Mandelblit : Les 300 000 $ que Netanyahu a reçus de son cousin sont illicites
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Mandelblit : Les 300 000 $ que Netanyahu a reçus de son cousin sont illicites

Après avoir dit que l'argent donné par Nathan Milikowsky était légal, le procureur-général a noté que des révélations sur leurs liens commerciaux l'avaient fait changer d'avis

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) avec Avichai Mandelblit, alors secrétaire du cabinet, pendant une réunion du cabinet à Jérusalem, le 20 décembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) avec Avichai Mandelblit, alors secrétaire du cabinet, pendant une réunion du cabinet à Jérusalem, le 20 décembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le procureur-général Avichai Mandelblit a déclaré mardi devant la Haute-cour de justice que les 300 000 dollars reçus par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, il y a plusieurs années, de la part de son riche cousin, Nathan Milikowsky, étaient un don illicite, revenant par ces paroles sur un jugement qu’il avait émis il y a deux ans. Il a expliqué que de nouvelles informations sur les liens commerciaux entre les deux hommes étaient à l’origine de cette volte-face.

Mandelblit avait estimé, dans un premier temps, que ce transfert de fonds était légitime, bien qu’il n’eut pas reçu l’autorisation de la Commission des permis du contrôleur de l’Etat.

Ce changement de positionnement signifie que Netanyahu devra rendre 270 000 dollars sur cette somme totale. La Commission des permis avait ordonné, dans le passé, au chef du gouvernement de rembourser une somme de 30 000 dollars qui n’avait pas été utilisée dans un quelconque dessein alors que le reste du versement avait servi à financer la défense juridique de Sara Netanyahu, l’épouse du Premier ministre.

Netanyahu doit répondre d’accusations de fraude et d’abus de confiance dans un dossier impliquant des cadeaux illicites reçus de la part d’autres riches bienfaiteurs. Milikowsky aurait été interrogé par la police dans cette enquête connue sous le nom d’Affaire 1000, dans laquelle le Premier ministre est soupçonné d’avoir reçu environ un million de shekels, la plus grande partie sous forme de cigares et de champagne. Netanyahu aurait affirmé que certains cigares qu’il aurait reçus auraient été achetés avec son propre argent tandis que d’autres l’auraient été avec les espèces données par Milikowsky.

Le Premier ministre doit aussi répondre de fraude et d’abus de confiance dans deux autres dossiers supplémentaires impliquant des décisions de régulation favorables à des magnats en échange d’une couverture positive de ses actions dans les médias appartenant à ces derniers. Il est aussi mis en examen pour pots-de-vin dans l’un des deux dossiers.

Nathan Milikowsky en 2013, à San Francisco. (Crédit : Drew Altizer Photography)

Une affaire distincte – dite « l’Affaire des actions » – a été close par Mandelblit au mois d’octobre. Dans ce dossier, Netanyahu était accusé d’avoir gagné plusieurs millions de dollars grâce à la vente d’actions d’une entreprise qui appartenait à Milikowsky. Le bureau de Mandelblit s’était penché sur ces accusations pendant un an et demi après la diffusion de reportages selon lesquels Netanyahu avait fait un retour sur investissement suspect de plus 700 % lors de la vente des actions qu’il possédait dans la firme Seadrift Coke.

Mandelblit a reconnu que le Premier ministre avait tiré des bénéfices significatifs de la part de son cousin dans ce dossier mais il a déclaré que cela ne signifiait pas qu’il avait calculé volontairement la chose et en toute connaissance de cause. Il a également noté que le délai de prescription avait expiré depuis longtemps pour ces potentiels soupçons de fraude et d’abus de confiance dans une affaire qui remonte à 2007.

Dans sa nouvelle décision, Mandelblit a écrit que si Netanyahu et Milikowski sont des proches et des amis, l’affaire des actions révélait l’existence de liens commerciaux plus profonds que cela avait pu être imaginé de prime abord et que son jugement antérieur devait donc être réexaminé.

En réponse à cette déclaration devant la Cour suprême, le Likud a accusé Mandelblit de tenter « d’intervenir » dans les élections à la Knesset du 23 mars.

« Au cours du dernier scrutin, Mandelblit avait procédé à une mise en examen sur mesure contre le Premier ministre et pour ces élections d’aujourd’hui, il renverse son jugement tout en portant préjudice à l’équipe de défense du Premier ministre, tout simplement parce que les dossiers sont en train de s’effondrer. Il n’y a aucune limite à la persécution, à la chasse aux sorcières lancée contre Netanyahu, à cette volonté d’écarter un Premier ministre fort et de droite », a affirmé le Likud.

Mandelblit avait été nommé à son poste par Netanyahu, dont il était proche. Il avait servi comme secrétaire de son cabinet.

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