Manifestation à Tel-Aviv contre la loi limitant les manifestations
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Manifestation à Tel-Aviv contre la loi limitant les manifestations

Quatre interpellés après l'adoption par le gouvernement d'une réglementation d'urgence interdisant aux Israéliens de manifester à plus d'un kilomètre de leur domicile

Des manifestants bloquent une route alors qu'ils manifestent contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Tel-Aviv le 30 septembre 2020. (Miriam Alster/Flash90)
Des manifestants bloquent une route alors qu'ils manifestent contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Tel-Aviv le 30 septembre 2020. (Miriam Alster/Flash90)

Des centaines d’Israéliens ont défilé dans les rues de Tel-Aviv mercredi contre la nouvelle législation visant à limiter les manifestations pendant le confinement actuel dû au coronavirus.

La police a arrêté quatre manifestants qui auraient agressé des officiers et les auraient gênés dans l’exercice de leurs fonctions. La police a déclaré que les manifestants, qui sont partis de la place Habima et ont parcouru les routes principales de la ville pendant plusieurs heures, n’ont pas coordonné la marche à l’avance et n’avaient pas les autorisations nécessaires.

La manifestation, qualifiée de manifestation spontanée sans qu’aucun groupe spécifique ne revendique son organisation, s’est tenue quelques heures après que le gouvernement a approuvé de nouvelles réglementations d’urgence interdisant aux Israéliens de se déplacer à plus d’un kilomètre de leur domicile pour assister à une manifestation, et limitant les rassemblements en plein air à des groupes de 20 personnes.

La loi limite effectivement les grandes manifestations hebdomadaires à la résidence officielle du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem et doit entrer en vigueur jeudi.

Des dizaines de personnes ont également manifesté mercredi soir devant la résidence du Premier ministre, centre des récentes manifestations contre Netanyahu liées à ses inculpations pour corruption et à sa gestion de la pandémie.

Deux manifestants y ont été détenus pour avoir bloqué la route, selon le quotidien Haaretz.

Les manifestants bloquent une route alors qu’ils manifestent contre le Premier ministre Benjamin Netanyahou à Tel-Aviv le 30 septembre 2020. (Miriam Alster/Flash90)

Les nouveaux règlements ont été approuvés dans le cadre de la législation adoptée par la Knesset tôt mercredi matin. Le procureur général Avichai Mandelblit a ensuite informé le gouvernement que la législation n’est pas valable tant que les amendements appropriés n’ont pas été apportés aux règlements concernés.

Les ministres Asaf Zamir, Izhar Shay et Orit Farkash-Hacohen du parti Kakhol lavan ont tous voté contre les règlements, a rapporté le radiodiffuseur public Kan.

Les mesures d’urgence limitant les protestations doivent être soumises jeudi à la commission de la Constitution, du droit et de la justice de la Knesset pour approbation finale.

Quelques heures après son adoption, la loi a été contestée devant la Haute Cour de justice par le Mouvement pour un gouvernement de qualité en Israël, un groupe de surveillance, dans l’espoir que la cour gèlerait la législation le temps d’un contrôle judiciaire, et qu’elle finirait par l’annuler.

La cour a décidé que le gouvernement avait jusqu’au 7 octobre pour répondre à la requête, mais a refusé de suspendre pour le moment l’application de la loi.

Le procureur général Avichai Mandelblit s’exprime lors d’une cérémonie au ministère de la Justice le 18 mai 2020. (Capture d’écran : Twitter)

Dans la pétition, l’organisation fait valoir que la nouvelle loi paralysait « l’un des droits fondamentaux d’une démocratie » et soutient que « les préoccupations de santé ne justifient pas un amendement de la loi », selon Kan.

Le projet de loi limitant les protestations a été adopté en deuxième et troisième lectures lors d’un vote de 46 voix contre 38 juste après 4h30 du matin, après des jours de délai.

Dans la version finale de la loi, en vertu d’une « urgence spéciale coronavirus » déclarée par le gouvernement, le cabinet peut restreindre les manifestations, les prières et les cérémonies religieuses pendant une semaine, avec la possibilité de prolonger les restrictions de deux semaines supplémentaires, si l’urgence persiste.

Les responsables ont déclaré qu’en vertu des règles, les manifestations devant la résidence du Premier ministre seraient limitées à 2 000 au total, la zone de manifestation de la Place de Paris pouvant accueillir 100 capsules de 20 personnes. Seuls ceux résidant à moins d’un kilomètre pourront y assister.

Ce nombre est bien inférieur aux 10 000 à 20 000 personnes présentes chaque semaine devant la Résidence du Premier ministre pour manifester contre Netanyahu, jugé dans trois affaires de corruption.

Manifestation contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, devant sa résidence officielle à Jérusalem le 26 septembre 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Les partisans de la loi affirment que les manifestations constituent un risque majeur pour la santé et qu’il est nécessaire de les réprimer, étant donné le taux d’infection inquiétant.

Mais la mesure a rencontré une vive opposition de la part des critiques, qui arguent qu’elle mine le caractère démocratique d’Israël et sert les intérêts politiques de Netanyahu, qui utilise le virus comme couverture.

Un confinement de trois semaines, le deuxième depuis le début de la pandémie de coronavirus, a débuté le 18 septembre, puis a été renforcé vendredi dernier, devant l’augmentation galopante des cas d’infection.

Des représentants du gouvernement, dont Netanyahu, ont déjà averti que le blocage pourrait être prolongé bien au-delà de sa date de fin prévue. Mercredi, les ministres ont approuvé sa prolongation de trois jours jusqu’au 14 octobre.

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