L’UNRWA va licencier plus de 250 employés, manifestation à Gaza
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L’UNRWA va licencier plus de 250 employés, manifestation à Gaza

L'organisation onusienne fournira des contrats à temps partiel à plus de 500 autres employés à plein temps

Des Palestiniens manifestent contre les réductions de postes annoncées par l'agence - plus de 250 - suite à la réduction des fonds versés par les Etats-Unis, au siège de l'agence à Gaza City, le 25 juillet 2018  (Crédit : SAID KHATIB / AFP)
Des Palestiniens manifestent contre les réductions de postes annoncées par l'agence - plus de 250 - suite à la réduction des fonds versés par les Etats-Unis, au siège de l'agence à Gaza City, le 25 juillet 2018 (Crédit : SAID KHATIB / AFP)

L’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a annoncé mercredi sa décision de licencier plus de 250 employés à Gaza et en Cisjordanie, après les coupes drastiques de l’aide américaine à l’organisation internationale.

Après cette annonce, des centaines de Palestiniens ont manifesté devant les bureaux de l’agence onusienne à Gaza, et le syndicat des employés de l’UNRWA a appelé à une grève générale jeudi dans l’enclave palestinienne.

L’un des manifestants a tenté de s’immoler par le feu avant d’être stoppé par d’autres Palestiniens, selon une journaliste de l’AFP sur place.

Dans un communiqué, le porte-parole de l’UNRWA Chris Gunness a affirmé que 154 employés palestiniens en Cisjordanie et 113 dans la bande de Gaza seraient licenciés, à la suite des réductions drastiques américaines qualifiées de « menace existentielle » pour l’agence.

Des Palestiniens aident un employé de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens, l’UNRWA, qui aurait tenté de s’immoler par le feu lors d’une manifestation contre les réductions de postes annoncées par l’agence, au siège de Gaza City, le 25 juillet 2018 (Crédit : / AFP PHOTO / SAID KHATIB)

L’organisation fournira des contrats à temps partiel à plus de 500 autres employés à plein temps, a-t-il ajouté.

Amal al-Batsh, vice-présidente du syndicat des employés de l’UNRWA à Gaza, a déclaré à l’AFP que « cette décision allait affecter gravement les employés et leurs familles ».

Il s’agit de la première vague de licenciements depuis l’annonce en janvier par les Etats-Unis de leur décision d’octroyer 60 millions de dollars seulement cette année à l’agence, contre 360 millions l’année dernière.

Les Etats-Unis, qui contribuaient à eux seuls à 30 % des fonds de l’UNRWA, réclament une réforme de l’agence et conditionnent une reprise de l’aide à un retour des Palestiniens à la table des négociations avec Israël, suspendues depuis 2014.

Après les réductions américaines, le directeur de l’agence onusienne, Pierre Krähenbühl, a exprimé son inquiétude et appelé les autres membres de l’ONU à contribuer davantage au budget de l’UNRWA.

Dans une lettre envoyée en juillet à son personnel, il a affirmé que les programmes qui pourraient avoir à pâtir de ce manque de fonds étaient ceux relatifs à l’emploi, l’aide au logement et le soutien pour les maladies mentales.

Etablie en 1949, l’UNRWA apporte son aide à des millions de Palestiniens enregistrés comme réfugiés dans les Territoires palestiniens, en Jordanie, au Liban ou en Syrie, survivants ou descendants de Palestiniens ayant fui la première guerre israélo-arabe en 1948 qui a suivi la création de l’Etat d’Israël.

Plus de 500 000 enfants étudient dans les écoles de l’UNRWA (54 % de son budget va à l’éducation) qui fournit aussi des soins et une aide sociale. L’agence emploie plus de 20 000 personnes au Proche-Orient, en majorité des Palestiniens.

Depuis plus de dix ans, la bande de Gaza, contrôlée par le mouvement terroriste islamiste du Hamas, est soumis à un strict blocus israélien et égyptien. Selon l’UNRWA, quelque 80 % de ses quelque deux millions d’habitants sont tributaires d’une aide.

Depuis la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme la capitale d’Israël début décembre, les responsables de l’Autorité palestinienne ont rompu toute relation avec leurs partenaires américains.

En réponse, le président américain Donald Trump a annoncé fin janvier qu’il allait conditionner le versement aux Palestiniens de « centaines de millions de dollars » d’aide à leur retour à la table des négociations.

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