L’unité de traçage des contacts de l’armée débordée par les récentes infections
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L’unité de traçage des contacts de l’armée débordée par les récentes infections

Bien que l’unité spéciale coronavirus fonctionne à pleine capacité, un officier déclare que le nombre accablant d’infections l’a forcée à ne traiter que les cas récents

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Illustration : dans une vidéo publiée par l’Armée de défense d’Israël le 29 juillet 2020, des soldats travaillent par téléphone au siège du commandement du front intérieur de Tsahal lors d'une visite du tsar du coronavirus, le professeur Ronni Gamzu. (Capture d'écran : Armée de défense d’Israël)
Illustration : dans une vidéo publiée par l’Armée de défense d’Israël le 29 juillet 2020, des soldats travaillent par téléphone au siège du commandement du front intérieur de Tsahal lors d'une visite du tsar du coronavirus, le professeur Ronni Gamzu. (Capture d'écran : Armée de défense d’Israël)

Bien que le taux de cas positifs quotidiens de coronavirus continue de baisser, l’armée est malheureusement encore loin d’être capable de procéder au traçage des contacts pour toutes les personnes infectées.

Début août, l’armée a été officiellement chargée de « casser la chaîne des infections » dans le pays – c’est-à-dire de retrouver et tester les personnes soupçonnées d’avoir pu contracter la maladie et de les placer en quarantaine. Cela implique les efforts de dépistage et les enquêtes épidémiologiques – qui consistent à interroger les malades confirmés pour retracer leur parcours dans les jours ayant suivis leur infection afin d’identifier et d’avertir ceux à qui ils ont pu involontairement transmettre le virus.

Les experts de santé publique considèrent ce traçage des contacts comme crucial pour ralentir la propagation du virus, car il permet aux autorités d’identifier les personnes potentiellement infectées avant qu’elles n’aient eu l’occasion de transmettre le virus.

Après avoir reçu la directive du gouvernement, l’armée a rassemblé des appelés et réservistes pour faire fonctionner l’unité spéciale de traçage des contacts. Cet été, l’objectif de l’armée était d’effectuer jusqu’à 2 000 enquêtes par jour avec un peu plus de 1 000 enquêteurs d’ici le 1er novembre, date à laquelle l’unité spéciale « Alon » de coronavirus du commandement du front intérieur de Tsahal et son unité de traçage des contacts seraient opérationnelles.

Mais en septembre, le nombre de cas dépassait les 2 000 par jour, avec une flambée à plus de 9 000 au début du mois, bien au-delà de ce que l’unité spéciale aurait pu imaginer.

Le taux d’infection connaît une légère baisse ces derniers jours, suite au confinement national, faisant tomber le nombre de cas quotidiens à environ 4 000 jeudi. Si l’écart se réduit, cela dépasse encore les capacités actuelles de l’armée.

Entretemps, le commandement du front intérieur a modifié ses objectifs, nommant davantage de personnel comme enquêteurs. D’ici le 1er novembre, l’armée prévoit d’avoir plus de 2 000 soldats en charge du traçage des contacts, à un rythme d’environ deux enquêtes par jour, selon un officier de l’unité, le lieutenant-colonel Raviv Hadar.

Hadar a expliqué avoir reçu un appel au moment de la création de l’unité, lui demandant s’il serait intéressé de la rejoindre. Il n’avait aucune expérience en matière de santé publique ou d’épidémiologie, ayant passé la majeure partie de sa carrière dans des unités de ressources humaines de la marine israélienne, mais a néanmoins accepté la proposition, considérant cela comme une forme de « volontariat ».

Les responsables militaires comparent souvent la lutte contre la pandémie de coronavirus à une guerre. Interrogé sur l’identité exacte de l’ennemi dans le conflit, Hadar a répondu que c’était « l’inconnue ».

« Nous nous battons contre un fantôme », a-t-il déclaré aux journalistes des bureaux de l’unité spéciale Alon au quartier général du commandement du front intérieur à Ramle.

Hadar a déclaré que l’unité était actuellement engagée dans deux missions simultanées : le traçage des contacts avec le personnel et les systèmes actuellement disponibles, et le renforcement de ses troupes pour atteindre sa pleine capacité opérationnelle d’ici le 1er novembre.

L’unité spéciale de coronavirus « Alon » de l’armée, dans son quartier général à la base du commandement du front intérieur à Ramle, le 9 septembre 2020. (Armée de défense d’Israël)

L’unité spéciale opère actuellement depuis des locaux autrefois utilisés comme simulateur du commandement du front intérieur – un bâtiment où l’armée formait les gouvernements locaux sur les réponses d’urgence.

Le ministère de la Santé et les gouvernements locaux contribuent également à cet effort, 80 % des municipalités du pays employant au moins quelques traceurs de contacts, a ajouté Hadar.

Selon Hadar, le « goulot d’étranglement » qui bloque l’élargissement du programme d’enquêtes épidémiologiques est le manque d’infirmiers qualifiés du ministère de la Santé pour former et superviser les traceurs de contacts militaires.

Dans l’état actuel des choses, affirme-t-il, l’armée a déjà simplifié le processus de formation à une semaine et traduit le programme original de l’anglais à l’hébreu pour le rendre plus accessible.

Bien que l’armée espère être en mesure de joindre tous les porteurs confirmés de coronavirus, elle est actuellement débordée et contrainte de procéder à une sélection. Selon Hadar, qui a servi dans l’unité pratiquement depuis sa création en août, plusieurs options ont été envisagées pour hiérarchiser les cas : se concentrer sur les pires flambées, sur les zones où les flambées ont à peine commencé pour éviter qu’elles ne s’aggravent, et sur les cas les plus récents.

Des Israéliens testés pour le coronavirus dans un centre de test, à Ramle, 5 octobre 2020. (Yossi Aloni / FLASH90)

En fin de compte, ils ont opté pour un modèle « dernier venu, premier sorti », dans lequel les derniers cas font l’objet d’un suivi des contacts et les cas plus anciens ne sont pas traités en priorité.

« Après environ quatre jours, les cas se sont déjà propagés », explique Hadar.

Les traceurs de contact fonctionnent en deux équipes de huit heures, la première commençant vers 9h du matin et la seconde se terminant vers 21h, sept jours sur sept.

Hadar a déclaré que l’unité espérait que ses efforts deviendront efficaces grâce au puissant système de suivi des données conçu par la célèbre unité 8200 du renseignement militaire. À l’avenir, par exemple, les personnes diagnostiquées avec la maladie recevront un texto à l’avance avec un questionnaire pour les amener à réfléchir aux lieux où ils se sont rendus et aux personnes avec lesquelles ils ont été en contact, avant qu’un enquêteur ne les appelle pour achever le processus. (Selon Hadar, le questionnaire lui-même est insuffisant. Une personne formée est nécessaire pour garantir l’exactitude des réponses.)

Même lorsque ce système sera pleinement opérationnel d’ici le mois prochain, Hadar considère qu’il ne remplacera pas la « responsabilité personnelle ».

« N’attendez pas que les autorités vous contactent par le biais d’une enquête. Si vous entendez qu’un proche a été testé positif, vous devez entrer en quarantaine afin de protéger votre entourage. Obtenez une ordonnance et faites-vous tester », dit-il.

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