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L’Irak demande à la Turquie de libérer plus d’eau en amont des fleuves

L'Irak est un des cinq pays les plus vulnérables aux effets du changement climatique et à la désertification

Capture d'écran d'un reportage de France 24 sur la sécheresse en Irak (Crédit : capture d'écran YouTube)
Capture d'écran d'un reportage de France 24 sur la sécheresse en Irak (Crédit : capture d'écran YouTube)

L’Irak a demandé samedi à la Turquie voisine de libérer en amont des quantités d’eau plus importantes dans le Tigre et l’Euphrate qui traversent ces deux pays confrontés à la sécheresse et souvent en désaccord sur la gestion des ressources hydriques.

Bagdad se plaint régulièrement des barrages construits en amont chez ses voisins et qui réduisent le débit des cours d’eau à leur arrivée en Irak. Les autorités présentent l’Irak comme un des cinq pays les plus vulnérables aux effets du changement climatique et à la désertification.

Samedi, le ministre irakien des Ressources hydriques Mehdi al-Hamdani s’est entretenu par visioconférence avec le représentant spécial du président turc pour l’Irak, Veysel Eroglu.

Les deux responsables ont discuté « des quantités d’eau arrivant en Irak par les fleuves Tigre et Euphrate » qui prennent leurs sources en Turquie, selon un communiqué irakien. « Le ministre Hamdani a demandé à la partie turque de réexaminer les quantités d’eau libérées, de manière à permettre à l’Irak de surmonter la pénurie d’eau actuelle ».

Cité par le communiqué irakien, le responsable turc s’est dit disposé à faire passer le message aux services hydriques à Ankara pour « augmenter les quantités d’eau libérées dans les jours à venir, en fonction des réserves disponibles » côté turc.

Les deux parties se sont entendues sur la visite prochaine d’une « délégation technique irakienne » qui serait autorisée à « évaluer sur site les réserves d’eau aux barrages turcs ».

Ce dossier alimente les tensions entre Bagdad et Ankara. Mardi, l’ambassadeur de Turquie en Irak, Ali Riza Güney, a provoqué l’indignation avec ses déclarations accusant les Irakiens d’une mauvaise gestion de leurs ressources hydriques.

« L’eau est fortement gaspillée en Irak », a-t-il estimé sur Twitter, plaidant pour « des mesures immédiates pour réduire ce gaspillage » et évoquant notamment « la modernisation des systèmes d’irrigation ».

Le ministre des Ressources hydriques irakien a rétorqué qu’Ankara s’arrogeait « le droit de réduire le quota d’eau de l’Irak ».

Avec des précipitations en baisse, l’Irak a connu trois années de sécheresses successives. Les autorités ont réduit de moitié les zones agricoles cultivées dans le pays de 42 millions d’habitants.

« Les réserves en eau ont baissé de 60 % par rapport à l’année dernière », assurait mercredi un responsable gouvernemental cité par l’agence de presse irakienne INA. Selon ses chiffres, le niveau des eaux arrivant du Tigre et de l’Euphrate était à 35 % de la quantité moyenne arrivant dans le pays ces cent dernières années.

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