Mahmoud Abbas : « L’AP mène des réformes en coordination avec les États-Unis »
Le chef de l’AP dit avoir lancé des réformes sur les salaires des prisonniers, l’éducation, la santé et l’économie, et que la reconnaissance d’un État palestinien n’a pas pour but de nuire à Israël
Nurit Yohanan est la correspondante du Times of Israel pour le monde arabe et palestinien.

Dans une rare interview accordée à la chaîne israélienne N12, le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas a déclaré que l’AP menait ses réformes « en coordination avec les États-Unis », dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu à Gaza qui prévoit d’importants changements institutionnels.
Il a ajouté que la pression internationale en faveur de la reconnaissance d’un État palestinien « n’a pas pour objectif de nuire à Israël ».
« Nous avons lancé une réforme qui inclut également la question des salaires des prisonniers, sur laquelle nous nous sommes mis d’accord avec les États-Unis, ainsi que des réformes dans les domaines de l’éducation, de la santé et de l’économie. Certaines ont déjà été mises en œuvre, d’autres le seront jusqu’à ce que nous atteignions un point où l’AP pourra continuer à diriger le peuple palestinien », a déclaré Abbas dans cet entretien avec le journaliste Arad Nir.
Il s’agit de la première interview d’Abbas accordée à un média israélien depuis plusieurs années.
Créée à la suite des accords d’Oslo de 1993, l’Autorité palestinienne administre les principaux centres de population palestiniens en Cisjordanie. Chassée de Gaza par le groupe terroriste palestinien du Hamas en 2007, elle a été écartée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu d’un éventuel retour au pouvoir dans la bande de Gaza une fois les hostilités terminées.
Le plan de cessez-le-feu proposé par le président américain Donald Trump prévoit toutefois que l’AP pourrait jouer un rôle dans la gouvernance de Gaza, à condition qu’elle mène des réformes en profondeur.
Abbas a ajouté : « Nous espérions, et continuons d’espérer, pouvoir mettre fin aux effusions de sang dans notre région – dans la bande de Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem. Nous espérons que la paix, la sécurité et la stabilité prévaudront. »
Un haut responsable du mouvement terroriste islamiste palestinien Hamas s’est opposé au « comité de la paix » proposé par le président américain Donald Trump pour superviser le gouvernement de transition dans la bande de Gaza.
Interrogé sur la chaîne Al Araby sur une acceptation par le Hamas de cette autorité de transition, Osama Hamdan, un cadre du mouvement, a répondu : « Aucun Palestinien ne pourrait accepter. Toutes les factions, y compris l’Autorité palestinienne, rejettent ceci (ce comité, ndlr) ».







