Malgré les appels au boycott, les exportations militaires israéliennes explosent
Les ventes d’armes israéliennes ont atteint près de 15 milliards de dollars en 2024, portées par l’Europe, l’Inde et la demande en technologies "testées au combat"
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Malgré les critiques croissantes de plusieurs pays occidentaux concernant les guerres menées par Israël à Gaza, contre le groupe terroriste du Hezbollah, et face à la République islamique d’Iran, les exportations militaires israéliennes auraient atteint des niveaux records en 2024, selon des données du ministère israélien de la Défense relayées cette semaine dans la presse.
Les ventes d’armes auraient approché les 15 milliards de dollars, y compris dans le cadre d’accords conclus avec des États qui désavouent publiquement Israël ou affirment avoir réduit leurs liens avec Jérusalem.
Selon une enquête menée par l’Associated Press (AP), les ventes militaires israéliennes ont plus que doublé au cours des cinq dernières années. Les chiffres globaux pour 2025 ne sont pas encore disponibles, mais les grands groupes du secteur, comme Elbit Systems et Israel Aerospace Industries, ont tous deux fait état d’une croissance à deux chiffres l’an dernier.
Israël, dont l’industrie de défense repose principalement sur les missiles, roquettes et systèmes de défense aérienne, aurait dépassé le Royaume-Uni en part des exportations mondiales d’armes pour devenir le septième exportateur mondial, selon un rapport publié en mars par le Stockholm International Peace Research Institute et cité par l’AP.
Si certains de ces clients peuvent surprendre au regard de leurs positions parfois ouvertement critiques envers Israël, plusieurs facteurs expliqueraient cet engouement croissant pour les technologies militaires israéliennes.
En Europe, le réarmement accéléré depuis l’invasion russe de l’Ukraine pousse plusieurs pays à investir massivement dans la défense aérienne, les drones et les systèmes antimissiles. L’Allemagne a notamment conclu avec Israël l’un des plus importants contrats militaires de son histoire récente avec l’achat du système antimissile Arrow 3, développé par Israel Aerospace Industries, pour environ 3,5 milliards de dollars.
L’un des principaux arguments de vente de l’industrie israélienne reste toutefois le caractère « combat-proven » de ses technologies, autrement dit testées en conditions réelles de combat. Certains responsables israéliens parlent désormais de systèmes « combat-improved », améliorés directement au fil des conflits.
L’Inde apparaît également comme un partenaire clé. Les relations militaires entre New Delhi et Israël se sont considérablement renforcées sous le gouvernement de Narendra Modi, notamment autour des systèmes de défense aérienne, des drones et des technologies de surveillance.
Selon l’AP, plusieurs entreprises civiles israéliennes se sont récemment réorientées vers la défense. La société Massivit, auparavant spécialisée dans les impressions 3D pour les décors de cinéma et de divertissement, produit désormais des pièces pour drones militaires. D’autres sociétés, comme ASIO, spécialisée dans les systèmes tactiques assistés par intelligence artificielle, ont vu les commandes de l’armée israélienne bondir depuis le début de la guerre.
Dans un reportage diffusé cette semaine par CNBC, plusieurs responsables du secteur israélien de la défense ont affirmé que cette expérience du terrain constituait aujourd’hui l’un des principaux atouts d’Israël sur le marché mondial.
Dan Senor, auteur de Start-Up Nation, y décrit certains appels au boycott comme « largement performatifs », estimant que de nombreux gouvernements restent avant tout guidés par des impératifs sécuritaires. Il y décrit également Israël et l’Ukraine comme « les deux laboratoires du futur de la guerre ».
Le PDG d’Israel Aerospace Industries, Boaz Levy, a pour sa part assuré que les désaccords politiques avec certains alliés européens n’avaient pas empêché la poursuite des grands contrats militaires israéliens.
Cette réalité nourrit cependant de vives critiques. Des ONG et défenseurs des droits humains accusent Israël de transformer les conflits récents, notamment à Gaza, en vitrine technologique pour son industrie militaire. Israël rejette ces accusations et affirme que ses systèmes sont développés avant tout pour protéger sa population face aux menaces régionales croissantes.
la Communauté du Times of Israël !







