L’ONU dans des entrepôts de céréales à Hodeida, – une première depuis septembre
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L’ONU dans des entrepôts de céréales à Hodeida, – une première depuis septembre

Les entrepôts abritent "une quantité suffisante pour nourrir plus de 3,7 millions de personnes pendant un mois", a fait savoir le Programme alimentaire mondial

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres prend la parole lors d'une conférence de presse à Addis-Abeba le 28 janvier 2018. (AFP/ SIMON MAINA)
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres prend la parole lors d'une conférence de presse à Addis-Abeba le 28 janvier 2018. (AFP/ SIMON MAINA)

L’ONU a pu accéder pour la première fois depuis septembre à des entrepôts de céréales près d’une ligne de front à Hodeida, dans l’ouest du Yémen, a annoncé lundi le chef des Nations unies Antonio Guterres.

« Je viens de recevoir une bonne nouvelle. Finalement, il nous a été possible d’atteindre les entrepôts de Red Sea Mills », a déclaré M. Guterres, lors d’une conférence de donateurs pour le Yémen à Genève.

Un porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM), Herve Verhoosel, a expliqué à l’AFP qu’il s’agissait d’une mission d’évaluation.

« Aujourd’hui, pour la première fois depuis septembre, une équipe du Programme Alimentaire Mondial a pu accéder au site Red Sea Mills qui abrite 51 000 tonnes de céréales, une quantité suffisante pour nourrir plus de 3,7 millions de personnes pendant un mois », a détaillé M. Verhoosel.

« Nous n’avons pas encore les résultats techniques de cette évaluation faite aujourd’hui et espérons pouvoir réutiliser ce site dès que possible », a-t-il expliqué.

Cette mission fait suite à l’accord du 17 février conclu entre belligérants au Yémen en faveur d’un redéploiement de combattants hors de trois ports dans le pays, sous l’égide de l’ONU.

Cet accord, qui confirme une entente conclue début décembre en Suède entre les belligérants, prévoit un redéploiement « dans un premier temps » hors des ports de Saleef et Ras Isa, suivi dans « un deuxième temps » d’un repli hors de la ville portuaire de Hodeida.

Un bateau de pêcheurs navigue devant le port d’Hodeida. En arrière-plan, les immeubles détruits par la coalition soutenue par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, le 28 septembre 2018 (Crédit : AP/Hani Mohammed)

Situés dans l’ouest du Yémen, ces trois ports sont sous le contrôle des rebelles Houthis. L’application de l’accord doit s’accompagner d’une liberté d’accès aux entrepôts à grains de Red Sea Mills, sous contrôle des forces gouvernementales.

Depuis mars 2015, le conflit au Yémen, opposant le gouvernement soutenu par une coalition dirigée par l’Arabie saoudite aux rebelles Houthis appuyés par l’Iran, a fait quelque 10 000 morts, selon un bilan partiel de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon l’ONU, 24,1 millions de Yéménites ont besoin d’une aide ou de protection, dont 10 millions sont au bord de la famine.

Lors de la conférence des donateurs lundi à Genève, les Nations unies ont demandé quelque 4,2 milliards de dollars (3,7 milliards d’euros) pour venir en aide cette année à 21,4 millions de personnes.

« Un rapport crédible indique que le nombre d’enfants de moins de 5 ans qui sont morts de faim s’élève à plus de 80 000 », a souligné M. Guterres, devant les diplomates.

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