L’Iran prévoit de renforcer ses missiles et de se procurer de nouveaux armements
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L’Iran prévoit de renforcer ses missiles et de se procurer de nouveaux armements

"L'approche de Téhéran repose sur la communication et l'interaction avec tous les autres pays, sauf le régime d'occupation d’al-Quds", a déclaré un responsable de la Défense

Un missile S-200 devant les commandants iraniens pendant la parade de l'armée, le 18 avril 2015.  (Crédit : Behrouz Mehri/AFP)
Un missile S-200 devant les commandants iraniens pendant la parade de l'armée, le 18 avril 2015. (Crédit : Behrouz Mehri/AFP)

Le ministère iranien de la Défense a annoncé samedi qu’il prévoyait de renforcer les capacités de ses missiles balistiques et de croisière, alors que la France a demandé à Téhéran d’accepter de renégocier son programme balistique.

Mohammad Ahadi, vice-ministre iranien de la Défense pour les affaires internationales, s’est également exprimé concernant l’acquisition de nouveaux avions de combat et de sous-marins, a rapporté l’agence de presse officielle IRNA.

« Le renforcement de la capacité des missiles balistiques et de croisière… et l’acquisition de jets de nouvelle génération et de navires et sous-marins avec diverses capacités d’armement lourd et à longue portée figurent parmi les nouveaux plans de ce ministère », a déclaré Ahadi.

« Des relations étroites et une coopération avec les voisins [de l’Iran] sont la priorité de la République islamique », a-t-il ajouté.

Un avion-chasseur Saeqeh des forces iraniennes de la République islamique d’Iran. (Crédit : Wikipedia/Shahram Sharifi/CC BY-SA)

Il a déclaré que « l’approche de Téhéran en matière de diplomatie de défense reposait sur la communication et l’interaction avec tous les autres pays, sauf le régime d’occupation d’al-Quds » – une référence à Israël – et entrait « dans le cadre de la politique étrangère du pays afin d’atteindre et de contribuer à la paix et la sécurité et d’empêcher les crises ».

La semaine dernière, l’Iran a dévoilé son nouvel avion de chasse. Selon l’Iran, le Kowsar serait un chasseur de « quatrième génération », doté d’une « avionique avancée » et d’un radar polyvalent, a déclaré l’agence de presse iranienne Tasnim, ajoutant qu’il était « fabriqué à 100 % par des autochtones ».

Le président Hassan Rouhani dans le cockpit du « Kowsar », le premier avion de combat de fabrication iranienne, le 21 août 2018. (Crédit : capture d’écran PressTV)

Les analystes ont néanmoins rapidement noté des similitudes entre le modèle et l’avion de chasse F-5, fabriqué par Northrop-Grumman dans les années 1950, et ont exprimé des doutes sur le fait que le jet soit réellement nouveau.

Vendredi, l’Iran a rejeté l’appel de la France à des pourparlers au-delà du dossier nucléaire, affirmant que cela était impossible tant que les puissances occidentales ne respecteraient pas les engagements existants.

« Il n’y a pas de base de confiance pour les négociations, encore moins sur des sujets non négociables », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bahram Ghasemi, selon l’agence de presse Tasnim.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a déclaré jeudi que l’Iran devait s’ouvrir à des discussions concernant son programme balistique et ses interventions régionales.

Ghasemi a déclaré que l’Europe devait d’abord montrer qu’elle pouvait sauver l’accord sur le nucléaire signé en 2015 suite au retrait des États-Unis en mai et à la remise en place des sanctions.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif (à droite), serre la main du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, lors de leur rencontre à Téhéran, capitale de l’Iran, le 5 mars 2018. (AFP / ATTA KENARE)

« Les autorités européennes ont jusqu’à présent répété leur position, mais n’ont pas réussi à présenter les garanties nécessaires et suffisantes que nous attendons… afin de préserver l’accord international », a-t-il déclaré.

« Le peuple iranien n’a d’autre solution que de se méfier d’eux alors que leurs engagements ne sont pas respectés. »

Ces récents commentaires de Le Drian faisaient écho à certaines des raisons invoquées par le président américain Donald Trump concernant son retrait de l’accord nucléaire.

« L’Iran ne peut pas éviter les discussions, les négociations sur trois autres sujets majeurs qui nous inquiètent : les engagements nucléaires de l’Iran après 2025, la question balistique… et le rôle joué par l’Iran afin de stabiliser la région », a-t-il déclaré à Vienne.

L’Iran nie avoir cherché à se procurer des armes nucléaires et affirme que ses missiles constituent une défense légitime contre des rivaux plus lourdement armés. L’accord de 2015 a permis une levée des sanctions internationales en échange de restrictions dans le programme nucléaire iranien.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a déclaré jeudi que l’Iran respectait toujours ses engagements.

Mais la restauration des sanctions américaines a conduit la plupart des entreprises européennes à abandonner leurs projets en Iran et a déjà un impact sur ses ventes de pétrole, alors qu’une deuxième vague de mesures ciblant son industrie énergétique entrera en vigueur en novembre.

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