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Opinion

Mahmoud Abbas ou la falsification de toute une vie de l’Histoire juive

Les propos tenus par Abbas à Berlin confirment une nouvelle fois son rejet de reconnaître l'Histoire juive - ce qui explique ses échecs à l'égard de son peuple et du nôtre

David est le fondateur et le rédacteur en chef du Times of Israel. Il était auparavant rédacteur en chef du Jerusalem Post et du Jerusalem Report. Il est l’auteur de « Un peu trop près de Dieu : les frissons et la panique d’une vie en Israël » (2000) et « Nature morte avec les poseurs de bombes : Israël à l’ère du terrorisme » (2004).

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pendant une conférence de presse avec le chancelier allemand   Olaf Scholz à la chancellerie de Berlin, en Allemagne, le 16 août 2022. (Crédit :  Jens Schlueter/AFP)
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pendant une conférence de presse avec le chancelier allemand Olaf Scholz à la chancellerie de Berlin, en Allemagne, le 16 août 2022. (Crédit : Jens Schlueter/AFP)

Au commencement, il y avait Yasser Arafat qui avait fait le choix, de manière répétée et en toute lucidité, de renoncer à l’opportunité de gagner un État pour son peuple sur une grande partie du territoire pourtant revendiqué par les Palestiniens – sous l’administration Clinton de manière notable, lors des négociations avec les Premiers ministres Yitzhak Rabin et Ehud Barak. Finalement, il n’avait pas su se résigner à abandonner le terrorisme contre l’État juif, à faire sa transition en ôtant le costume de chef terroriste pour endosser celui de chef national.

Et ensuite, il y a eu Mahmoud Abbas, qui n’a pas vraiment répondu non plus à l’offre élaborée dans la hâte par le Premier ministre Ehud Olmert, alors sur le départ – une offre qui répondait à presque toutes les demandes soumises par les Palestiniens, leur accordant notamment le contrôle d’une grande partie de Jérusalem-Est et une souveraineté partagée sur la Vieille Ville. Sans être le chef d’orchestre direct d’attentats entraînant la mort d’Israéliens, dans le style qui était celui d’Arafat, Abbas partageait à l’évidence le narratif incendiaire et redoutable d’Arafat, celui que le peuple juif n’a aucune légitimité sur ses terres ancestrales – un narratif qu’il a par ailleurs continué à promulguer.

Les propos qui ont été tenus mardi par Abbas à Berlin – il y a accusé l’État d’Israël d’avoir commis « 50 Holocaustes » contre les Palestiniens – sont le paroxysme terriblement logique de ce narratif mensonger étayé dans la thèse de doctorat du chef de l’Autorité palestinienne, qui avait été réalisée à l’université russe de l’Amitié entre les peuples en 1982 et qui aura finalement aussi façonné son leadership raté.

Dans un livre publié en 1984 où il se basait sur sa thèse, Abbas cherchait à minimiser l’ampleur de la Shoah en écrivant, selon une traduction transmise par le Centre Simon Wiesenthal : « Il est possible que le nombre de victimes juives ait atteint les six millions, mais il est possible, en même temps, que ce chiffre soit bien inférieur – en dessous d’un million ». Il y attribuait la responsabilité des meurtres aux sionistes, affirmant que les leaders du mouvement avaient donné « la permission à tous les racistes du monde, avec à leur tête Hitler et les nazis, de traiter les Juifs selon leurs caprices tant que cela garantirait l’immigration en Palestine… Un plus grand nombre de victimes impliquait des droits plus forts, un privilège plus grand accordé aux leaders sionistes qui seraient ainsi appelés à la table des négociations au moment de la division du butin de guerre une fois cette dernière terminée ».

Il y a quatre ans, au cours d’un discours à Ramallah, Abbas avait changé et renforcé une nouvelle fois sa falsification séditieuse de l’Histoire, prétendant que la Shoah avait été entraînée par « le comportement social, les prises d’intérêt et les affaires financières » des Juifs. Concernant les sionistes, les Israéliens et Israël lui-même, le dirigeant palestinien avait déclaré que « leur récit au sujet de leur retour dans ce pays qui serait motivé par la nostalgie de Sion ou quoi que ce soit d’autre – nous sommes las d’entendre de tels propos. La vérité est qu’il s’agit bien d’une entreprise colonialiste dont l’objectif est d’ancrer un corps étranger dans cette région ».

« C’est de l’antisémitisme classique » et du « victim-blaming classique », avait dit Deborah Lipstadt, l’historienne qui, en l’an 2000, avait remporté la victoire devant les tribunaux dans le cadre d’une plainte pour diffamation qui avait été déposée contre elle par le Britannique David Irving, négationniste notoire de la Shoah, au Times of Israel après cette allocution faite par le chef de l’AP en 2018. « Et cela nous ramène directement à son ouvrage de thèse, à sa distorsion de l’Histoire ».

Lipstadt avait ajouté que « nous avons ici un homme qui a nié la Shoah quand il commençait sa carrière et qui aujourd’hui, alors qu’elle est déjà bien entamée, semble s’adonner à la réécriture de l’Histoire de la Shoah. »

Aujourd’hui, quatre années plus tard, Abbas n’affiche aucun signe de repentir et Lipstadt, devenue l’envoyée spéciale américaine à la lutte contre l’antisémitisme, l’interpelle une fois encore pour sa haine anti-juive inacceptable.

Et quatre ans plus tard également, « cette carrière bien entamée » se prolonge encore, et l’homme qui avait hérité d’Arafat son narratif diabolisant et ôtant toute légitimité à Israël continue son révisionnisme nauséabond, cherchant à attiser l’hostilité – et par extension, la violence – contre les Juifs et leur État. Il continue en conséquence à décourager tout processus d’interactions et de négociations entre les deux parties – un processus qu’il affirme par ailleurs appeler de ses vœux pour permettre aux Palestiniens de jouir de l’indépendance.

Et lors de sa même apparition nauséeuse à Berlin, Abbas a – de façon grotesque – confessé de son engagement en faveur de la construction de la confiance et en faveur de la mise en place d’une solution pacifique dans le conflit avec Israël. « Je vous en prie, venez à la paix », a-t-il imploré. « Je vous en prie, venez à la sécurité – construisons la confiance entre vous et nous ».

Mais comme cela avait été le cas d’Arafat avant lui, le Palestinien est le plus grand obstacle qui se dresse devant un avenir un meilleur pour son peuple. « Construisons la confiance », a-t-il supplié. Mais la confiance est une affaire de conviction. Elle nécessite de la bonne foi des deux côtés. Et elle se fonde sur la vérité.

Dans notre réalité dangereuse, la confiance ne pourra pas être construite – et elle ne le sera pas – avec un homme qui a mis en échec notre peuple et le sien en raison de son incapacité manifeste et de son refus de toute une vie à reconnaître et à accepter l’Histoire juive, l’Histoire ancienne et moderne, en Israël et en exil.

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