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L’Iran accepte, à certaines conditions, de remplacer des caméras sur un site nucléaire

Mais en vertu d'une loi iranienne, les images capturées resteront aux mains de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, pas à celles de l'agence de l'ONU, l'AIEA

L'usine de fabrication de pièces détachées de centrifugeuses près de Karaj, en Iran, une photo publiée en ligne par Edward Majnoonian,  usager de Google, au mois de mai 2019. (Capture d'écran/Google Maps)
L'usine de fabrication de pièces détachées de centrifugeuses près de Karaj, en Iran, une photo publiée en ligne par Edward Majnoonian, usager de Google, au mois de mai 2019. (Capture d'écran/Google Maps)

L’Iran et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) se sont mis d’accord mercredi sur le remplacement des caméras de surveillance endommagées sur le site nucléaire de Tesa, à l’ouest de Téhéran, ce que la République islamique a qualifié de « geste de bonne volonté » de sa part.

Cette décision est survenue mercredi alors que des pourparlers à Vienne sur le nucléaire iranien patinent.

Destinées à redonner vie à un accord moribond depuis le départ unilatéral des Etats-Unis en 2018, ces négociations ont repris le 29 novembre dans la capitale autrichienne entre l’Iran, la Russie, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la France et la Chine.

« L’Iran autorise l’installation par l’AIEA de nouvelles caméras pour remplacer celles endommagées lors d’une opération de sabotage » contre le site nucléaire de Karaj, a annoncé l’agence Nournews, considérée comme étant proche du Conseil national de la sécurité, la plus haute instance sécuritaire d’Iran.

Dans un communiqué, l’AIEA a de son côté confirmé qu' »à la suite d’un accord intervenu mercredi entre le secrétaire-général de l’AIEA Rafael Mariano Grossi et le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA) Mohammad Eslami », l’AIEA allait installer « bientôt de nouvelles caméras de surveillance sur le site de Karaj, qui fabrique des centrifugeuses ».

Ces caméras avaient été endommagées le 23 juin selon l’Iran, qui avait alors affirmé avoir déjoué une opération de « sabotage » d’Israël, contre un bâtiment de son organisation de l’énergie atomique (OIEA), à Tesa. Une enquête avait été ouverte, avait affirmé le pays.

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Mariano Grossi, à droite, s’entretient avec le directeur adjoint de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, Behrouz Kamalvandi, à son arrivée à l’aéroport Imam Khomeini de Téhéran, en Iran, le 22 novembre 2021. (Crédit : Organisation iranienne de l’énergie atomique via AP)

« Il s’agit d’un développement important pour le travail de vérification et de suivi par l’AIEA. J’espère sincèrement que nous allons continuer nos discussions constructives pour résoudre toutes les questions de garanties en suspens en Iran », a dit M. Grossi.

Pour sa part, l’Iran a mis en avant un « geste de bonne volonté », visant à « mettre fin aux malentendus dans ses rapports avec l’AIEA », selon l’ensemble des agences iraniennes.

« Après la fin de l’enquête de sécurité sur les caméras endommagées, ainsi que de la décision de l’Agence de condamner le sabotage dans le complexe de Tesa et d’accepter l’inspection technique des caméras par des experts iraniens avant leur installation, l’Iran a autorisé que l’Agence remplace des caméras endommagées par de nouvelles », ont précisé les agences iraniennes.

L’agence Nournews rappelle qu’en vertu d’une loi votée par le Parlement iranien, « les images enregistrées par les nouvelles caméras ne seront pas fournies à l’AIEA comme c’était le cas pour les images des caméras précédentes et resteront auprès de l’OIEA, en Iran ».

A maintes reprises, la République islamique d’Iran a accusé ou soupçonné Israël, son ennemi juré, d’avoir saboté certaines de ses installations nucléaires. Israël accuse pour sa part depuis des années l’Iran de chercher à se doter de l’arme nucléaire.

Le 23 novembre, le directeur général de l’AIEA s’était rendu à Téhéran pour tenter de régler la question des caméras de surveillance, soulignant qu’il s’agissait « d’une question très, très importante ».

Il avait déclaré que le non-remplacement des quatre caméras endommagées « affectait sérieusement la capacité de surveillance (des activités du site de Tesa), ce qui est essentiel pour un retour sur l’accord sur le nucléaire ».

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