« Litzman est un assassin » tagué dans un quartier ultra-orthodoxe de Jérusalem
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« Litzman est un assassin » tagué dans un quartier ultra-orthodoxe de Jérusalem

Il s'agit probablement de protestations contre les nouvelles mesures de confinement imposées dans les quartiers ultra-orthodoxes de la capitale

Un homme ultra-orthodoxe passe à côté d'un graffiti contre le ministre de la Santé Yaakov Litzman dans le quartier de Mea Shearim à Jérusalem le 12 avril 2020. On peut lire sur le graffiti "Litzman = meurtrier". (Yonatan Sindel/Flash90)
Un homme ultra-orthodoxe passe à côté d'un graffiti contre le ministre de la Santé Yaakov Litzman dans le quartier de Mea Shearim à Jérusalem le 12 avril 2020. On peut lire sur le graffiti "Litzman = meurtrier". (Yonatan Sindel/Flash90)

Dimanche matin, plus de 50 graffitis visant le ministre de la Santé Yaakov Litzman ont été retrouvés tagués dans le quartier ultra-orthodoxe de Mea Shearim à Jérusalem.

Dans les graffitis, les vandales traitent Litzman « [d’]assassin » et « [d’]Amalek », l’ennemi biblique juré du peuple juif. Il s’agissait probablement de protestations contre les nouvelles dispositions de confinement imposées dans les quartiers ultra-orthodoxes de la capitale.

Des officiels de la mairie ont été dépêchés sur place pour nettoyer ces dégradations, et la police a ouvert une enquête, selon la Douzième chaîne.

Cet acte de vandalisme survient après que le gouvernement a approuvé une mesure de confinement des zones à Jérusalem avec un taux élevé d’infections au coronavirus, dont des quartiers ultra-orthodoxes comme Mea Shearim.

Un graffiti traitant le ministre de la Santé Yaakov Litzman d »Amalek’, l’ennemi biblique juré du peuple juif dans le quartier de Mea Shearim à Jérusalem, le 12 avril 2020 (Yonatan Sindel/Flash90)

Plusieurs quartiers de la capitale enregistrant de forts taux de contamination ont été placés en confinement dimanche après-midi, avec une centaine de barrages policiers mis en place autour de la capitale. Plus de 1 000 officiers de police et soldats ont été mobilisés pour faire appliquer les règles à Jérusalem.

Selon les données du ministère de la Santé, environ 75 % des cas à Jérusalem sont recensés dans des quartiers ultra-orthodoxes, dont beaucoup sont maintenant bouclés. Il y a plus de 1 800 cas au total dans la ville, et au moins 21 résidents sont décédés de la maladie, toujours selon les chiffres publiés samedi par le ministère de la Santé.

Dimanche, le ministre de la Santé a proposé de fixer des critères pour déclarer certains quartiers ou villes des « zones fermées » à cause du nombre important de cas du Covid-19.

Une zone est ainsi décrétée close lorsqu’elle compte au total plus de 50 personnes d’une même communauté infectées par le virus, ou « un autre nombre qui sera ajusté en fonction de l’évolution [du taux] de morbidité »; un taux de contamination pour 100 000 personnes supérieur à la moyenne nationale et un taux de nouveaux cas supérieur à la moyenne nationale au cours des trois derniers jours.

Le ministre de la Santé Yaakov Litzman lors d’une conférence de presse sur le coronavirus au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 11 mars 2020 (Crédit : Flash90)

« Des critères clairs et égaux doivent être fixés pour toutes les villes, les zones et les quartiers en Israël et sans aucun lien avec le type de population », a déclaré le ministre de la Santé Yaakov Litzman dans un communiqué.

« Les règles selon lesquelles les déplacements doivent seulement être limités [à des zones avec de fortes] concentrations d’ultra-orthodoxes sont peu judicieuses et calomnient une grande partie de la population qui respecte les instructions légales et les rabbins », a-t-il ajouté.

Il semblait faire référence au fait que la grande majorité des quartiers de Jérusalem sous cordon sanitaire sont ultra-orthodoxes.

Le chef du parti ultra-orthodoxe Yahadout HaTorah a fait l’objet de critiques plus tôt ce mois quand il a contracté le Covid-19. Il a en effet été accusé d’avoir enfreint les règles de sécurité mises en place par son propre ministère, des allégations qu’il a niées.

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