Malka Leifer, soupçonnée de pédophilie, jugée apte à subir son procès
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Malka Leifer, soupçonnée de pédophilie, jugée apte à subir son procès

L'Australienne est recherchée par les autorités de son pays, pour abus sexuels présumés sur mineures ; la justice doit se pencher à nouveau sur une demande d'extradition

Malka Leifer, (à droite), est amenée dans une salle d'audience du tribunal de Jérusalem, le 27 février 2018. (Crédit : AP Photo / Mahmoud Illean, File)
Malka Leifer, (à droite), est amenée dans une salle d'audience du tribunal de Jérusalem, le 27 février 2018. (Crédit : AP Photo / Mahmoud Illean, File)

Un tribunal israélien a jugé mardi qu’une Australienne recherchée par les autorités de son pays, pour des abus sexuels présumés sur mineures, était mentalement apte à subir son procès, ouvrant ainsi la voie à son extradition.

Après des évaluations psychiatriques, la juge Chana Lomp du tribunal de Jérusalem a indiqué avoir accepté les recommandations d’un panel d’experts et ainsi établi que Malka Leifer était « apte à subir son procès ».

Cette décision désormais rendue, la justice israélienne doit se pencher à nouveau sur une demande d’extradition de Malka Leifer, accusée de dizaines d’agressions contre des filles mineures, élèves d’une école juive orthodoxe qu’elle dirigeait à Melbourne, en Australie.

La juge a fixé au 20 juillet la date des débats sur l’extradition.

La suspecte n’était pas présente mardi à l’audience au tribunal de Jérusalem, selon un journaliste de l’AFP sur place. Elle s’était enfuie d’Australie il y a douze ans après le dépôt d’une plainte d’une ancienne élève contre elle.

La presse australienne affirme qu’elle est soupçonnée de 74 agressions contre des mineures mais ses avocats ont déclaré qu’il n’y avait plus que 3 plaintes contre elle.

Selon les médias israéliens, Malka Leifer vivait dans l’implantation d’Immanuel.

Elle avait nié sa culpabilité lors de différentes audiences consacrées à son extradition devant des tribunaux israéliens, la première ayant eu lieu en 2014.

En 2016, elle avait été déclarée inapte à être jugée et hospitalisée.

Mais des policiers vêtus en civils l’avaient traquée et filmée en train de faire du shopping et de déposer un chèque à la banque pour ainsi prouver qu’elle simulait sa folie pour éviter un procès.

Ces nouvelles révélations avaient mené à son arrestation deux ans plus tard pour « obstruction à la justice » et favorisé de nouvelles démarches judiciaires pour établir sa capacité à être jugée.

La juge Lomp a précisé dans son verdict de 40 pages que bien que Mme Leifer ait des « problèmes mentaux » comme le panel d’experts l’avait confirmé, « il n’y a pas de symptômes psychotiques de maladie mentale selon la définition légale ».

« J’ai l’impression que l’accusée aggrave ses problèmes mentaux et fait semblant d’être malade », a écrit Mme Lomp. « Par conséquent, ma conclusion est que l’accusée est apte à subir son procès et que le processus d’extradition dans son cas doit être repris. »

Dassi Erlich, l’une des femmes accusant Mme Leifer d’agression sexuelle, s’est félicitée de la décision rendue mardi.

« Cette femme violente exploite les tribunaux israéliens depuis six ans! Elle a inventé des obstacles avec des arguments sans fin qui n’ont fait que prolongé notre traumatisme ! », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Dans une déclaration à la presse après l’audience, Avital Ribner-Oron, l’une des procureurs du département international du ministère de la Justice, s’est dite « satisfaite » de la décision de la juge.

« La suppression de cet obstacle qui a empêché tout progrès significatif dans cette affaire permettra désormais à la Cour de régler rapidement cette affaire », a-t-elle déclaré.

Un des avocats de l’accusée, Yehuda Fried, a déclaré de son côté « espérer que la Cour suprême annulera la décision ».

Le procureur général d’Australie Christian Porter, à Canberra, le 4 avril 2019. (Mick Tsikas/AAP Image via AP)

Le procureur général australien Christian Porter a salué la décision du tribunal, déclarant qu’il s’agit d’un « développement positif ».

Selon M. Porters, le gouvernement australien est « fermement déterminé à faire en sorte que justice soit rendue » dans le cas de Leifer, et Canberra est « fermement convaincu » que cela ne peut se faire que par le biais de l’extradition.

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