Lod : un homme abattu dans un crime présumé de la pègre
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Lod : un homme abattu dans un crime présumé de la pègre

Le corps sans vie de Jameel Azbarga a été retrouvé dans un camion ; cette attaque serait une riposte à une attaque sur la Route 6 au mois de décembre

Les forces de sécurité et les secours sur les lieux de la fusillade à Lod, le 27 juin 2021. (Autorisation)
Les forces de sécurité et les secours sur les lieux de la fusillade à Lod, le 27 juin 2021. (Autorisation)

Un homme a été abattu par balle alors qu’il se trouvait au volant d’un camion dans la ville de Lod, au centre d’Israël, dans la matinée de dimanche.

Les services d’urgence ont déclaré la mort de Jameel Azbarga sur les lieux de la tuerie.

La victime était le fils de Salman Azbarga, dont le meurtre, l’année dernière, avait entraîné des représailles au cours desquelles un adolescent était mort – il avait perdu la vie quand des hommes armés avaient ouvert le feu sur un véhicule qui était placé sous escorte policière, provoquant un accident de voiture fatal pour le jeune homme.

La police a ouvert une enquête sur la fusillade qui a tué Jameel Azbarga dans la matinée de dimanche, disant que le mobile était probablement une querelle entre familles rivales.

Kan, pour sa part, a cité la dispute opposant les familles Abu Salok et Azbarga.

Selon la chaîne, la police examine la possibilité que cette fusillade soit une riposte aux coups de feu meurtriers et à l’accident du mois de décembre, au cours duquel Amar Abu Salok, originaire de Lod, avait été tué. Un autre membre de sa famille avait été grièvement blessé.

Cet incident, au mois de décembre, était survenu quelques heures après la découverte du corps sans vie, dans cette ville du centre de l’État juif, de Salman Azbarga, le père de Jameel. Les forces de l’ordre soupçonnent cette fusillade survenue sur la Route 6 d’être venue en réponse à la mort de Salman.

Amar Abu-Salok, à gauche, a été tué lors d’une fusillade en voiture sur la route 6 en décembre 2020, et Salman Azbarga, à droite, a été tué à Lod la nuit précédente. (Autorisation)

Le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev a dit être conscient de ce que son bureau et les forces de l’ordre devaient relever un véritable défi s’agissant des violences au sein de la communauté arabe, mais qu’il ne pouvait pas encore expliquer clairement ce qu’il ferait différemment par rapport à ses prédécesseurs.

« Ce sont des choses qui prennent du temps et nous allons avoir une longue et profonde réflexion à ce sujet », a-t-il dit au micro de Kan, dimanche. « J’espère que je vais être capable de réfléchir à des choses qui n’ont pas encore été envisagées jusqu’à présent ».

Yair Lapid, le ministre des Affaires étrangères, a évoqué des crimes « odieux » et « choquants ».

« Un autre meurtre odieux d’une famille dans la communauté arabe. Un autre incident de violence choquant. Je promets que nous allons faire tout ce que nous pouvons pour lutter contre ce phénomène, que nous mettrons en place un budget conséquent et que nous mettrons en œuvre un plan de réduction des violences », a-t-il écrit sur Twitter.

« Je sais que le ministre de la Sécurité intérieure et le vice-ministre considèrent cette question comme une priorité. La lutte contre la violence est un objectif national », a-t-il ajouté.

Cette fusillade survient vingt-quatre heures après la mort de trois membres d’une famille originaire de la ville voisine de Ramlé lors d’une fusillade, dans le nord d’Israël.

Un père, une mère et leur fille, adolescente, ont perdu la vie lorsqu’un homme armé a ouvert le feu depuis un véhicule en circulation. Une fillette de neuf ans a pour sa part été blessée.

Les corps sans vie de Yousef Jaroushi, 58 ans, de Nawal, son épouse de 46 ans et de Rayan, leur fille de 16 ans, ont été retrouvés dans l’habitacle de leur voiture, près du carrefour d’Ailabun.

La mort des parents et de la jeune fille a été prononcée sur les lieux de la fusillade. L’enfant de neuf ans a été pour sa part prise en charge à l’hôpital Poriya de Tibériade et elle se trouverait dans un état modéré.

Yousef et Nawal Jaroushi sont morts, ainsi que leur fille de 16 ans, des suites d’une fusillade dans le nord d’Israël, le 26 juin 2021. (Autorisation)

Selon le quotidien Haaretz, les victimes avaient quitté Ramlé pour s’installer à Deir Hanna, dans le nord du pays, le mois dernier.

Un véhicule incendié dans lequel se trouvait une Kalashnikov a été retrouvé près des lieux de la fusillade, a fait savoir la station de radio Kan.

Elle a cité une source impliquée dans l’enquête qui a estimé que l’attaque résultait d’une embuscade programmée contre la famille de Ramlé.

Suite à ce meurtre, le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev a indiqué qu’il n’y avait « pas de temps à perdre » et que le gouvernement devait formuler un plan de réduction des violences dans la communauté arabe israélienne.

« Ces fusillades et ces meurtres ne sont que la pointe de l’iceberg… Il faut trouver des solutions globales dans un certain nombre de domaines », a continué Barlev.

De son côté, le leader de Raam, Mansour Abbas, a déclaré que la fusillade était « attristante et scandaleuse » dans la mesure où les criminels « ne font pas la différence entre leurs cibles et les membres des familles ».

« C’est malheureusement la réalité », a dit Abbas dans un entretien qui a été diffusé samedi par la douzième chaîne. Il a ajouté que le gouvernement auquel il appartient va promouvoir la mise en œuvre de plans visant à éradiquer les violences.

Le député de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, a évoqué des morts « bouleversantes ».

« Trois vies de plus ont disparu ; une autre famille a été déchirée en lambeaux et une autre fillette est aujourd’hui dorénavant orpheline », a écrit Odeh. »Nous ne devons plus attendre la prochaine victime. Nous avons besoin d’un plan immédiat pour éradiquer la violence ».

Les forces de sécurité inspectent les lieux où Yousef et Nawal Jaroushi ont été abattus par balle aux côtés de leur fille de 16 ans, Rayan, près de la ville arabe d’Ailabun, le 26 juin 2021. (Crédit :Basel Awidat/Flash90 )

La Commission nationale des Autorités locales arabes à appelé le gouvernement à passer à l’acte.

« Une fois encore, le non-respect des lois est endémique et, une fois encore, les armes placées entre les mains des criminels nous coûtent des vies humaines. Le nouveau gouvernement doit faire régner la justice et mettre un terme immédiat à cette folie », a dit un communiqué.

Quelques heures avant le meurtre, des tirs avaient pris pour cible un restaurant situé aux abords du carrefour Mahanayim, dans le nord d’Israël, causant des dégâts substantiels.

Environ 50 balles, tirées par une arme automatique, avaient pris pour cible le restaurant « Route 90 », brisant ses vitres, aux premières heures de la matinée de samedi. Il n’y a pas eu de blessés parmi les employés. Les forces de l’ordre ont ouvert une enquête mais elles cherchent toujours le mobile de cette attaque.

« Il y avait des serveurs et des cuisiniers dans le restaurant, le ménage était terminé dans la salle. Nous ne savons pas quoi penser, aucun criminel n’est entré en contact avec nous », a déclaré l’un des propriétaires à la Douzième chaîne.

La police, pour sa part, s’intéresse à la possibilité qu’un gang criminel local tente ainsi d’obtenir « l’argent de la protection » de la part des propriétaires du restaurant.

Des impacts de balle sur la fenêtre d’un restaurant au carrefour Mahanayim, dans le nord d’Israël, le 26 juin 2021. (Crédit : Michael Giladi/Flash90)

Selon le site d’information Ynet, 54 Arabes sont décédés de mort violente au sein de l’État juif depuis le début de l’année 2021, dont cinq depuis jeudi.

Mettre un terme aux vagues de violence et au crime organisé est une priorité majeure pour les Arabes israéliens. En 2020, 96 Arabes israéliens ont été tués – un record annuel sans précédent de mémoire récente.

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