau gouvernement israélien va mettre un terme, à la fin du mois, à un programme d’aide en direction des travailleurs ayant été placés en congé pour cause de pandémie. Les entreprises tentent actuellement de réembaucher du personnel aux postes laissés vacants par les jeunes Israéliens qui reçoivent actuellement un versement d’allocation de la part de l’État.

C’est le ministre des Finances, Avigdor Liberman, qui a annoncé cette décision mardi – et ce malgré une hausse des nouveaux cas quotidiens de COVID-19 qui résulte de la présence du variant Delta, à la propagation rapide, sur le territoire israélien, ce qui laisse craindre que l’épidémie ne soit pas réellement terminée.

Le ministère des Finances a fait savoir, en date du 1er juin, qu’il cesserait de verser des allocations pour les Israéliens de moins de 28 ans et qui n’ont pas d’enfant à charge. L’annonce de Liberman, faite sur Twitter, a précisé que le programme de soutien économique de crise disparaîtrait totalement, tout en notant qu’une série de nouvelles mesures s’imposerait pour atténuer l’impact de sa disparition sur les personnes qui sont vraiment dans le besoin.

« Les allocations chômage pour les employés placés en congé seront dorénavant accordées selon le même protocole que celui qui précédait la crise du coronavirus », a-t-il écrit sur Twitter.

Selon Liberman, qui est devenu ministre des Finances la semaine dernière, cette initiative va aider à pourvoir 130 000 postes laissés vacants, alors que l’économie reprend vie dans le pays grâce à la disparition presque totale du coronavirus.

Cette mesure devra être approuvée par la Knesset.

De récentes données économiques ont indiqué que de nombreux jeunes Israéliens ne sont pas retournés au travail, préférant toucher les allocations versées par l’État.

Des Israéliens assis dans un café dans le centre de Jérusalem, le 21 avril 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le Bureau central des statistiques a annoncé, la semaine dernière, que 133 000 emplois étaient vacants au mois de mai. C’est le chiffre le plus élevé depuis 2009, année où les statistiques ont commencé à être effectuées et conservées.

Dans l’industrie alimentaire, de la restauration et hôtelière, 17,3 % des postes ne sont pas occupés, a rapporté le bureau.

Selon le quotidien Globes, 100 000 emplois étaient vacants avant la pandémie.

Le chef du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, parle aux Israéliens aux environs de la place Dizengoff à Tel Aviv, alors que les Israéliens votent aux élections générales, le 23 mars 2021. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

D’un autre côté, le chômage a augmenté au mois de mai – passant de 203 700 à 209 300 personnes. Toutefois, le nombre d’Israéliens au chômage pour cause de coronavirus est tombé de 118 900 personnes au mois d’avril à 69 800 personnes au mois de mai, selon les chiffres du Bureau des statistiques qui ont été publiés lundi.

Liberman a déclaré que des allocations particulières mises à disposition des Israéliens à bas salaire retournant au travail seraient dorénavant accessibles pour tous les employés retournant travailler d’ici la fin du mois de juin – cette initiative avait été prolongée au-delà de l’échéance initiale qui avait été fixée le 30 avril. Ces versements mensuels visent à aider les employeurs des secteurs alimentaires et des services à faire revenir les employés à bas salaire.

« La fin du congé sans solde est une première initiative nécessaire de sortie de crise », explique le chef de l’Association des fabricants Ron Termer, saluant l’initiative. « Il y a 100 000 emplois, avec une rémunération équitable, qui attendent simplement d’être pourvus. L’économie israélienne sera plus stable dès le mois prochain, et les contribuables israéliens ne seront plus dans l’obligation de soutenir ceux qui ne travaillent pas. »

Des cafés et des restaurants fermés à Tel Aviv, le 22 septembre 2020. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Les dispositions de ce programme prévoient que les personnes de plus de 45 ans auront encore droit à la moitié des allocations qu’ils ont reçues pendant la pandémie jusqu’à la fin de l’année 2021.

Liberman a aussi expliqué que les règles obligeant un travailleur à avoir occupé un poste pendant six mois, au cours des 18 mois précédents, pour pouvoir recevoir des allocations chômage seraient abandonnées jusqu’au mois d’octobre. Par la suite et jusqu’à la fin de l’année, il faudra avoir travaillé pendant 10 mois sur une période totale de 18 mois. Avant la pandémie, les chômeurs devaient avoir travaillé pendant 12 mois sur une période totale de 18 mois pour avoir droit aux allocations chômage.

Tandis que l’industrie du tourisme doit encore se rétablir suite à la pandémie et alors que la majorité des touristes ont encore besoin d’une autorisation particulière pour entrer sur le territoire, Liberman a suggéré que les guides touristiques qui ne travaillent actuellement pas puissent aider les professeurs dans les programmes scolaires d’été.

La proposition a entraîné de vives critiques de groupes de travailleurs et d’autres activistes.

« La proposition de Liberman va avoir un effet désastreux sur des centaines de milliers de chômeurs qui veulent trouver un emploi mais qui n’y arrivent pas », ont déclaré dans un communiqué 34 groupes œuvrant dans les secteurs social et de l’économie. « Le gouvernement n’offre pas de formation professionnelle ou autre aide à l’emploi à cette catégorie de travailleurs et il les abandonne, les laissant sans allocations et sans aides. »

Cette annonce de Liberman survient alors que le pays assiste à une légère hausse du nombre de cas quotidiens de coronavirus et que les responsables ont promis d’adopter des mesures pour lutter contre une éventuelle reprise épidémique.

Israël a complètement rouvert son économie au cours des derniers mois après que les taux élevés de vaccination ont permis de faire baisser le nombre de cas à presque zéro.

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