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Matan Kahana ne semble plus soutenir la zone mixte au mur Occidental

Le député travailliste Gilad Kariv, un rabbin réformé, condamne le ministre des Affaires religieuses pour avoir affirmé que "la grande majorité" des Juifs en Israël sont orthodoxes

Le ministre des Services religieux Matan Kahana (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre des Services religieux Matan Kahana (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Samedi, le ministre des Affaires religieuses Matan Kahana (Yamina) a semblé revenir sur son soutien à l’accord de compromis de 2016 sur le mur Occidental qui prévoyait la construction d’une zone permanente mixte pour les non-orthodoxes.

« La grande majorité des Juifs d’Israël sont des Juifs orthodoxes et, par conséquent, je ne pense pas qu’il soit juste de céder le contrôle de certaines parties du mur Occidental à des courants qui ne représentent pas la grande majorité des Juifs d’Israël », a déclaré Matan Kahana dans une interview accordée au radiodiffuseur public Kan.

« Je ne soutiens pas nécessairement ce projet. Il doit être étudié, pour voir comment nous résoudrons les guerres de religion autour du mur Occidental. Au final, je pense que nous devons mettre fin aux désaccords entourant le mur Occidental, sans céder un quelconque contrôle à des dénominations qui représentent une très petite minorité de Juifs », a-t-il dit au sujet de la proposition de 2016.

Dans une interview accordée au Times of Israel au début du mois, Matan Kahana, ministre orthodoxe qui a proposé une série de réformes religieuses de grande envergure sur la casheroute, a approuvé le cadre prévu par l’accord de 2016.

Ce dernier, approuvé en 2016 par le gouvernement de l’ancien Premier ministre, Benjamin Netanyahu, vise à créer une zone de prière mixte permanente au mur Occidental après des années de négociations entre Israël et les dirigeants de la diaspora. Mais un an plus tard, le Premier ministre de l’époque avait finalement capitulé devant la pression de ses partenaires de coalition ultra-orthodoxes et a indéfiniment gelé l’accord.

Les membres du gouvernement actuel, dirigé par le Premier ministre Naftali Bennett, ont indiqué qu’ils envisageaient de relancer l’accord.

Des rabbins réformés hommes et femmes prient ensemble à l’arche de Robinson, le site du mur Occidental qui devrait accueillir les futurs offices égalitaires, à Jérusalem, le 25 février 2016. (Crédit : Y.R/Reform Movement)

Les remarques de Matan Kahana ont été condamnées par le député travailliste Gilad Kariv, un rabbin réformé, lui aussi membre de la coalition.

« Il ressort des remarques du ministre Matan Kahana qu’il a oublié que la majorité des Juifs en Israël ne sont pas orthodoxes, mais plutôt laïques ou traditionnels, et que la grande majorité soutient le cadre du Mur occidental et les compromis supplémentaires sur la religion et l’État. Il est temps pour le ministre de cesser d’agir conformément à l’incitation des partis juifs orthodoxes et [des députés du sionisme religieux] de Betzalel Smotrich et Itamar Ben Gvir, mais d’agir dans l’esprit du gouvernement et de ses directives », a tweeté Gilad Kariv.

« Le plan du mur Occidental est un cadre de compromis qui, dans le passé, a gagné le soutien du Premier ministre Natafli Bennett. Il devrait être mis en œuvre rapidement », a-t-il ajouté.

Le rabbin Gilad Kariv prend part à la prière lors de la Journée israélienne de l’indépendance à Beit Daniel à Tel Aviv, en 2018. (Autorisation : Mouvement israélien pour le Judaïsme progressiste)

En août, le ministre des Affaires de la diaspora, Nachman Shai, a déclaré au Times of Israel que la relance de l’accord est à l’ordre du jour du cabinet et bénéficie d’un large soutien au sein de la coalition, y compris celui de Naftali Bennett.

Le plan original comprend trois dispositions clés : une entrée commune à la place principale du mur Occidental et à l’espace de prière mixte ; un nouveau pavillon permanent agrandissant considérablement la modeste plate-forme de prière existante, qui sert de site pour la prière pluraliste depuis 2000 ; et, peut-être le plus controversé, un conseil conjoint comprenant des représentants des courants libéraux du judaïsme et des fonctionnaires du gouvernement qui serait chargé de superviser le site.

La petite plate-forme actuellement utilisée pour les services de prière égalitaire est située dans le parc archéologique de Davidson, dans une zone appelée l’Arche de Robinson. Elle est hors de vue de l’actuelle place de prière orthodoxe traditionnelle, dont elle est séparée par la rampe menant à la porte des Maghrébins, qui est la seule entrée du mont du Temple pour les non-musulmans.

Dans son entretien avec Kan, Matan Kahana s’est aussi déclaré favorable à l’autorisation de la prière juive sur le mont du Temple, ajoutant que le gouvernement devait agir « avec sagesse » compte tenu des sensibilités entourant ce site sensible.

« Je pense qu’il est juste de permettre aux Juifs de prier sur le mont du Temple. Je pense qu’en fin de compte, c’est le site le plus sacré pour les Juifs dans le monde. Nous devons voir comment nous pouvons y arriver, de manière calculée », a-t-il déclaré.

Un officier de la police israélienne (à gauche) monte la garde alors que des Juifs religieux visitent le Mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 3 août 2021. (Crédit : AP Photo/Maya Alleruzzo)

Ces derniers mois, Israël aurait discrètement commencé à autoriser les prières juives sur le Mont du Temple, dans ce qui semblerait être un changement majeur du statu quo qui existe sur le lieu saint depuis des décennies.

Le mont du Temple est le lieu le plus sacré du judaïsme, car il abritait les temples bibliques. Il abrite aussi le troisième lieu saint de l’islam, la mosquée Al-Aqsa.

Israël s’est emparé du mont du Temple et de la Vieille Ville de Jérusalem lors de la guerre des Six Jours et a étendu sa souveraineté à tout Jérusalem. Soucieux de réduire les frictions avec le monde musulman, et compte tenu du fait que les sages orthodoxes déconseillent généralement l’ascension du mont du Temple par crainte de fouler le sol sacré où se trouvait le Saint des Saints du Temple, Israël autorise depuis 1967 le Waqf jordanien à maintenir l’autorité religieuse sur le mont. Les Juifs sont autorisés à s’y rendre, sous réserve de nombreuses restrictions, mais pas à y prier.

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