Londres: Une université rembourse un étudiant qui a dû partir pour antisémitisme
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Londres: Une université rembourse un étudiant qui a dû partir pour antisémitisme

L'université SOAS se dit "extrêmement préoccupée" par les accusations, et mettra en place une commission pour examiner en détail les plaintes déposées par le Canadien Noah Lewis

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

La School of Oriental and African Studies de l'Université de Londres. (Google street view)
La School of Oriental and African Studies de l'Université de Londres. (Google street view)

Une université de Londres a remboursé à un étudiant juif 15 000 livres de frais de scolarité après qu’il a abandonné ses études en raison de ce qu’il a appelé un « environnement antisémite toxique », a déclaré mardi le UK Lawyers for Israel, [UKLFI] le groupe juridique qui le représente, dans un communiqué.

La somme a été convenue dans un accord entre l’université SOAS [School of Oriental and African Studies] de Londres et Noah Lewis, un étudiant canadien qui a fréquenté l’école pour l’année académique 2018-19. Lewis a déclaré avoir abandonné ses études en raison de l’anxiété provoquée par l’antisémitisme sur le campus. Il est retourné au Canada et a demandé le remboursement de ses frais de scolarité.

« Le climat antisémite qui s’est installé sur les campus britanniques comme la SOAS ne peut pas être toléré et j’encourage vivement les étudiants qui ont vécu des expériences similaires à s’exprimer », a déclaré M. Lewis dans un communiqué de l’UKLFI. « C’est la seule façon d’apporter des changements positifs ».

Dans son propre communiqué, l’université, qui est spécialisée dans l’étude de l’Asie, de l’Afrique et du Proche et Moyen-Orient, a déclaré « La SOAS est extrêmement préoccupée par toute allégation d’antisémitisme dans notre école. Nous ne pouvons pas faire de commentaires sur un cas individuel d’étudiant ou sur les résultats d’un appel. Toutefois, lorsque nous avons mis en place une commission indépendante dans le cadre d’une procédure de plainte, nous examinerons bien entendu les conclusions de cette commission de manière approfondie et prendrons les mesures appropriées ».

En mai 2019, l’UKLFI a déposé une plainte au nom de Lewis dans laquelle il déclarait que les Juifs et les partisans d’Israël étaient étiquetés comme « sionistes », que des graffitis et des symboles antisémites étaient barbouillés sur les casiers, les bureaux et les murs des toilettes, et que d’autres étudiants déclaraient ouvertement leur soutien au mouvement de boycott d’Israël.

Après avoir demandé à ses camarades de classe leur avis sur une thèse, il avait l’intention d’écrire sur « les préjugés systémiques qui existent aux Nations Unies et qui visent l’Etat d’Israël » ; ses camarades l’ont accusé de couvrir les crimes de guerre israéliens et l’ont qualifié de « nazi suprémaciste blanc », a-t-il déclaré.

Dans sa plainte, Lewis a écrit qu’en tant que petit-fils de survivants de la Shoah, il avait le sentiment que le fait d’être traité de « nazi » était « l’une des choses les plus offensantes pour un juif, et être traité de la sorte par des individus sur le campus a été une expérience horrible pour moi ».

Une commission de juillet 2019 qui a examiné ses allégations a présenté des excuses pour le traumatisme émotionnel « subi en raison de la discrimination antisémite perçue qu’il a dû endurer » et a proposé 500 £, a rapporté le journal The Guardian.

Lewis a fait appel de cette décision et en mars 2020, une commission d’appel a estimé que l’enquête initiale « n’avait pas été idoine » et qu’il y avait des raisons de procéder à une nouvelle enquête, même si un accord entre Lewis et la SOAS avait été conclu.

Jonathan Turner, directeur exécutif de l’UKLFI Charitable Trust, a déclaré dans le communiqué du groupe : « Le groupe a pris le taureau par les cornes et a établi un point de référence des meilleures pratiques qui devraient être suivies dans d’autres cas où il existe des preuves prima facie d’un environnement antisémite ».

Selon The Guardian, des pressions sont exercées sur les universités britanniques pour qu’elles adoptent la définition de l’antisémitisme de la International Holocaust Remembrance Alliance, qui inclut le fait de tenir les Juifs collectivement responsables de la politique israélienne et d’assimiler la politique israélienne au nazisme.

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