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L’Iran dit avoir saisi deux pétroliers grecs dans les eaux du Golfe

Les équipages de deux pétroliers grecs saisis par l'Iran dans les eaux du Golfe ne sont pas en détention et sont en bonne santé, ont indiqué samedi les autorités iraniennes

Le pétrolier battant pavillon grec  Prudent Warrior, l'un des navires saisis par l'Iran, vogue aux abords d'Istanbul, en Turquie, le 19 avril 2019. (Crédit :  Dursun Çam via AP)
Le pétrolier battant pavillon grec Prudent Warrior, l'un des navires saisis par l'Iran, vogue aux abords d'Istanbul, en Turquie, le 19 avril 2019. (Crédit : Dursun Çam via AP)

Les Gardiens de la Révolution iraniens, l’armée idéologique de la République islamique, ont annoncé vendredi s’être emparés de deux pétroliers grecs dans les eaux du Golfe, peu après avoir protesté contre la saisie par la Grèce d’un navire transportant du pétrole iranien.

Le ministère grec des Affaires étrangères a dénoncé dans un communiqué des actes « assimilables à de la piraterie » et appelé les citoyens grecs à éviter de se rendre en Iran.

Les Gardiens de la Révolution ont indiqué que leurs forces navales avaient « saisi aujourd’hui deux pétroliers grecs dans le Golfe persique en raison de violations qu’ils ont commises », selon un communiqué publié sur leur site, sans donner d’autres détails. Les équipages des deux pétroliers grecs ne sont pas en détention et sont en bonne santé, ont indiqué samedi les autorités iraniennes.

« Tous les membres (d’équipage) sont en bonne santé et sont restés à bord (des navires). Ils sont traités conformément au droit international et (les autorités portuaires) leur procurent tout ce dont ils sont besoin », ont indiqué les autorités portuaires et maritimes dans un communique diffusé par l’agence officielle Irna.

Le ministère grec a affirmé que des hélicoptères de la marine iranienne avaient hélitreuillé des hommes armés à bord des deux pétroliers.

L’un d’eux, le Delta Poseidon, naviguait alors dans les eaux internationales, a-t-il précisé. Le second, qui n’a pas été nommé, se trouvait près des côtes iraniennes, selon la même source.

Le ministère grec a indiqué que neuf Grecs font partie des équipages des deux navires, mais a refusé de donner le nombre total des marins à bord.

Athènes a informé l’Union européenne et l’Organisation maritime internationale de l’incident, a-t-il ajouté.

Les bateaux de patrouille des Gardiens de la révolution islamique devant un navire de guerre américain, à gauche, dans le Golfe d’Oman, pendant la saisie d’un pétrolier vietnamien par l’Iran, à droite, dans le Golfe d’Oman, le 3 novembre 2021. (Capture d’écran : Vidéo des Gardiens de la révolution via AP)

Pétrole iranien

Plus tôt vendredi, l’Iran avait de nouveau appelé à « lever immédiatement » la saisie d’un navire transportant du pétrole iranien retenu depuis mi-avril par la Grèce sur demande des Etats-Unis.

En vertu des sanctions européennes liées à la guerre en Ukraine, les autorités grecques ont saisi le 19 avril au large de l’île d’Eubée le pétrolier russe Pegas, rebaptisé quelques jours plus tard Lana.

Selon des informations à l’époque, le tanker transportait 115.000 tonnes de pétrole iranien.

Mercredi, une porte-parole de la police portuaire grecque a dit à l’AFP que ce pétrole serait « transféré aux Etats-Unis (…) à la suite d’une demande de la justice américaine ».

Le ministère des Affaires étrangères iranien a convoqué vendredi le chargé d’affaires suisse, qui représente les intérêts américains en raison de la rupture des relations diplomatiques entre Washington et Téhéran après la Révolution islamique de 1979.

Téhéran accuse Washington de « violation claire du droit maritime et des conventions internationales » et appelle à « lever immédiatement la saisie du navire et de son chargement », d’après un communiqué publié sur le site du ministère des Affaires étrangères.

L’Iran a rappelé son opposition à « la pression et à l’intervention du gouvernement américain » qui ont mené à la saisie du navire, que Téhéran estime être sous la « souveraineté de la République islamique ».

Mais selon les documents aux mains des garde-côtes grecs, le pétrolier est toujours sous pavillon russe.

Une source au sein des garde-côtes grecs a indiqué à l’AFP que le transfert du pétrole vers un navire battant pavillon du Libéria avait débuté jeudi et allait « durer quelques jours ».

Ces incidents surviennent alors que les négociations entre l’Iran et les puissances mondiales pour rétablir l’accord nucléaire sont au point mort depuis mars.

L’un des principaux points de friction est la demande de Téhéran de retirer les Gardiens de la liste noire américaine des « organisations terroristes », une demande rejetée par Washington.

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