L’Iran va probablement continuer à attaquer Israël depuis la Syrie – Washington
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L’Iran va probablement continuer à attaquer Israël depuis la Syrie – Washington

Dans un rapport au Congrès, le directeur américain des services de renseignement a prévenu que la République islamique voulait maintenir un "réseau" de milices chiites en Syrie

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Mardi, le chef du renseignement américain a prévenu que l’Iran allait probablement attaquer Israël si l’État juif continuait à bombarder les forces militaires de la République islamique en Syrie, même si Téhéran ne souhaite pas entrer dans une confrontation directe avec Israël dans un futur proche.

« Nous pensons que l’Iran cherche à éviter un conflit armé de grande ampleur avec Israël. Pourtant, les frappes israéliennes qui entraînent des pertes iraniennes augmentent la probabilité d’une riposte iranienne conventionnelle contre Israël », a déclaré Dan Coats, directeur du renseignement national, au Comité du renseignement du sénat américain.

Coats présentait la vision globale de la communauté américaine du renseignement – qui se compose de 16 agences américaines du renseignement – au comité du Congrès dans le cadre de l’Evaluation annuelle mondiale des menaces.

Cette analyse des services du renseignement américain faisait écho à des préoccupations similaires exprimées au sein d’Israël sur la probabilité croissante d’une réponse iranienne aux frappes régulièrement menées par Tsahal en Syrie.

Dan Coats, à droite, à l’audience du Comité du renseignement du Sénat à Capitol Hill à Washington, DC, le 29 janvier 2019 (SAUL LOEB / AFP)

Lundi, le président Reuven Rivlin, qui s’exprimait à une conférence à Tel Aviv, a également prévenu que l’Iran allait probablement « intensifier ses représailles » aux frappes israéliennes contre ses forces en Syrie.

Israël a expliqué, à de nombreuses reprises, qu’il ne tolérerait pas les efforts de l’Iran à implanter une présence militaire permanente en Syrie. L’État juif craint, en effet, que cela pourrait créer un nouveau front d’où la République islamique pourrait menacer Israël.

Images satellites diffusées par l’armée israélienne de ce qu’elle dit être des installations iraniennes à l’intérieur d’une base militaire syrienne près de Damas, qui ont été détruites dans une attaque aérienne israélienne le 21 janvier 2019. (Armée israélienne)

Afin d’empêcher l’implantation iranienne en Syrie, Tsahal a mené des centaines de frappes contre les forces iraniennes dans le pays, ont déclaré des officiels israéliens.

A en croire les évaluations des services de renseignement américain, ces frappes aériennes n’ont pourtant pas dissuadé l’Iran de s’implanter en Iran.

« L’Iran continue de vouloir créer des bases militaires permanentes et des accords économiques en Syrie. Il souhaite probablement y maintenir un réseau de combattants chiites étrangers, malgré les frappes israéliennes sur des positions iraniennes en Syrie », a déclaré Coats.

Dans l’ensemble, les frappes israéliennes se sont focalisées sur la destruction d’infrastructures iraniennes en Syrie – des bases, de véhicules et des armes – et pas du personnel, a déclaré le chef de Tsahal Gadi Eizenkot dans un entretien accordé peu avant qu’il ne quitte ses fonctions.

Dans son évaluation, le directeur du renseignement national américain a déclaré que si les frappes israéliennes tuaient plus de soldats iraniens – comme cela se serait produit plus tôt ce mois – il serait plus probable de voir la République islamique riposter avec force.

La photo, fournie par le Centre militaire syrien des médias pro-régime, montre des de tirs anti-aériens dans le ciel alors que des missiles israéliens frappent des positions de défense et d’autres bases militaires autour de Damas, le 10 mai 2018. L’incident s’est produit après que l’armée israélienne a affirmé que les forces iraniennes ont lancé des tirs de barrage sur le plateau du Golan, dans ce qui a été la confrontation la plus grave entre les deux ennemis jurés jusqu’à présent. (Centre militaire syrien des médias, via AP)

Pour preuve, Coats a cité l’attaque iranienne sur le plateau du Golan en mai 2018, un mois après une frappe israélienne mortelle sur la base aérienne T-4 en Syrie. Lors de la frappe, sept soldats iraniens ont été tués sur cette base qui était utilisée par l’Iran, selon Israël.

Au cours des derniers mois, des officiels israéliens ont commencé à affirmer qu’Israël avait presque remporté la victoire sur l’Iran en Syrie. Ils ont déclaré que les raids menés par Tsahal ont empêché l’Iran d’établir une force de 100 000 soldats combattants, comme le pays avait prévu de la faire le long de la frontière syrienne avec Israël.

Le rapport américain présenté par Coats mardi semblait contredire ce point de vue israélien, avertissant que l’Iran n’allait pas mettre un terme à ses efforts d’établir une présence militaire permanente en Syrie.

Mardi également, la chef de la CIA Gina Haspel a déclaré au Comité du renseignement du Sénat que l’Iran respectait encore les termes de l’accord de 2015 sur le nucléaire, et cela malgré le retrait américain de l’accord international.

« A l’heure actuelle, ils respectent techniquement les règles » de l’accord iranien, a déclaré Haspel au Comité du renseignement du Sénat.

« Selon les informations les plus récentes, je pense que les Iraniens envisagent de prendre des mesures qui réduiraient leur adhésion à l’accord, car ils cherchent à faire pression sur les Européens pour faire avancer les investissements et les avantages commerciaux que l’Iran espérait obtenir de l’accord », a-t-elle déclaré.

Gina Haspel, directrice de la CIA, témoigne sur les Menaces mondiales lors d’une audience du Comité du renseignement du Sénat à Capitol Hill à Washington, DC, le 29 janvier 2019 (SAUL LOEB / AFP).

Israël et les Etats-Unis font pression sur l’Europe pour imposer de nouvelles sanctions sur la République islamique et pour faire appliquer strictement celles qui sont déjà en place sur l’Iran pour d’autres activités néfastes mais non liées à la question du nucléaire.

Pourtant, un certain nombre d’entreprises européennes se sont retirées du pays sous la pression des sanctions, ces pays ont soutenu un effort européen de mettre en place un système spécial de paiement afin de continuer à faire du commerce et des affaires avec l’Iran.

L’AFP a contribué à cet article.

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