L’Iran dit que son « enrichissement quotidien » d’uranium est supérieur à 2015
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L’Iran dit que son « enrichissement quotidien » d’uranium est supérieur à 2015

Architecte de l'accord côté iranien, Rouhani a justifié sa politique nucléaire et notamment le désengagement progressif iranien de cet accord

Sur cette capture d'écran de l'IRIB (Islamic Republic Iran Broadcasting), la télévision d'Etat, trois versions de centrifuges fabriquées dans le pays dans un programme diffusé en direct depuis Natanz, une structure d'enrichissement d'uranium en Iran, le 6 juin 2018 (Crédit : IRIB via AP)
Sur cette capture d'écran de l'IRIB (Islamic Republic Iran Broadcasting), la télévision d'Etat, trois versions de centrifuges fabriquées dans le pays dans un programme diffusé en direct depuis Natanz, une structure d'enrichissement d'uranium en Iran, le 6 juin 2018 (Crédit : IRIB via AP)

Le président iranien Hassan Rouhani a affirmé jeudi que l' »enrichissement quotidien » d’uranium par son pays était « supérieur » aujourd’hui à ce qu’il était avant la conclusion de l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015.

Architecte de cet accord côté iranien, Rouhani a tenu ces propos dans une justification de sa politique nucléaire et notamment du désengagement progressif iranien de cet accord, tout en disant sa volonté de continuer à dialoguer sur le sujet avec les parties concernées.

« Aujourd’hui, nous n’avons aucune restriction dans le domaine de l’énergie nucléaire », a-t-il dit dans un discours à Téhéran.

« Notre enrichissement quotidien (d’uranium) est supérieur à ce qu’il était avant (…) l’accord », a-t-il ajouté dans une remarque semblant être adressée aux ultraconservateurs iraniens qui dénoncent sa politique nucléaire comme un échec total.

Le président iranien Hassan Rouhani donne une conférence de presse à Téhéran, Iran, le 14 octobre 2019. (Ebrahim Noroozi/AP)

Rouhani n’a pas précisé s’il voulait dire par là que son pays produisait désormais une quantité plus grande d’uranium enrichi qu’avant la conclusion de l’accord à Vienne entre la République islamique et le groupe P5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne), ou s’il enrichissait ce minerai en isotope 235 à un niveau supérieur à ce qu’il pratiquait avant 2015.

L’accord de Vienne menace de voler en éclats depuis que le président américain Donald Trump l’a dénoncé unilatéralement en 2018 avant de rétablir contre Téhéran des sanctions économiques punitives, que Washington ne cesse de durcir depuis lors.

En riposte au retrait américain, Téhéran s’est affranchi depuis mai de bon nombre de points clés de ce pacte limitant drastiquement ses activités nucléaires.

A rebours des engagements qu’il a souscrit à Vienne, l’Iran produit ainsi de l’uranium enrichi à un taux supérieur au seuil de 3,67 % fixé par l’accord, et ne respecte plus la limite de 300 kilos imposée à ses stocks d’uranium enrichi.

La République islamique a annoncé le 5 janvier qu’elle s’affranchissait de toute limite sur le nombre des centrifugeuses qu’elle s’autorise à faire tourner pour enrichir l’uranium, affirmant que c’était la « dernière étape » de son plan de réduction des engagements qu’elle avait pris à Vienne.

Avant cette date, l’Iran avait annoncé qu’il enrichissait l’uranium à hauteur de 5 %, très loin du seuil requis pour la fabrication d’une bombe atomique (plus de 90 %). Avant l’accord de Vienne, l’Iran enrichissait à 20 % l’uranium.

Une source proche de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a indiqué à l’AFP qu’en date du 10 janvier, « il n’y avait pas de changement notable dans l’activité nucléaire de l’Iran » depuis le 5 janvier.

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