Marine Le Pen à Metz : des étudiants juifs empêchés de distribuer des tracts
Rechercher

Marine Le Pen à Metz : des étudiants juifs empêchés de distribuer des tracts

Le service d'ordre du Rassemblement national (ex-FN) aurait utilisé du gaz lacrymogène contre des jeunes de l'UEJF, a indiqué à l'AFP une source policière

La dirigeante du Front national (aujourd'hui Rassemblement National) Marine Le Pen assiste au congrès annuel du parti d'extrême droite dans la ville française de Lille le 10 mars 2018. (AFP Photo/Philippe Huguen)
La dirigeante du Front national (aujourd'hui Rassemblement National) Marine Le Pen assiste au congrès annuel du parti d'extrême droite dans la ville française de Lille le 10 mars 2018. (AFP Photo/Philippe Huguen)

Des militants de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) ont été empêchés de distribuer des tracts par le service d’ordre du Rassemblement national, mercredi à Metz, où Marine Le Pen organisait un « banquet patriotique » pour le 1er mai, a-t-on appris de source policière.

« Une dizaine de jeunes de l’UEJF ont tenté de tracter aux abords du Parc des expositions (où se déroulait le « banquet » du RN, NDLR). Ils ont été repoussés » par le Département protection sécurité (DPS), le service d’ordre du RN, qui aurait utilisé du gaz lacrymogène, a indiqué à l’AFP une source policière.

Les militants se sont présentés au commissariat de Metz, selon le policier. « Les différentes parties vont être entendues » et « des plaintes devraient être déposées », a-t-il précisé.

L’un des jeunes « s’est plaint d’avoir mal au bras », mais aucun n’a été conduit à l’hôpital, selon lui.

« Nous déposons plainte contre le service d’ordre du RN pour coups et blessures en réunion avec usage d’armes », a tweeté le président de l’UEJF Sacha Ghozlan. « Lacrymogènes, matraques, violences. La justice doit réagir avec fermeté face à ces individus haineux qui veulent faire régner la terreur », a-t-il ajouté.

Le RN a pour sa part écrit que « la police a pris (…) en charge ces nervis » après l’incident et qu’une « plainte pour coups volontaires est déposée ».

Selon le parti, « quelques militants de l’UEJF sont venus cet après-midi distribuer un tract provocateur devant le meeting du RN. Ils s’en sont pris aux participants et ont voulu rentrer dans le hall du meeting. Le service de sécurité du RN les a contenus. Ils se sont montrés alors violents ». Le RN « condamne fermement ces agissements brutaux et antidémocratiques ».

Les militants de l’UEJF « se sont montrés violents, blessant sérieusement un membre (du) service de sécurité qui s’est vu donné 30 jours d’ITT » (incapacité totale de travail), a affirmé le parti dans un communiqué. Le RN a déploré pour sa part un blessé parmi ses agents de sécurité.

« Le Rassemblement national a beau chercher à ripoliner sa façade, les couches de peinture ne seront jamais assez épaisses pour masquer sa nature profonde », a réagi dans un communiqué Dominique Sopo, président de SOS Racisme.

Le député LREM de Paris Mounir Mahjoubi a dénoncé sur Twitter une « agression violente par les services de sécurité du Rassemblement national de Marine Le Pen ou plutôt sa milice interne ».

Le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT Frédéric Potier, et la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) ont aussi exprimé sur Twitter leur « soutien » à l’UEJF et son président.

« Des militants du RN pris sur le vif entre haine et brutalité. Soutien aux militants de l’UEJF brutalisés », a tweeté la tête de liste de la majorité présidentielle aux européennes Nathalie Loiseau. Elle a relayé des images publiées par l’organisation montrant des militants de l’UEJF repoussés manu militari par le service d’ordre du RN et l’un d’eux légèrement blessé.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...