L’UE défend la présence de diplomates au procès de journalistes d’opposition turcs
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L’UE défend la présence de diplomates au procès de journalistes d’opposition turcs

Ankara a protesté lundi contre les messages publiés par certains des diplomates présents au procès sur les réseaux sociaux

Le drapeau de l'Union européenne (Crédit : Serge Attal/Flash 90)
Le drapeau de l'Union européenne (Crédit : Serge Attal/Flash 90)

L’Union européenne a défendu mercredi la présence de diplomates européens au procès en Turquie de journalistes d’opposition accusés d’espionnage, une présence qui a agacé le pouvoir turc qui s’en est plaint auprès de plusieurs pays.

« Des diplomates de l’UE assistent régulièrement à des procès partout dans le monde en tant qu’observateurs, en particulier dans des pays candidats » à l’adhésion à l’UE, a souligné un porte-parole dans un courriel à l’AFP.

« Cela fait ainsi partie de leur travail en Turquie, un pays engagé à respecter les grands principes démocratiques, en conformité avec les standards européens », a-t-il ajouté dans le même message.

Ankara a protesté lundi contre les messages affichés par certains de ces diplomates sur les réseaux sociaux, en marge de la première audience vendredi du procès de Can Dündar, rédacteur en chef du quotidien d’opposition Cumhuriyet, et Erdem Gül, son chef de bureau à Ankara.

Les négociations sur l’adhésion de la Turquie à l’UE achoppent sur différentes questions, dont celle des droits de l’homme.

Le procès des deux journalistes, farouches adversaires du régime islamo-conservateur, est considéré comme un test pour la liberté de la presse en Turquie, classée 149e sur 180 au classement mondial de RSF en la matière.

MM. Dündar et Gül risquent la prison à vie pour un article de 2014 mettant en cause le régime turc dans des livraisons d’armes à des rebelles islamistes en Syrie.

« Des medias libres, divers et indépendants constituent l’une des pierres angulaires d’une société démocratique », ajoute encore le porte-parole de l’UE.

La France avait affirmé mardi qu’il était parfaitement normal que ses « les diplomates suivent l’actualité de leur pays de résidence et, à ce titre, assistent régulièrement à des audiences judiciaires en tant qu’observateurs ».

Et les Etats-Unis, également représentés dans la salle d’audience du tribunal d’Istanbul, ont affirmé lundi: « Ce n’était pas la première fois et sûrement pas la dernière que nous serons observateurs dans ce type de procédure judiciaire », par la voix du porte-parole du département d’Etat John Kirby lundi.

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