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Mansour Abbas ne soutiendra pas Netanyahu : « Il fait partie de l’Histoire ancienne »

Le chef du parti islamiste tient l'ex Premier ministre pour responsable de l’actuelle vague de criminalité et critique Ayman Odeh et Ahmad Tibi pour avoir voté avec l'opposition

Le leader de Raam, le député Mansour Abbas, dirigeant une discussion et un vote sur un projet de loi visant à dissoudre la Knesset, le 29 juin 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le leader de Raam, le député Mansour Abbas, dirigeant une discussion et un vote sur un projet de loi visant à dissoudre la Knesset, le 29 juin 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le chef du parti Raam, Mansour Abbas, a promis vendredi de ne pas soutenir le leader de l’opposition Benjamin Netanyahu dans sa tentative éventuelle de former un gouvernement suite aux prochaines élections législatives et a tenu ce dernier pour responsable de la flambée de crimes violents à laquelle la communauté arabe est confrontée depuis plusieurs années.

Dans une interview accordée à la chaîne publique Kan, Abbas a affirmé que la vague de criminalité incessante, qui a fait des centaines de victimes, a commencé alors que Netanyahu était Premier ministre et a pointé son implication dans le succès politique du député d’extrême droite, Itamar Ben Gvir.

« Nous sommes pour un gouvernement de changement, et nous ne soutiendrons pas Netanyahu – il fait partie de l’histoire ancienne. Il a fait revenir Ben Gvir au parlement israélien », a déclaré Abbas, faisant référence aux efforts de Netanyahu pour négocier un accord afin que la faction ultra-nationaliste Otzma Yehudit de Ben Gvir se présente avec HaTzionout HaDatit de Bezalel Smotrich.

Raam est entré dans l’histoire l’année dernière en devenant le premier parti arabe, depuis des décennies, à rejoindre une coalition israélienne sous la direction du Premier ministre de l’époque, Naftali Bennett, en évitant le rejet de l’autre factionnaire arabe.

Abbas affirme que Netanyahu l’a courtisé l’année dernière dans le cadre de ses propres efforts de constitution d’une coalition, ce que le Likud nie fermement. Par le passé, Abbas n’avait pas exclu de siéger avec le chef de l’opposition dans un gouvernement, mais il a récemment changé de ton.

Les partisans d’extrême droite de Netanyahu n’accepteraient probablement pas de partager une coalition avec Raam, faction islamiste socialement conservatrice, ce qui rendrait les perspectives d’une telle alliance presque impossibles.

Le leader du Likud, Benjamin Netanyahu, prononçant un discours de campagne électorale à l’intérieur d’un camion de livraison modifié dont la paroi latérale a été remplacée par du verre pare-balles, à Beer Sheva, le 13 septembre 2022. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

Le Likud, qui a catalogué Raam en tant que partisan du terrorisme, a semblé se réjouir de ces commentaires.

« Maintenant, c’est plus clair que jamais : c’est soit un gouvernement nationaliste dirigé par le Likud pendant quatre ans, soit [le Premier ministre Yair] Lapid et [le ministre de la Défense Benny] Gantz avec Ahmad Tibi et les Frères musulmans », en référence au leader du parti arabe Taal et du parti Raam d’Abbas.

Abbas a également reproché à Ahmad Tibi et à Ayman Odeh, qui dirige la liste combinée Hadash-Taal, d’avoir voté avec le Likud et leurs alliés de droite à la Knesset dans le cadre de leur tentative réussie de renverser le gouvernement plus tôt dans l’année.

Interrogé sur la récente disqualification du parti Balad, dirigé par Sami Abou Shehadeh, Abbas a déclaré qu’il n’avait aucun problème à ce qu’il se présente aux élections.

Pendant plusieurs années, les partis majoritairement arabes, Hadash, Taal, Raam, et Balad se sont présentés ensemble aux élections sous le nom de Liste arabe unie. Malgré des idéologies très divergentes, ce « mariage de raison » a permis aux petites factions de franchir le seuil électoral de 3,25 %.

Le chef du parti Balad, le député Sami Abu Shehadeh, assistant à la réunion de la commission centrale électorale au sujet de la disqualification du parti Balad des prochaines élections législatives israéliennes, à la Knesset, à Jérusalem, le 29 septembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Raam s’est désolidarisé de la liste pour se présenter seul avant les élections de 2021 afin de poursuivre sa vision alternative en vue de rejoindre le gouvernement et a défié les prédictions en parvenant à franchir le seuil électoral.

Balad s’est séparé de la Liste arabe unie en vue des prochaines élections législatives, prévues pour le 1er novembre, mais a été disqualifié jeudi par la commission centrale électorale en raison de ses positions intransigeantes.

Selon les prévisions, il devrait passer sous la barre des 3,25 %, même s’il gagne son appel contre la décision de la commission centrale électorale, bien que Raam et Hadash-Taal devraient obtenir 4 sièges chacun.

Abbas avait, par le passé, indiqué qu’il serait prêt à rejoindre n’importe quel gouvernement afin d’avoir son mot à dire sur la répartition des budgets et des autres ressources.

« Lorsque qu’il sera question de répartir les ressources, que vous déciderez pour notre communauté, je veux être présent », avait-il déclaré au New York Times le mois dernier.

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