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L’Indonésie appelle le G20 à l’action sur le changement climatique

Les ministres avaient prévu de publier un communiqué conjoint, mais la réunion d'une journée s'est achevée avec une déclaration de l'Indonésie seule sur les objectifs environnementaux

La ministre indonésienne de l'Environnement et des Forêts, Siti Nurbaya Bakar, prend la parole lors de la réunion ministérielle du G20 sur l'environnement et le climat à Nusa Dua, Bali, Indonésie, le mercredi 31 août 2022. (Crédit : Made Nagi/Pool photo via AP)
La ministre indonésienne de l'Environnement et des Forêts, Siti Nurbaya Bakar, prend la parole lors de la réunion ministérielle du G20 sur l'environnement et le climat à Nusa Dua, Bali, Indonésie, le mercredi 31 août 2022. (Crédit : Made Nagi/Pool photo via AP)

L’Indonésie, qui préside le G20 cette année, a interpellé mercredi les représentants des plus grandes économies mondiales, leur demandant d’agir ensemble contre le réchauffement climatique qui risque de faire basculer la planète « dans un territoire inconnu ».

La ministre indonésienne de l’Environnement et des Forêts Siti Nurbaya Bakar a souligné que « les problèmes environnementaux mondiaux requièrent des solutions mondiales », sans quoi la planète risque de voir son avenir compromis, à l’ouverture d’une réunion ministérielle du G20 dédiée à l’environnement et au climat à Bali.

Cet appel arrive à la fin d’un mois d’août marqué par des inondations exceptionnelles au Pakistan imputées au réchauffement climatique avec plus d’un millier de victimes et par une vague de chaleur en Chine qui a provoqué une sécheresse dévastatrice.

« Nous ne pouvons pas échapper au fait que le monde fait face à des défis qui s’aggravent », a ajouté la ministre, citant en exemple les prix croissants de l’énergie et une pénurie alimentaire mondiale.

« Nous savons que le changement climatique peut devenir un facteur amplificateur et multiplicateur des crises. Nous ne pouvons pas résoudre ces crises par nous-mêmes ».

Le changement climatique pourrait non seulement « effacer tous les progrès en terme de développement qui ont été obtenus ces dernières décennies, notamment dans les pays émergents, mais aussi nous faire basculer vers un territoire inconnu où le futur sera compromis ».

Les pays industrialisés et en développement sont frappés de façon croissante par des vagues de chaleur record, des inondations et des sécheresses, autant de phénomènes qui pourraient se multiplier et s’intensifier à cause du changement climatique, selon les scientifiques.

L’envoyé spécial du président américain pour le climat John Kerry, à droite, marche avec le vice-ministre turc de l’environnement, de l’urbanisation et du changement climatique Mehmet Emin Birpinar avant leur réunion bilatérale en marge de la réunion conjointe des ministres de l’environnement et du climat du G20 à Nusa Dua, Bali, Indonésie, mercredi 31 août 2022. (Crédit : AP Photo/Firdia Lisnawati, Pool)

John Kerry, l’envoyé spécial des États-Unis sur le changement climatique, le président de la COP26 et ministre britannique à l’Environnement Alok Sharma, ainsi que des représentants de l’Inde, Australie, Japon, Corée du Sud, Brésil, Italie, France et de l’Union européenne, se sont déplacés.

Les ministres avaient d’abord prévu de publier un communiqué conjoint à l’issue de leurs discussions, mais la réunion ministérielle d’une journée s’est achevée avec une déclaration de l’Indonésie seule sur les objectifs environnementaux du groupe, a indiqué le pays organisateur, signe des profondes divisions entre les plus grandes économies mondiales.

Le groupe n’est pas parvenu à signer de texte commun à cause de divisions géopolitiques, à l’instar d’une précédente réunion financière des membres du G20 qui s’étaient déchirés sur la responsabilité de la Russie dans les problèmes économiques mondiaux avec l’invasion de l’Ukraine.

« La déclaration de la présidence est ce à quoi l’on peut parvenir au vu des problèmes géopolitiques et du fait que certains pays ne sont pas flexibles sur certains problèmes », a indiqué la ministre indonésienne à l’AFP. « Comme dans de nombreux groupes de travail, la Russie et l’Ukraine sont devenus des sujets de tensions géopolitiques ».

La ministre indonésienne des forêts, Siti Nurbaya Bakar, à droite, salue le président de la COP26 Alok Sharma à son arrivée pour la réunion des ministres de l’environnement et du climat du G20 à Nusa Dua, Bali, Indonésie, le mercredi 31 août 2022. (Crédit : AP/Firdia Lisnawati, Piscine)

La Chine, deuxième plus grand pays émetteur de gaz à effet de serre, n’a dépêché qu’un vice-ministre de l’Écologie à la réunion, selon une liste vue par l’AFP.

La réunion est un prélude au sommet du G20 de novembre auquel le président russe Vladimir Poutine devrait assister, a indiqué son homologue indonésien Joko Widodo.

La Grande-Bretagne a accusé l’invasion de l’Ukraine par la Russie d’avoir exacerbé les problèmes énergétiques mondiaux.

La crise énergétique déclenchée par la guerre a souligné « la vulnérabilité des pays dépendant des énergies fossiles contrôlées par des acteurs hostiles », a relevé Alok Sharma.

La prochaine conférence annuelle de l’ONU sur le climat, la COP27, se tiendra en novembre à Charm el-Cheikh en Egypte.

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