Mamdani : les slogans terroristes « n’ont pas leur place dans notre ville »
Dans une déclaration tardive, le maire condamne le soutien aux "organisations terroristes" et promet d'assurer la sécurité dans les lieux de culte et lors des manifestations
Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

NEW YORK — Le soutien aux groupes terroristes « n’a pas sa place dans notre ville », a déclaré vendredi le maire de New York, Zohran Mamdani, après qu’une manifestation pro-Hamas dans un quartier juif a suscité l’indignation d’autres élus.
Dans la soirée de jeudi, dans le cadre d’une d’une manifestation contre un événement immobilier israélien organisé dans une synagogue du quartier de Kew Gardens Hill, dans le Queens, des militants antisionistes ont scandé « Nous soutenons le Hamas », « Death to the IDF » (Mort à l’armée israélienne), « Intifada, la guerre du peuple » et d’autres slogans violents et discriminatoires.
Au cours de ce rassemblement, des contre-manifestants juifs ont insulté et raillé les militants anti-sionistes, lançant des slogans contre les Palestiniens et en faveur de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), et clamant « F*** Mamdani ».
Dans sa déclaration initiale, Mamdani n’a visé visait aucune des deux parties, et il n’a mentionné ni l’antisémitisme, ni le Hamas.
« Les propos et les manifestations dont nous avons été témoins hier soir, à Kew Gardens Hills, sont inacceptables et ils n’ont pas leur place dans notre ville », a martelé Mamdani dans un communiqué transmis par son porte-parole au Times of Israel.
« Mon équipe est en contact étroit avec la police de New York au sujet de la manifestation et de la contre-manifestation d’hier soir. Nous continuerons à garantir la sécurité des New-Yorkais qui visitent des lieux de culte, ainsi que leur droit constitutionnel à manifester », a-t-il ajouté.
Un commentaire plus explicite qui a été publié par la suite sur les pages de Mamdani, sur les réseaux sociaux, a affirmé : « Les slogans qui soutiennent une organisation terroriste n’ont pas leur place dans notre ville ».
As I said earlier today, chants in support of a terrorist organization have no place in our city. We will continue to ensure New Yorkers’ safety entering and exiting houses of worship as well as the constitutional right to protest. pic.twitter.com/0J4GXWigiv
— Mayor Zohran Kwame Mamdani (@NYCMayor) January 9, 2026
Mamdani est un militant d’extrême gauche anti-Israël dont les déclarations et prises de positions anti-israéliennes – telles que son refus de reconnaître le droit d’Israël à exister en tant qu’État juif – ont alarmé de nombreux Juifs new-yorkais. Durant sa campagne électorale pour la mairie, Mamdani a soulevé une vague de critiques en prenant la défense de l’expression « Mondialiser l’Intifada », considérée par de nombreux Juifs comme un soutien au terrorisme, avant de déclarer, plus tard, son intention de « décourager » l’utilisation de ce slogan.
En novembre, à la suite d’une manifestation similaire devant une synagogue de Manhattan, Mamdani a déclenché un tollé en critiquant à la fois les manifestants et la synagogue qui, d’après lui, avait enfreint les règles du droit international en accueillant un événement organisé par Nefesh B’nefesh, un groupe qui facilite l’immigration juive en Israël et qui fournit notamment des informations aux immigrants souhaitant s’installer en Cisjordanie.
La première déclaration de Mamdani sur la manifestation de jeudi n’est intervenue que près de 24 heures après le rassemblement, à la fin de la journée de travail de vendredi – après un grand nombre de condamnations plus virulentes qui ont été émises par l’écrasante majorité des dirigeants new-yorkais, dont beaucoup ont qualifié la manifestation d’antisémite et de dangereuse.
Certains membres de la communauté juive, parmi lesquels le député Sam Berger, qui représente Kew Gardens Hills, avaient alors critiqué Mamdani pour ne pas s’être exprimé.
Kew Gardens Hills accueille une importante population juive orthodoxe et boukhariote. La manifestation s’est déroulée à proximité d’une yeshiva et d’une école publique, qui ont toutes deux annulé leurs activités extrascolaires, invoquant des raisons de sécurité.
La gouverneure de New York Kathy Hochul a déclaré : « Le Hamas est une organisation terroriste, qui appelle au génocide des Juifs. Quelles que soient vos convictions politiques, ce type de discours est répugnant et dangereux. Il n’a pas sa place à New York. »
La représentante du quartier au Congrès américain, Grace Meng, a pour sa part affirmé : « Déclarer publiquement et fièrement son soutien au Hamas est un acte antisémite ignoble, qui vise à intimider la communauté juive. Je le condamne fermement. Je m’oppose à l’antisémitisme, au terrorisme et à toutes les formes de haine. »
Pour Julie Menin, juive et récemment nommée présidente de l’Assemblée municipale de New York, se ranger du côté du Hamas « attise la peur et la division ».
« Je continuerai à lutter contre l’antisémitisme le plus odieux, tel que l’est celui-ci. J’exhorte tout le monde à s’unir, maintenant, pour combattre la montée de la haine sous toutes ses formes », a souligné Menin, dont le rôle puissant au sein de l’administration municipal pourrait servir de contrepoids à Mamdani.
Les deux sénateurs de New York au Congrès, Chuck Schumer et Kirsten Gillibrand, ont également émis des condamnations fermes, tout comme l’ont fait plusieurs membres de la Chambre des représentants de New York, des représentants du Congrès d’autres États, ainsi que le président de l’arrondissement du Queens.
Certains alliés de Mamdani ont été plus explicites dans leurs critiques. Parmi eux, la procureure générale de New York, Letitia James, et du candidat juif au Congrès, Brad Lander.
« Le Hamas est une organisation terroriste. Nous ne soutenons pas les terroristes. Point final », a affirmé James.
« Soyons clairs : il s’agit d’un antisémitisme répugnant », a déclaré Lander.







