L’Iran accusé d’avoir forcé son judoka à perdre pour ne pas affronter Sagi Muki
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L’Iran accusé d’avoir forcé son judoka à perdre pour ne pas affronter Sagi Muki

Le joueur égyptien qui a perdu contre Sagi Muki a refusé de lui serrer la main après le combat

Saeid Mollaei en 2018 (Capture d'écran : YouTube)
Saeid Mollaei en 2018 (Capture d'écran : YouTube)

Jeudi, le président de la Fédération israélienne de judo a déclaré que le judoka iranien Saeid Mollaei avait été forcé à perdre sa demi-finale contre le Belge Matthias Casse, la veille lors du Championnat du monde de Judo à Tokyo, afin d’éviter d’avoir à affronter l’Israélien Sagi Muki en finale.

Dans le passé, l’Iran avait interdit à ses athlètes de s’opposer aux Israéliens. En mai, la Fédération internationale de Judo avait déclaré avoir trouvé un accord avec l’Iran pour mettre un terme au boycott, bien que le chef du comité olympique iranien ait ensuite refusé.

Mollaei a été accusé de feindre d’être blessé et de perdre exprès des combats dans le passé pour éviter d’avoir à affronter Muki.

S’exprimant à la Radio de l’armée, Moshe Fonti, président de la Fédération israélienne de Judo, a dit qu’une heure avant les demi-finales de mercredi, l’équipe israélienne avait entendu que Mollaei, classé numéro 1 mondial, « avait l’intention de continuer la compétition, même s’il devait s’opposer à Sagi Muki en finale. Nous avons entendu qu’il avait demandé au président de la fédération iranienne de judo de s’assurer que sa famille sera en sécurité ».

Pour les demi-finales, Mollaie affrontait Casse alors que Muki se trouvait opposé à l’Egyptien Mohamed Abdelaal. Après que Muki a battu Abdelaal (le refus de l’Egyptien de serrer la main de Muki a provoqué une autre polémique), il est clairement apparu que si Mollaei battait le Belge, il devrait affronter l’Israélien pour remporter la médaille d’or.

« De ce que nous avons compris, en peu de temps, des officiels des renseignements iraniens sont allés dans sa maison en Iran et dans le dojo à Tokyo et l’ont averti », a déclaré Fonti.

« Je ne sais pas ce qui s’est passé, mais au final, il a perdu les deux combats », a déclaré Fonti, en référence au combat contre Casse et au combat suivant pour la médaille de bronze contre Luka Maisuradze de Géorgie. « Il n’est pas allé en finale avec Sagi et il n’est pas monté sur le podium ».

Miri Nevo, une commentatrice israélienne du judo, a dit qu’il était clair que Mollaei avait fait ce qu’elle a qualifié de « défaite préparée », pour s’assurer de perdre la demi-finale. Elle a lancé une pique en disant que si les Iraniens étaient si patriotiques et hostiles à Israël, ils devraient « essayer de nous battre » au sport.

Le médaillé d’or israélien Sagi Muki prend la pause sur le podium de la catégorie homme des -81kg lors du Championnat du monde de judo à Nippon Budokan, le site où auront les prochains Jeux Olympiques, à Tokyo, le 28 août 2019. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Muki a fini par dominer Casse et remporter le titre mondial, devenant ainsi le premier judoka israélien à être sacré champion du monde. Mollaei, qui avait dominé sur le judo mondial en reportant le titre l’année dernière, a fini la compétition à la cinquième place. S’il avait pris la troisième place, il aurait dû être sur le podium alors que l’on jouait l’hatikvah, l’hymne national d’Israël en l’honneur de la victoire de Muki.

Fronti n’a pas blâmé Mollaei pour ses actions, déclarant que même s’il « avait promis au président de la Fédération internationale de Judo qu’il participerait… il y avait des gens dans la maison de sa famille en Iran. On ne peut pas juger un athlète dans une telle situation ».

Mercredi, Muki a dit que Mollaei était un « excellent » sportif, alors que le coach de l’équipe israélienne Oren Smadja, a déclaré que c’était un « mec super ».

L’idée que Mollaei avait fait exprès de perdre son combat contre Casse pour éviter d’avoir à affronter Muki se retrouvait dans les médias couvrant l’événement.

Le site internet Inside the Games a fait remarquer que Mollaei, qui avait « semblé imbattable dans les premiers tours », avait soudainement déclaré souffrir d’une blessure à la tête dans son combat avec Casse et qu’il était « venu en portant un énorme bandage sur sa tête ». Il « n’a presque tenté aucune prise lors du combat, et il a pris un ippon à la première véritable attaque de Casse ».

Le Belge Matthias Casse (en bleu) célèbre sa victoire en demi-finale sur l’Iranien Samedi Mollaei, avec un bandage sur la tête, dans la catégorie des -81kg lors du Championnat du monde de Judo 2019 au
Nippon Budokan à Tokyo le 28 août 2019. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Le site RMC sport a dit que Mollaei « avait lâché la demi-finale après avoir vu la qualification de Muki pour la finale ».

On a aussi rapporté que « dans la matinée, dans la salle d’échauffement, des témoins ont décrit Saeid Mollaei comme étant extrêmement agité, au bord des larmes, évoquant le danger pour sa famille ».

Il y a eu des informations qu’avant de perdre son combat contre Casse, Mollaei avait menacé plus tôt dans la journée d’abandonner s’il devait rencontrer Muki.

Des cas où des Iraniens ont perdu exprès des match pour éviter d’avoir à affronter des Israéliens ont déjà eu lieu dans le passé. L’année dernière, un lutteur iranien a été exclu pendant six mois pour avoir délibérément perdu un combat pour éviter d’avoir à s’opposer à un Israélien.

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