L’Iran met en garde contre toute intervention navale israélienne
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L’Iran met en garde contre toute intervention navale israélienne

Après que Netanyahu a évoqué un trafic maritime de pétrole, le ministre de la Défense à Téhéran a juré une "riposte écrasante" à toute tentative de restreindre les exportations

Des navires israéliens participent à un exercice dans le nord d'Israël, simulant une guerre contre le groupe terroriste du Hezbollah, au mois de septembre 2017. (Crédit : armée israélienne)
Des navires israéliens participent à un exercice dans le nord d'Israël, simulant une guerre contre le groupe terroriste du Hezbollah, au mois de septembre 2017. (Crédit : armée israélienne)

Le ministre de la Défense iranien a averti mercredi que la République islamique se livrerait à une « riposte écrasante » si Israël devait mettre en oeuvre une menace proférée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu de contrecarrer les livraisons iraniennes de pétrole.

Le ministre de la Défense Amir Hatami répondait à un discours prononcé la semaine dernière dans lequel Netanyahu avait averti que la marine israélienne pourrait intervenir s’il s’avérait que l’Iran exportait du pétrole en contournant les sanctions économiques mises en place par les Etats-Unis, a fait savoir l’agence de presse INRA.

« S’ils ont cette intention, alors une initiative telle que celle-ci sera considérée comme un acte de piraterie international », a dit Hatami.

Dans son discours, Netanyahu avait accusé l’Iran de faire un trafic clandestin de son pétrole pour contourner les sanctions économiques et il avait appelé la communauté internationale à passer à l’action.

Le général Amir Hatami, ministre iranien de la Défense, en août 2017. (Crédit : Tasnim News Agency/CC BY 4.0/WikiCommons)

« L’Iran s’efforce de contourner les sanctions par le biais d’un trafic secret de pétrole par voie maritime », avait-il dit. « Ces tentatives s’accroissant, la marine israélienne aura un rôle plus important à jouer pour les bloquer ».

« J’appelle la communauté internationale à mettre un terme par tous les moyens aux initiatives iraniennes de contournement des sanctions via la mer », avait-il ajouté.

Dans sa réponse, Hatami a affirmé que « la République islamique d’Iran dispose des capacités nécessaires pour répondre à une telle situation qui, si elle doit arriver, entraînera une riposte écrasante ».

Il a poursuivi en notant que les militaires iraniens « assureront la sécurité des lignes de transport et des voies de transport internationales pour nous-mêmes comme pour tous ceux qui évoluent dans la zone dont nous sommes responsables ».

Au mois de mai dernier, les Etats-Unis se sont retirés de l’accord historique sur le nucléaire iranien qui avait été signé en 2015, réimposant de dures sanctions économiques à Téhéran – qui avaient été levées en échange du démantèlement des éléments susceptibles de fabriquer une arme dans le cadre du programme de développement nucléaire du pays.

Le président américain Donald Trump a estimé que le pacte, connu sous l’acronyme JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action) n’allait pas suffisamment loin pour empêcher la République islamique d’obtenir l’arme nucléaire et qu’il n’apportait aucune restriction à son programme balistique.

Un cargo sur la mer entre le port iranien de Bandar Abbas et l’île Qeshm dans une voie d’eau stratégique du Golfe persique, le 23 décembre 2011 (Crédit :AP Photo/Vahid Salemi)

Hautement dépendante des exportations de pétrole, l’économie iranienne devrait baisser d’environ 3,6 % en 2019 avec la réimposition des sanctions américaines, tandis que ses exportations quotidiennes de pétrole avaient d’ores et déjà chuté de 2,7 millions de barils à 1,7-1,9 millions de barils au mois de septembre 2018.

Tandis que la marine américaine maintient une large présence dans le secteur, l’Etat juif ne fait pas savoir où se trouvent ses navires.

La 5e Flotte de la marine américaine est basée au Bahreïn voisin et, au cours des années, elle a fait patrouiller ses porte-avions au large des côtes iraniennes dans des démonstrations de force. En décembre, le navire américain USS John C. Stennis était entré dans le Golfe persique, mettant un terme à une longue absence des porte-avions battant pavillon américain dans la région volatile.

Le mois dernier, un média d’Etat iranien a diffusé une vidéo animée montrant un sous-marin de classe Ghadir torpiller un porte-avion américain.

Ces dernières années, les forces navales iraniennes ont harcelé les vaisseaux américains dans le secteur et la République islamique a menacé de faire fermer le détroit de Hormuz – l’entrée étroite au Golfe persique considérée comme cruciale pour le commerce pétrolier international.

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