M. Knoll: la cour d’appel de Paris confirme le caractère antisémite du meurtre
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M. Knoll: la cour d’appel de Paris confirme le caractère antisémite du meurtre

Un avocat de Yacine Mihoub a indiqué qu'il formait un pourvoi en cassation; Sa mère doit être jugée pour avoir notamment nettoyé le couteau ayant potentiellement servi au crime

Une photo de Mireille Knoll et des fleurs sont placées sur la clôture entourant son immeuble à Paris, le 28 mars 2018 (Crédit : François Guillot / AFP)
Une photo de Mireille Knoll et des fleurs sont placées sur la clôture entourant son immeuble à Paris, le 28 mars 2018 (Crédit : François Guillot / AFP)

La cour d’appel de Paris a confirmé jeudi le caractère antisémite du meurtre de Mireille Knoll, une octogénaire juive poignardée à mort à Paris en 2018, contesté par les deux suspects, a-t-on appris de source judiciaire et auprès de leurs avocats.

Yacine Mihoub, 31 ans, et Alex Carrimbacus, 24 ans, avaient fait appel devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris de leur renvoi devant les assises pour « meurtre sur personne vulnérable et commis en raison de la religion de la victime ».

« Les conditions tenant à retenir la circonstance aggravante d’antisémitisme reposent seulement sur les déclarations fantasmées du co-accusé de Yacine Mihoub et ne peuvent pas être considérées comme suffisantes », a estimé l’un des avocats de M. Mihoub, Me Charles Consigny.

« On demandait à la chambre de l’instruction de se libérer de la pression de l’opinion publique », a-t-il ajouté, précisant qu’il formait un pourvoi en cassation.

« Il y a urgence qu’une cour d’assises tranche sur le fond », a déclaré de son côté Me Karim Laouafi, qui défend Alex Carrimbacus.

Mireille Knoll, âgée de 85 ans et atteinte de la maladie de Parkinson, avait été retrouvée poignardée à onze reprises, le corps partiellement carbonisé, dans son appartement dans l’est parisien, le 23 mars 2018.

Yacine Mihoub, le fils d’une voisine qui connaissait l’octogénaire depuis l’enfance, et Alex Carrimbacus, un marginal aux antécédents psychiatriques, avaient rapidement été suspectés.

Dans leur ordonnance, en juillet dernier, deux juges d’instruction ont retenu le caractère antisémite du meurtre en s’appuyant sur les déclarations d’Alex Carrimbacus. Il avait affirmé que, lors d’une discussion avec Mireille Knoll, Yacine Mihoub avait reproché aux Juifs « d’avoir des moyens financiers et une bonne situation ».

Cette discussion leur semblait « plausible », « les investigations (ayant) permis de révéler l’ambivalence de Yacine Mihoub vis-à-vis du terrorisme islamiste qui prône notamment l’antisémitisme ».

La confirmation du caractère antisémite est « un soulagement » pour Me Gilles-William Goldnadel, avocat de la famille Knoll. « En même temps, j’avais confiance parce que cette histoire est menée depuis le début de manière normale. On ne demandait rien d’autre que la normalité », a-t-il précisé.

Yacine Mihoub et Alex Carrimbacus, qui se sont connus en prison, contestent avoir poignardé l’octogénaire et se rejettent la responsabilité du meurtre l’un sur l’autre. Leur rôle précis n’a pas pu être déterminé lors de l’instruction.

Les deux hommes sont également poursuivis pour « vol aggravé » et « dégradation par moyen dangereux pour les personnes ».

La mère de M. Mihoub doit être jugée à leurs côtés pour avoir notamment nettoyé le couteau ayant potentiellement servi au crime.

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