L’Inde interdit un film nommé aux Oscars sur la guerre à Gaza
The Voice of Hind Rajab avait toutefois été diffusé en novembre lors d'un festival organisé à Calcutta, a souligné le distributeur de la firme Jai Viratra Entertainment

Le commission indienne de contrôle du cinéma a interdit la sortie en Inde du film The Voice of Hind Rajab, qui évoque la mort d’une fillette palestinienne de 5 ans pendant la guerre à Gaza, a-t-on appris auprès de son distributeur.
Sa réalisatrice s’était appuyée sur de véritables enregistrements d’appels au secours d’une fillette palestinienne qui avaient suscité une vive émotion lors de leur révélation.
Les proches de Hind Rajab avaient retrouvé son corps environ douze jours après sa mort, ainsi que ceux de cinq membres de sa famille et de deux ambulanciers qui étaient venus à son secours.
Le Croissant-Rouge palestinien avait diffusé des extraits audio d’un appel initialement passé par la cousine adolescente de Hind, Layan Hamadeh, aux régulateurs, dans lequel elle indiquait qu’un char israélien approchait, avant que des coups de feu ne retentissent et qu’elle ne se mette à crier. Considérée comme la seule survivante, Rajab était restée trois heures au téléphone avec les régulateurs, qui avaient tenté de la rassurer tout en préparant l’envoi d’une ambulance.
La Société du Croissant-Rouge palestinien avait accusé Israël d’avoir délibérément pris pour cible l’ambulance qu’elle avait envoyée pour porter secours à Rajab.
Quelques semaines après la mort de Rajab, l’armée israélienne avait déclaré qu’aucun de ses soldats ne se trouvait dans la zone au moment des faits.
Le film n’a cessé de gagner en notoriété sur la scène des festivals internationaux. Hollywood, pour sa part, lui a rendu hommage en le nommant dans la catégorie « Meilleur film international » pour la 98e cérémonie des Oscars.
Le distributeur indien du film, Manoj Nandwana, a affirmé à l’AFP que le Bureau central de vérification des films (CBCF) avait justifié la décision de refuser sa diffusion pour ne pas « affecter les relations de l’Inde avec Israël ».
« Après le visionnage (du film), il était clair pour moi qu’ils ne serait pas autorisé en Inde », a poursuivi M. Nandwana, ajoutant qu’il n’avait pas été informé de cette décision. « Ce film a été projeté dans le monde entier, même en Israël, pourquoi est-si sensible en Inde ? ».
The Voice of Hind Rajab avait toutefois été diffusé en novembre lors d’un festival organisé à Calcutta, a souligné le distributeur de la firme Jai Viratra Entertainment.
Traditionnellement, l’Inde s’efforce d’entretenir un équilibre diplomatique délicat au Moyen-Orient, où la guerre fait rage depuis le début des frappes militaires des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran fin février.
Depuis des années, New Delhi a patiemment renforcé son partenariat avec Israël, notamment en matière de défense, d’agriculture ou de technologie. Ce fut encore le cas fin février lors d’une visite officielle du Premier ministre indien Narendra Modi.
En même temps, le pays le plus peuplé du monde est resté proche de Téhéran.
La décision visant le film a été jugée « honteuse » et « indigne d’une démocratie mature », par le parlementaire d’opposition Shashi Tharoor.







