Zamir: Difficile – mais indispensable – de sanctionner les officiers qui ont échoué le 7 octobre
Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le chef d’État-major de Tsahal, le lieutenant général Eyal Zamir, a confié qu’il lui était difficile de sanctionner les officiers impuissants à contrer l’attaque du 7 octobre 2023, mais que c’était absolument nécessaire pour garder confiance en l’armée.
« L’armée israélienne procède à une enquête approfondie, systématique et très sérieuse sur les événements de cette terrible journée. J’ai pris des dispositions que cette enquête avance comme il se doit, comme par exemple en nommant une équipe indépendante chargée d’examiner les enquêtes et leur qualité », a-t-il expliqué.
« Mes conclusions sont on ne peut plus claires : Tsahal a failli dans ce qui est sa mission principale, le 7-Octobre, à savoir protéger les citoyens de l’État d’Israël », a poursuivi Zamir.
« C’est un échec grave, systémique et lourd de conséquences qui concerne aussi bien le circuit de la décision que la conduite des uns et des autres avant et pendant l’attaque. Les enseignements à tirer de ce jour-là sont nombreux et importants, et ils doivent nous servir de guides pour l’avenir, pour fixer le cap que je souhaite imprimer à l’armée, a-t-il ajouté.
« Par conséquent, j’ai décidé, avec solennité, de prendre des sanctions personnelles à l’encontre de certains des responsables qui travaillaient le 7-Octobre. Il s’agit d’une décision difficile, dictée par l’obligation qui est la mienne de mettre en balance les considérations systémiques et de commandement et les besoins de Tsahal, particulièrement dans cette période fluctuante, pleine de menaces sur tous les fronts, a poursuivi Zamir.
« Il n’est pas facile de prendre des sanctions contre des personnes que j’apprécie et qui ont consacré toute leur vie à la sécurité de l’État, des personnes aux côtés desquelles je me bats depuis des décennies. Mais par ailleurs, j’ai l’obligation de prendre des décisions claires en matière de responsabilité de la chaine de commandement. Ce n’est pas une responsabilité que nous nous assignons nous-mêmes : elle découle de nos fonctions de commandants de Tsahal », a-t-il expliqué.
« Si nous ne nous montrons pas suffisamment responsables, alors la confiance dans le système va s’éroder – une confiance qui est le fondement de nos capacités à lutter, gagner et défendre l’État d’Israël », a ajouté Zamir en soulignant que les commandants renvoyés ou sanctionnés étaient « parmi les meilleurs. »
« Tous ont consacré une grande partie de leur vie à l’armée israélienne et à l’État d’Israël. La grande majorité d’entre eux ont joué un rôle direct dans les succès opérationnels de Tsahal ces deux dernières années,” a-t-il ajouté.
« Je continue à diriger Tsahal avec pour guides la vérité, le sens des responsabilités et le dévouement à ma mission », a-t-il conclu.







