Marée noire: les plages ne seront jamais propres à 100 % – Autorité de la nature
Rechercher

Marée noire: les plages ne seront jamais propres à 100 % – Autorité de la nature

Alors que le goudron continue à arriver sur les plages, le groupe environnemental Adam Teva VDin réclame des informations "en temps réel" et avec une "transparence maximale"

Nettoyage d'une plage ayant subi une pollution au goudron dans un endroit non-précisé, le 28 février 2021. (Crédit : Elad Yaakov, bureau de presse du gouvernement)
Nettoyage d'une plage ayant subi une pollution au goudron dans un endroit non-précisé, le 28 février 2021. (Crédit : Elad Yaakov, bureau de presse du gouvernement)

Le goudron a continué à se déverser, dimanche, sur plusieurs plages israéliennes alors que les opérations de nettoyage continuent suite à une marée noire survenue il y a dix jours, a fait savoir le ministère de la Protection environnementale.

Parmi les plages touchées dans le nord du pays, Rosh Hanikra, Bustan HaGalil et le port pétrolier de Haïfa, ainsi qu’à Tel Abruch, situé à proximité de Tel Aviv.

Le déversement – une enquête a été ouverte sur son origine – a contaminé 160 kilomètres de la ligne côtière du pays et elle s’est propagée, ce week-end, sur les plages libanaises.

L’Autorité de la nature et des parcs a annoncé dimanche que le nettoyage des minuscules boules de pétrole nichées dans le sable des plages placées sous sa compétence serait un travail énorme et que le nettoyage des rochers serait une tâche encore plus difficile.

Hussein Hamza, activiste de la défense de l’environnement libanais, montre ses mains remplies de goudron à la réserve naturelle de Tyre, considérée comme un foyer pour les tortues de mer dans le sud du Liban, le 22 février 2021. (Crédit : Mahmoud ZAYYAT / AFP)

Elle a indiqué dans un communiqué qu’après avoir examiné les résultats de l’opération de nettoyage, en enquêtant sur toutes les méthodes utilisées dans le monde et en examinant différents dossiers sur le sujet, elle avait conclu qu’il serait impossible de se débarrasser totalement du goudron. « Des particules vont subsister », a-t-elle dit.

Pour cette raison, le nettoyage pourrait cesser une fois que la plus grande partie des petites boules présenteraient un périmètre inférieur à celui d’une pièce d’un shekel (soit 1,7 centimètre de diamètre).

Concernant les secteurs rocailleux – c’est là que se concentre la majorité des espèces sauvages dont les plages sont l’habitat – le nettoyage à la main pourra continuer et aucun outil ne pourra être utilisé, par crainte d’entraîner plus de dégâts encore. Seules des équipes spécialement formées pourront utiliser des outils pour le nettoyage, probablement lorsque le goudron aura durci et qu’il sera devenu plus facile à extraire.

Le ministère chargé de l’Environnement a annoncé, dimanche dans la matinée, avoir mis hors de cause un navire qu’il soupçonnait d’être à l’origine de la pollution.

Rappelant le « plan de signalisation » adopté par le ministère de la Santé qui divise Israël selon l’importance de la présence de la COVID-19 sur les territoires, le ministère de la Protection environnementale a mis en place un plan de signalisation pour les plages. Ce plan divise la ligne côtière en six catégories, qui vont d’une pollution « très légère » à « moyenne », « grave » et « pas d’information ».

Parmi les plages les plus affectées, dimanche, Shikmona Beach à Haifa et Rosh Hanikra, sur la frontière libanaise. Il y avait aussi la plage de Gaash, au nord de Herzliya, les plages de Maagan Michael, Maayan Zvi, ainsi que la section située entre les plages de Habonim et de Dor, ainsi que la réserve de Galim.

Dimanche également, le directeur de l’organisation de défense de l’environnement Adam Teva VDin a appelé la ministre de la Protection environnementale, Gila Gamliel, et son ministère à transmettre au public les informations sur la catastrophe « en temps réel » et avec « une transparence maximale ».

Amit Bracha a écrit à Gamliel, lui disant que l’ouverture était essentielle dans la mesure où les plages israéliennes étaient une propriété publique et qu’elles étaient sources de santé et de bien-être pour de nombreuses personnes, soulignant l’important nombre de bénévoles qui se sont signalés pour aider à nettoyer la pollution.

Il a appelé le ministère à publier les comptes-rendus des décisions qui ont pu être prises concernant les initiatives visant à prendre en charge la marée noire, et à expliquer ce qui a motivé le passage du niveau de réponse au Tier 2.

Un déversement de type Tier 2 est l’un des trois niveaux catégorisant les écoulements pétroliers, tels qu’ils ont été classés par l’IPIECA (industrie pétrolière et gazière pour la promotion des sujets environnementaux et sociétaux au sein de l’industrie). Ce niveau est déterminé par le type de réponse apportée plutôt que par l’ampleur de l’incident.

Amit Bracha, directeur-exécutif d’Adam Teva VDin. (Autorisation)

Bracha a précisé quels types d’informations devaient être rendues publiques – notamment les données précises portant sur la quantité, la composition et les conséquences de la marée noire, les critères utilisés pour diviser le budget de 45 millions de shekels débloqué par le gouvernement dans le contexte de cette crise, ainsi que les plans mis au point pour s’attaquer à un futur incident du même genre et les conclusions qui ont d’ores et déjà été tirées.

Il a demandé quand les conclusions de l’enquête menée sur la réponse apportée par l’Etat à la marée noire seraient tirées « en prenant pour hypothèse qu’une enquête a été prévue ».

Le gouvernement n’a pas encore évoqué d’enquête officielle.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...