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L’immigration d’Amérique du nord revient à la normale après un pic en 2021

Dans sa première audience, la commission de l'Alyah à la Knesset a aussi écouté des experts et des activistes sur les arrivées massives qui ont suivi l'invasion russe de l'Ukraine

Judah Ari Gross est le correspondant du Times of Israël pour les sujets religieux et les affaires de la Diaspora.

La Commission pour l'Immigration, l'Intégration et les Affaires de la Diaspora lors de sa première audience à la Knesset, le 9 janvier 2023. (Crédit : Noam Moskowitz/Knesset)
La Commission pour l'Immigration, l'Intégration et les Affaires de la Diaspora lors de sa première audience à la Knesset, le 9 janvier 2023. (Crédit : Noam Moskowitz/Knesset)

La commission chargée des questions d’immigration s’est réunie lundi pour la toute première fois depuis plus de deux ans à la Knesset. Ses membres ont écouté les interventions d’experts sur une grande variété de problématiques, notamment sur la hausse massive de l’immigration en provenance de l’ex-Union soviétique suite à l’invasion de l’Ukraine et de la Russie, et sur la baisse de l’alyah chez les populations juives originaires d’Amérique du nord et d’Europe occidentale.

L’année dernière a été une année record, sans précédent depuis deux décennies, en matière d’immigration juive en Israël, avec presque 75 000 personnes qui se sont installées dans le pays en 2022. Plus de trois-quarts de ces nouveaux arrivants provenaient de Russie et presque 20 % d’Ukraine – soit cinq fois plus que l’année précédente, selon les chiffres du Bureau central des statistiques qui ont été présentés à la Commission par Ayala Eliyahu, du Centre de Recherche et d’information du parlement.

Cet important flux de nouveaux arrivants a entraîné des tensions majeures dans les infrastructures chargées de l’intégration des immigrants dans le pays, avec de nombreuses personnes venues de l’étranger qui ont dû apprendre l’hébreu, trouver du travail et se fondre dans la société israélienne. Alors qu’un grand nombre de ces immigrants étaient arrivés de manière impromptue, sans effets personnels, le gouvernement avait offert une allocation particulière pour les aider à se remettre sur pied dans un nouveau pays, une allocation qui a été suspendue depuis.

« L’État d’Israël a dû relever un défi inhabituel. Je m’entretiendrai avec les ministres des Finances et de l’Intégration de manière à préserver et à élargir, cette année, l’allocation versée pour les hébergements, » a déclaré Oded Forer, membre de Yisrael Beytenu, qui a été désigné chef de la Commission pour l’Immigration, l’Intégration et la Diaspora, la semaine dernière. La commission, qui est traditionnellement présidée par un membre de l’opposition, n’avait pas été formée au sein de la dernière Knesset en raison du refus de l’opposition de coopérer d’une manière ou d’une autre avec la coalition au pouvoir.

Forer a noté que la commission avait prévu d’organiser une nouvelle audience, la semaine prochaine, qui sera consacrée à la pénurie de professeurs d’hébreu au sein de l’État juif, ce qui a causé d’importants retards pour les nouveaux immigrants qui doivent parler la langue pour s’intégrer dans la société israélienne.

Zeev Elkin, qui a immigré en Israël depuis l’Ukraine en 1990, a noté que la suspension de cette allocation était un problème particulier pour les immigrants originaires de Russie, un grand nombre d’entre eux n’ayant pas pu transférer leur argent en Israël en raison des sanctions pesant sur les banques russes suite à l’invasion de l’Ukraine par les forces du Kremlin.

Yosef Taieb, de la formation séfarade et ultra-orthodoxe Shas, a appelé le gouvernement à mettre en place un programme courant sur plusieurs années qui aiderait les migrants en matière d’emploi, d’éducation et de logement.

A côté de cette vague d’immigration majeure en provenance de l’ex-Union soviétique, il y a aussi eu l’année dernière une baisse significative – mais qui était attendue – de l’alyah des Juifs d’Amérique du nord et d’Europe occidentale.

Un groupe de 229 olim à leur arrivée en Israël par l’intermédiaire de Nefesh B’Nefesh en juillet 2013 (Crédit : Autorisation de Sason Tiram)

En 2022, 3 500 personnes ont immigré en Israël depuis l’Amérique du nord – contre 4 400 l’année précédente. Le nombre de nouveaux arrivants depuis la France est aussi tombé de 3 500 en 2021 à un peu plus de 2000 en 2022.

Dganit Sankar-Langa, directrice-générale du ministère de l’Immigration et de l’Intégration, a attribué ces baisses à des considérations d’ordre financier.

« Nous pensons qu’elles sont liées au coût de la vie et à la crise du logement en Israël. Nous nous basons en cela sur ce que les immigrants eux-mêmes nous disent, en plus de ceux qui s’intéressent à l’idée d’immigrer », a-t-elle expliqué.

Ces chiffres semblent toutefois davantage indiquer un retour au niveau habituel de l’immigration en provenance de ces pays après une année 2021 particulièrement haute. L’année dernière, l’alyah depuis les États-Unis et le Canada avait connu un chiffre record et sans précédent depuis 50 ans – dont la responsabilité avait été largement attribuée à la pandémie de coronavirus qui devait donner lieu à de plus grandes opportunités en matière, entre autres, de travail à distance.

Les 3 500 nouveaux immigrants arrivés depuis l’Amérique du nord, en 2022 – un peu plus de 3 000 originaires des États-Unis, les autres originaires du Canada – représentent néanmoins une hausse forte en comparaison avec les chiffres enregistrés au cours de la décennie précédente, avec une moyenne de 2500 personnes qui faisaient leur Alyah chaque année.

Le rabbin Dov Lipman, à droite, parle lors de la première audience de la Commission pour l’Immigration, l’Intégration et les Affaires de la Diaspora à la Knesset, le 9 janvier 2023. (Crédit : Noam Moskowitz/Knesset)

Pendant l’audience de la commission, le rabbin Dov Lipman, ancien député qui préside dorénavant l’organisation Yad L’Olim, qui vient en aide aux nouveaux immigrants, a demandé aux parlementaires présents de pousser le gouvernement à accorder davantage d’attention à l’intégration des nouveaux arrivants.

« Le gouvernement ne doit pas dépenser plus d’argent à promouvoir encore plus d’alyah. Le gouvernement doit dépenser de l’argent pour l’intégration en Israël », a-t-il insisté.

Lipman faisait référence ici à une stipulation présente dans l’accord de coalition qui prévoit une augmentation massive des financements pour encourager l’immigration en Israël depuis l’Amérique du nord et la France, avec un montant annuel de 350 millions de shekels alloué à la question pour les quatre prochaines années, et ce malgré des éléments limités qui laissent penser qu’un tel investissement entraînera un renforcement significatif de l’Alyah.

« Nous travaillons très dur avec les autorités dans le but de changer cette perspective », a dit Lipman.

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