L’Ouzbékistan annule une expo de photos israéliennes car intitulée « Jérusalem »
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L’Ouzbékistan annule une expo de photos israéliennes car intitulée « Jérusalem »

Les responsables du pays musulmans ont déclaré que la reconnaissance par Trump de la ville en 2017 a suscité des tensions dans le monde arabe qu'ils ne souhaitent pas alimenter

Portraits de Hyérosolomitains dans l'exposition "Jérusalem n'est pas qu'une ville" de Dmitry Brickman. (Crédit : site internet de Brickman)
Portraits de Hyérosolomitains dans l'exposition "Jérusalem n'est pas qu'une ville" de Dmitry Brickman. (Crédit : site internet de Brickman)

Une exposition de photos représentant les résidents de la Vieille Ville de Jérusalem par le photographe israélien Dmitry Brickman, a été annulée par le gouvernement ouzbèke, parce que le mot « Jérusalem » figure dans l’intitulé.

L’exposition de 120 photos, qui montrent l’étendue des patrimoines culturels et religieux représentés dans la ville, qui fait le tour du monde, sera exposée en Russie et au Kazakhstan, un pays musulman.

Mais quand l’ambassade israélienne a invité Brickman à venir, avec son exposition, à Tashkent, début 2018, les choses se sont compliquées, a rapporté le site Ynet jeudi.

L’exposition devait être installée dans une salle du ministère de l’Intérieur à Tashkent et avait reçu l’aval des responsables de la diplomatie.

Mais le ministère des Affaires étrangères ouzbek a finalement annoncé qu’il n’autorisait pas cette exposition, invoquant son titre : « Jérusalem n’est pas qu’une ville ».

Les responsables ouzbeks ont expliqué qu’aucun évènement parrainé par Israël ne pouvait inclure « Jérusalem » dans son titre, à cause de la nature controversée des revendications israéliennes sur la ville, selon eux, et tout particulièrement après la reconnaissance de la ville comme capitale d’Israël par le président américain Donald Trump en décembre 2017.

Brickman n’en a pas parlé pendant un an et demi, alors que les diplomates israéliens, emmenés par l’ambassadeur israélien à Tashkent, Edward Shapira, tentaient de convaincre le gouvernement de lever son interdiction.

Récemment, les autorités israéliennes ont informé Brickman que le gouvernement ouzbek ne reviendrait pas sur sa décision, a-t-il expliqué à Ynet.

« Ils m’ont dit que l’exposition pouvait avoir lieu seulement si je changeais le titre [pour retirer la référence à Jérusalem]. Je ne suis absolument pas disposé à faire cela, alors l’exposition n’aura pas lieu en Ouzbékistan », a déclaré Brickman.

Tashkent, en Ouzbékistan. (Crédit : Dilshod Akbarov/Wikipedia/CC BY-SA)

Le photographe s’est dit « énervé » que « quelqu’un puisse dire à l’Etat d’Israël de ne pas utiliser le mot Jérusalem. C’est une exposition sur la paix qui encourage la tolérance et la coexistence. Partout où j’ai emmené mon exposition, j’ai donné des conférences sur Jérusalem et j’ai mis l’accent sur le respect qu’on observe dans [la Vieille Ville de Jérusalem] à l’égard des trois religions, et comment tout un chacun oeuvre pour protéger cet endroit incroyable, qui tient seulement sur un kilomètre carré. »

Un responsable du ministère des Affaires étrangères ouzbek a déclaré que cette décision ne reflète pas de prise de position négative au sujet d’Israël, mais étant donné que la reconnaissance de Trump a causé des tensions dans le monde arabe, l’Ouzbékistan ne souhaitait pas les alimenter, a expliqué le responsable.

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