Linda Sarsour : Israël a été construit sur l’idée d’une suprématie juive
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Linda Sarsour : Israël a été construit sur l’idée d’une suprématie juive

La militante palestino-américaine a précisé qu'elle parlait de la loi controversée sur l’État-nation et rejeté les critiques comme une tentative de dépeindre une gauche antisémite

Linda Sarsour pendant un débat sur l'islamophobie à Louisville, dans le Kentucky, en mai 2016. (Crédit : Festival of Faiths from Louisville/CC BY 2.0/WikiCommons)
Linda Sarsour pendant un débat sur l'islamophobie à Louisville, dans le Kentucky, en mai 2016. (Crédit : Festival of Faiths from Louisville/CC BY 2.0/WikiCommons)

L’activiste palestino-américaine Linda Sarsour a fait scandale pendant le week-end, en affirmant qu’Israël était construit sur des bases suprématistes, avant de préciser par la suite qu’elle ne parlait que de la loi controversée sur l’État-nation.

Lors de la conférence annuelle des musulmans américains pour la Palestine à Chicago vendredi, elle a critiqué les sionistes progressistes.

« Demandez-leur comment ils peuvent s’opposer à la suprématie blanche en Amérique et à l’idée d’un État basé sur la race et la classe, et en même temps soutenir un État comme Israël, basé sur la suprématie, qui est construit sur l’idée que les Juifs sont supérieurs aux autres », a-t-elle ainsi lancé.

Sarsour a souvent excédé la communauté pro-Israël et fait actuellement campagne pour le candidat démocrate à la présidentielle Bernie Sanders, qui est Juif. Elle est l’une des fondatrices de la Women’s March et s’exprime fréquemment contre Israël et son gouvernement.

Dans une série de tweets publiés mardi, Sarsour a expliqué que ses propos ne font référence qu’à la loi israélienne sur l’État-nation.

« Je faisais précisément référence au discours raciste qui est au cœur de la loi sur l’État-nation récemment adoptée par le gouvernement israélien – pas au peuple juif. Je m’excuse pour la confusion », a-t-elle écrit.

La loi en question, adoptée l’an dernier, établit que Jérusalem est la capitale d’Israël, désigne « l’État d’Israël comme l’État national du peuple juif où celui-ci applique son droit naturel, culturel, religieux, historique » précisant que « le droit à l’autodétermination au sein de l’État d’Israël n’est réservé qu’au peuple juif ». La langue hébraïque est la langue officielle du pays, et l’arabe est relégué du statut de langue officielle de l’État à un « statut spécial »,

Dans ses tweets, Sarsour affirme que « nous devons être cohérents et défier l’État d’Israël pour son système de valeurs qui hiérarchise un peuple sur un autre. Nous sommes opposés à un État suprématiste en Amérique, qui valorise la race/la classe sur les autres, et nous devons être honnêtes quant à la façon dont nous parlons d’Israël. »

Elle a également rejeté les critiques comme une « tentative de dépeindre la  gauche américaine et britannique comme antisémite pour détourner l’attention des campagnes potentiellement transformatrices et des opportunités pour un véritable progrès pour nos nations. »

Les propos tenus par Sarsour à la conférence ont suscité des réprobations sur les réseaux sociaux, notamment de la part de Jonathan Greenblatt, directeur de l’Anti-Defamation League.

« Elle calomnie les fondateurs d’Israël en tant que suprématistes, invoquant un trope antisémite ancestral lorsqu’elle les décrit comme ayant cru que les Juifs étaient ‘supérieurs face à tous les autres' », a ainsi réagi Jonathan Greenblatt mardi.

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