Mariages d’enfants et abus : D’anciens membres de la communauté de Bratslav témoignent devant la Knesset
Selon un rapport spécial, l’Autorité de la population et de l’immigration a transmis à la police 321 signalements de mariages d’enfants entre 2023 et 2025, ce qui n’a donné lieu qu’à quatre mises en accusation
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Des femmes et des hommes élevés au sein d’une secte hassidique isolée du nord d’Israël ont dénoncé, mardi, la pratique généralisée des mariages forcés d’enfants lors d’une audience houleuse au sein de la Commission de la Knesset sur le statut des femmes, avec des députés qui ont interpelé les représentants du ministère des Affaires sociales et de la police, leur demandant de rendre des comptes sur, selon eux, de longues années d’application insuffisante de la loi.
Des adultes qui avaient passé leur enfance au sein de la communauté de Bratslav, à Yavneel, ont témoigné devant les membres du panel.
Selon des informations diffusées le mois dernier, un groupe d’experts gouvernemental a été créé en 2023 pour enquêter sur cette communauté et sur l’incapacité des autorités chargées de la protection sociale et de la police à traiter ce problème.
Une femme, Sarah Maimoni, a raconté aux députés avoir été mariée à l’âge de 15 ans et devenue mère à 16 ans. Elle a évoqué « sa réalité, celle de viol au plein sens du terme », confiant qu’elle vivait avec ce traumatisme et que les autorités chargées de la protection sociale n’avaient pas protégé les enfants de la communauté.
Mère de huit enfants et grand-mère de cinq petits-enfants, Maimoni a demandé la création d’un groupe de travail conjoint réunissant le ministère des Affaires sociales et la police, arguant que les autorités avaient laissé ce phénomène perdurer sans aucune forme de contrôle. Elle a précisé que la communauté comptait près de 300 familles et que ses dirigeants y exerçaient une influence considérable.
Une autre victime, Nachman Bolotin, a affirmé que les enfants de la communauté subissaient « un lavage de cerveau pendant des années », les amenant à considérer le mariage des enfants comme quelque chose de normal. Il a ajouté que des jeunes âgés de 13 ans cherchaient activement à se marier.
Il a dit qu’après avoir quitté la communauté et divorcé, il avait signalé le problème à la police et s’était heurté à l’indifférence.
Les représentants des services sociaux et de la police ont reconnu qu’il était difficile de faire respecter la loi, affirmant que les efforts déployés pour régler le problème n’avaient commencé que ces dernières années.
Selon un rapport spécial récemment publié par le Centre de recherche et d’information de la Knesset, l’Autorité de la population et de l’immigration a transmis 321 signalements de mariages d’enfants à la police entre 2023 et 2025, avec seulement quatre mises en accusation à la clef.
la Communauté du Times of Israël !







