Loi sur le Shabbat : l’heure de vérité pour le gouvernement ?
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Loi sur le Shabbat : l’heure de vérité pour le gouvernement ?

Les tensions au sein de la coalition et dans l’opposition créées par le projet loi sur la fermeture des commerces de proximité durant Shabbat pourraient entraîner des élections

Les députés israéliens à la Knesset  lors de sa dissolution le 8 décembre 2014 (Crédit : Porte-parole Knesset)
Les députés israéliens à la Knesset lors de sa dissolution le 8 décembre 2014 (Crédit : Porte-parole Knesset)

La commission de l’Intérieur de la Knesset a approuvé le projet de loi visant à interdire l’ouverture des épiceries le jour du Shabbat, ouvrant ainsi la voie au vote final.

Malgré les inquiétudes de la coalition qui pourrait ne pas réunir une majorité nécessaire à l’adoption du projet de loi en deuxième et troisième lecture, un vote sur le sujet est attendu plus tard dans la soirée.

Naftali Bennett, leader du parti HaBayit HaYehudi, prévient les membres de la coalition que le fait de ne pas adopter le projet de loi qui fermerait les épiceries le Shabbat pourrait entraîner la chute du gouvernement.

« Cela fera tomber le gouvernement et nous irons aux élections », prévient Bennett.

Le ministre de l’Education et chef du parti HaBayit HaYehudi Naftali Bennett lors d’une réunion hebdomadaire de sa faction à la Knesset, le 15 janvier 2017 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Avigdor Liberman, dont le parti Yisrael Beytenu est opposé à ce texte, a accusé la formation HaBayit HaYehudi de Bennett d’avoir déjà réussi à faire tomber des gouvernements de droite.

« Depuis la bonne vieille période du parti religieux national, le parti HaBayit HaYehudi avec toutes ses variations a une longue tradition de renversement des gouvernements de droite », a dit Liberman à Ynet.

Liberman a qualifié Bennett et le chef du parti Shas Aryeh Deri, plus fervent soutien du projet de loi, de « messianiques ». Il les a accusés de « tenter d’imposer leur autorité sur les habitants d’Israël » ce qui, selon lui, vient contredire les points de vue de Zeev Jabotinsky, le parrain de la droite israélienne.

Le ministre de la Défense a également évoqué les critiques émises contre Yisrael Beytenu et le refus de l’opposition de voir un parlementaire sauter le vote final de la loi pour compenser l’absence du député du Likud Yehudah Glick, dont l’épouse est décédée dans la matinée de lundi.

« Je ne comprends pas pourquoi [la coalition] a besoin d’insister sur la tenue d’un vote sur la loi des magasins de proximité à la Knesset alors que l’un des membres du Likud est en train d’enterrer sa femme », a-t-il dit.

Liberman a critiqué la coalition qui se refuse à reporter les deuxième et troisième lecture en séance plénière du projet de loi, qui sont prévues ce soir.

Pour sa part, Yair Lapid, menace d’aller devant le tribunal si le projet de loi est adopté.

S’exprimant lors d’une réunion de son parti Yesh Atid, Lapid a dit que les partis ultra-orthodoxes soutiennent le projet de loi parce qu’ils « veulent montrer qu’ils peuvent dire aux gens laïques et traditionnalistes comment vivre ».

Yair Lapid, leader du parti Yesh Atid, prend la parole lors d’une réunion à la Knesset le 25 décembre 2017. (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

« Nous allons combattre cette loi de toutes nos forces ici à la Knesset, dans la cour, dans les rues et sur les places [de la ville]. Ce n’est pas une guerre contre la religion, c’est une guerre pour la liberté et pour le droit de vote, et personne ne nous dira comment vivre », a-t-il dit.

Aryeh Deri, ministre de l’Intérieur, pendant une cérémonie de commémoration du rabbin Ovadia Yossef, à Jérusalem, le 22 octobre 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Cette position du parti d’opposition Yesh Atid a été qualifiée de « comportement irresponsable » par le dirigeant du Shas, Aryeh Deri. « Le comportement de l’opposition est irresponsable et j’inclus également le comportement de Yisrael Beytenu », explique le chef du parti ultra-orthodoxe.

 

 

 

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