Macron défend auprès de Netanyahu l’accord du nucléaire iranien
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Macron défend auprès de Netanyahu l’accord du nucléaire iranien

A l'instar du président américain, le Premier ministre israélien a fait valoir au président français que si les Européens veulent garder l'accord, il faut l'amender

Emmanuel Macron (g) rencontre Benjamin Netanyahu à l'Élysée, le 10 décembre 2017 à Paris. (Crédit : AFP / Ludovic MARIN)
Emmanuel Macron (g) rencontre Benjamin Netanyahu à l'Élysée, le 10 décembre 2017 à Paris. (Crédit : AFP / Ludovic MARIN)

Le président français Emmanuel Macron a défendu samedi le « nécessaire respect par toutes les parties » de l’accord sur le nucléaire iranien, dans un entretien téléphonique avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui l’exhortait à « revoir » cet accord.

« Le président de la République a rappelé l’importance de préserver l’accord nucléaire iranien, et le nécessaire respect par toutes les parties de leurs engagements dans le cadre de cet accord », a indiqué l’Elysée, en ajoutant que les deux hommes avaient également « indiqué la nécessité de travailler sur le volet balistique et sur les activités régionales de l’Iran, comme la France l’a proposé depuis septembre 2017 ».

Cette fin de non recevoir française aux demandes de révision de l’accord formulées par Israël et les Etats-Unis intervient alors que l’Iran a déjà réaffirmé samedi son refus de toute modification.

Ces prises de position font suite à l’ultimatum du président américain Donald Trump, qui a exigé un durcissement des conditions de cet accord sous 120 jours.

Exigeant un « accord » avec les Européens pour « remédier aux terribles lacunes » du texte, les Etats-Unis réimposeront les sanctions liées au nucléaire iranien et se retireront « immédiatement » du pacte conclu en 2015, a prévenu vendredi M. Trump, si des amendements ne sont pas apportés.

« Les propos de Trump doivent être pris au sérieux », a fait valoir M. Netanyahu à M. Macron, soulignant qu’il « serait sage pour quiconque souhaitant conserver l’accord nucléaire de revoir » ce pacte, selon un communiqué de son bureau.

M. Netanyahu, a-t-on indiqué de même source, a également déclaré à M. Macron que le monde libre devait « condamner fermement les cinq crimes du régime iranien », énumérant ses « efforts pour obtenir des armes nucléaires », « développer des missiles balistiques », « soutenir le terrorisme », « l’agression régionale » et « la répression cruelle des citoyens iraniens ».

De son côté, le président français avait souligné dès jeudi auprès de Donald Trump « l’importance » du « respect par l’ensemble de ses signataires » de l’accord nucléaire.

L’Élysée a précisé samedi que, outre le dossier du nucléaire iranien, M. Macron et M. Netanyahu avaient « aussi évoqué le sujet du processus de paix israélo-palestinien dans la continuité de leurs échanges du 10 décembre ».

Moscou : Trump ferait un « très mauvais calcul » en sortant de l’accord

Le ministre adjoint des Affaires étrangères russes, Sergei Ryabkov, a estimé samedi qu’en sortant de l’accord sur le nucléaire avec l’Iran les Etats-Unis feraient un « très mauvais calcul ».

« Nous arrivons peu à peu à la conclusion qu’une décision interne a déjà été prise par les Etats Unis de sortir (de l’accord sur le nucléaire iranien) ou qu’ils sont proches de la prendre », a déclaré le diplomate à l’agence russe Interfax.

« Cela pourrait être l’une des graves erreurs de Washington en politique étrangère, un très mauvais calcul », a-t-il ajouté.

Serguei Ryabkov a affirmé samedi que la Russie « fera tout ce qui est en son pouvoir pour sauver l’accord ». Le responsable a aussi appelé à « un intense travail » entre Moscou, Pékin et les Européens pour sauver le texte.

Vendredi, Donald Trump a confirmé la suspension des sanctions économiques contre l’Iran, levées dans le cadre de l’accord avec Téhéran et les autres grandes puissances (Chine, Russie, France, Allemagne et Royaume-Uni).

Mais la Maison Blanche a prévenu qu’il s’agissait « de la dernière suspension » et a exigé qu’un accord avec les Européens vienne compléter le texte actuel, faute de quoi les Etats-Unis se retireraient du compromis trouvé en 2015 à l’issue de négociations extrêmement longues et difficiles.

Trump critique l’accord conclu par son prédécesseur Barack Obama car il estime qu’il fait l’impasse sur le développement de missiles balistiques, le respect des droits de l’homme et sur le soutien à des groupes extrémistes à l’étranger.

Les Européens font bloc autour du texte, qui vise à empêcher le développement d’une bombe atomique par Téhéran en échange de la levée de sanctions économiques.

L’Iran refuse toute modification de l’accord nucléaire

L’Iran a réaffirmé samedi son refus de toute modification de l’accord nucléaire conclu avec le groupe 5+1, en réaction à l’ultimatum du président américain Donald Trump qui a exigé un durcissement des conditions de cet accord, selon un communiqué

« La République islamique d’Iran (…) ne prendra aucune mesure au-delà de ses engagements dans le cadre de l’accord nucléaire, n’acceptera aucune modification de cet accord, ni aujourd’hui ni dans l’avenir, et ne permettra pas de lier l’accord nucléaire à d’autres questions », affirme un communiqué du ministère des Affaires étrangères, répétant que Téhéran refusait de « renégocier » cet accord.

Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, avait accusé vendredi soir le président Trump de chercher « désespérément » à saboter l’accord nucléaire.

Le communiqué iranien accuse Donald Trump de « poursuivre ses actions hostiles contre le peuple iranien comme il l’a fait depuis un an ».

Il accuse Washington de « violer de manière explicite » trois sections de l’accord, y compris le paragraphe 26 qui appelle les Etats-Unis à agir « en bonne foi pour soutenir le JCPOA » et permettre que l’Iran puisse profiter de la levée des sanctions.

Le communiqué du ministère des Affaires étrangères dénonce « la politique hostile du pouvoir américain à l’égard du peuple iranien », critiquant de nouvelles sanctions américaines visant « des ressortissants iraniens et étrangers ».

Il prévient que l’Iran répondra par une « action sérieuse » à la décision « hostile et illégale du régime de Trump d’ajouter le nom de l’ayatollah Sadegh Amoli Larijani, chef de l’autorité judiciaire de la République islamique, sur la liste des nouvelles sanctions américaines (qui) va au-delà de toutes les lignes rouges et viole le droit international ».

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