Mandelblit ne statuera pas si Netanyahu pourra limoger Gantz après le scrutin
Rechercher

Mandelblit ne statuera pas si Netanyahu pourra limoger Gantz après le scrutin

Le leader de Kakhol lavan indique craindre que Netanyahu ne le limoge ; l'affaire n'est actuellement que "théorique", dit le procureur général

Le procureur général Avichai Mandelblit lors d'un événement au Dan Hotel de Jérusalem, le 6 février 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le procureur général Avichai Mandelblit lors d'un événement au Dan Hotel de Jérusalem, le 6 février 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le procureur-général Avichai Mandelblit a informé le ministre de la Défense Benny Gantz qu’il n’étudiera pas pour le moment la possibilité, pour le Premier ministre Benjamin Netanyahu, de renvoyer les membres de la formation Kakhol lavan du gouvernement transitoire si ce parti devait échouer à franchir le seuil électoral au cours du vote du 23 mars.

Mandelblit a déclaré à Gantz, cette semaine, qu’il y réfléchirait si le cas de figure devait se présenter.

Gantz a récemment expliqué qu’il craignait qu’en cas d’échec à franchir le seuil électoral pour entrer dans la prochaine Knesset, Netanyahu ne le limoge, ainsi que ses ministres, avant l’établissement d’un nouveau gouvernement et qu’il ne prenne, dans l’intervalle, d’importantes initiatives susceptibles de nuire au système judiciaire et d’entraver son procès pour corruption.

Dans un entretien accordé au mois de février à la Douzième chaîne, Gantz avait déclaré : « Si je ne franchis pas le seuil électoral nécessaire pour entrer à la Knesset et s’il y a un gouvernement transitoire dirigé par Netanyahu, alors, dès le lendemain, Netanyahu renverra tous les ministres de Kakhol lavan, il désignera Amir Ohana au poste de ministre de la Justice, il renverra Mandelblit, il ne prolongera pas la nomination du nouveau procureur de l’État Amit Aisman et il transformera ce pays en monarchie. »

« Il y aura des changements fondamentaux dans la structure du régime de gouvernance en Israël qui s’effectueront devant nos yeux. »

Benny Gantz : « Une société fragmentée dont les membres se sentent aliénés et marginalisés est une société prête à cibler ceux qu’elle tient responsables de ses problèmes. » (Gili Yaari / Flash90)

Il s’est exprimé alors que plusieurs sondages ont montré que Kakhol lavan ne franchirait pas le seuil électoral nécessaire pour intégrer la Knesset, même si d’autres, plus récents, ont attribué quatre à cinq sièges à la formation centriste.

Gantz est actuellement Premier ministre par alternance, un poste sans précédent qui a été créé dans le cadre d’un accord de partage de pouvoir entre lui-même et Netanyahu, au mois de mai 2020. Dans ce rôle, il peut s’opposer aux votes du cabinet et il a le contrôle de plusieurs ministères dont Netanyahu ne pourra pas disposer aussi longtemps que se maintiendra le gouvernement.

Il doit également prendre la fonction de Premier ministre au mois de novembre 2021, si ce gouvernement est encore en place – un scénario improbable qui pourrait pourtant potentiellement se concrétiser si l’impasse politique devait continuer et qu’aucun nouveau gouvernement n’était formé suite aux élections du 23 mars.

Toutefois, la possibilité que Gantz puisse conserver ses pouvoirs si son parti est éjecté de la Knesset reste encore indéterminée, et le chef de Kakhol lavan a récemment lancé un appel à Mandelblit pour qu’il donne un avis juridique sur cette question.

Le dirigeant du parti Kakhol lavan Benny Gantz (à gauche), tourne le dos au Premier ministre Benjamin Netanyahu alors que la Knesset approuve la lecture préliminaire d’un projet de loi visant à dissoudre le Parlement, le 2 décembre 2020. (Danny Shem-Tov / Bureau du porte-parole de la Knesset)

Mais Mandelblit a fait savoir en réponse que se positionner à ce sujet en ce moment pourrait être considéré comme une intervention dans le processus politique pré-électoral.

La question est « actuellement théorique », a dit Mandelblit, et elle se base sur des hypothèses « qui pourraient finalement ne jamais se concrétiser ». Il a poursuivi en affirmant que « si la question devait devenir pertinente alors, bien sûr, j’y répondrais ».

Des experts juridiques ont récemment déclaré au Times of Israël qu’ils pensaient que la position de Gantz était sûre dans la mesure où les législations qui régissent la coalition actuelle – qui assure dorénavant une gouvernance par intérim – resteront en vigueur jusqu’à la formation d’un nouveau gouvernement.

Gantz a déclaré de manière répétée, ces derniers mois, que la présence de Kakhol lavan dans la coalition sortante avait protégé la démocratie israélienne face aux efforts concertés livrés par Netanyahu et ses partisans de l’affaiblir, le Premier ministre étant actuellement traduit devant les juges pour corruption.

Quand Gantz avait signé l’accord de coalition avec Netanyahu, des critiques avaient averti que Netanyahu ne laisserait probablement jamais le poste de Premier ministre au chef de Kakhol lavan à la date fixée pour ce faire, au mois de novembre 2021, comme l’exigeait le pacte de coalition entre le Likud et Kakhol lavan.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...