Matisyahu fait salle comble à Jérusalem malgré la vague de terreur
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Matisyahu fait salle comble à Jérusalem malgré la vague de terreur

Des milliers de personnes ont rempli le Sultan Pool's situé en dehors de la Vieille Ville pour apprécier la prestation du rappeur juif américain

Le rappeur reggae américain Matisyahu en concert à Jérusalem, le 10 octobre 2015. (Crédit : Flash90)
Le rappeur reggae américain Matisyahu en concert à Jérusalem, le 10 octobre 2015. (Crédit : Flash90)

Plusieurs milliers de personnes ont balayé leurs craintes devant l’actuelle vague de terreur qui frappe Israël pendant quelques heures samedi soir pour assister à un concert très attendu donné par le rappeur reggae juif américain Matisyahu.

Avec des spectateurs debout et dans la fosse au Sultan Pool’s, un lieu en plein air en dehors des murs de la Vieille Ville qui a atteint sa pleine capacité de places assises et debout, il était évident que les questions de sécurité n’ont pas empêché les fans de ne pas y assister.

Après des premières parties énergiques faites par deux artistes locaux, le rappeur Nechi Nek (Ravid Plotnik) et le groupe éthiopien de hip hop Café Shahor hazak (café noir fort), le maire de Jérusalem Nir Barkat a pris la parole sur scène pour remercier le public de se cramponner à leurs routines et d’être venus au spectacle comme prévu.

« Je veux profiter de l’occasion pour remercier la police israélienne et les services de sécurité de même que les services d’intervention d’urgence, pour le travail formidable qu’ils font à Jérusalem et dans tout le pays. Chacun est venu ici aujourd’hui pour continuer leur routine quotidienne, partenaire pour lutter contre le terrorisme, » a affirmé Barkat.

La tête d’affiche, grande, dégingandée et son groupe se sont appropriés la scène aux alentours de 22 heures.

Ayant renoncé à sa tenue hassidique, il y a quelques années, Matisyahu âgé de 36 ans, est apparu en jeans moulant, un T-shirt blanc et une veste en cuir. Il portait une casquette de baseball en arrière qu’il a bientôt retirée permettant à ses mèches de cheveu prématurément grises de retomber et de danser sur scène.

A cette heure tardive, il n’y avait que les jeunes buvant de la bière et fumant des cigarettes (tabac ou autre) qui semblaient avoir encore de l’énergie pour se lever et danser. Nous, les plus âgés, étions déjà fatigués de la prestation de Matisyahu.

Les fans du répertoire populaire de Matisyahu au début de sa carrière étaient déçus, a affirmé un journaliste qui préférait qu’il chante un nouveau répertoire. Ceux qui étaient impatients de chanter en cœur la devise up tempo ‘One Day’,’ Sunshine’ ‘Chop Em Down ‘et ‘Miracle’ furent déçus.

Il a chanté son tube intitulé ‘Jérusalem’, accompagné au clavier par Idan Raichel qu’il avait invité. Il s’agit de l’un de ses premiers et plus grands succès.

Certains dans le public ont agité des drapeaux israéliens lorsque Matisyahu a chanté « si je t’oublie Jérusalem, que ma main droite oublie ce qu’elle doit faire ».

L’artiste a très peu parlé entre les chansons, sauf lorsqu’il est passé à la présentation des membres de son groupe, il ne s’est pas entretenu avec le public directement. Il a cependant déclaré que ‘c’était notre plaisir’ lorsque Raichel l’a remercié de chanter ici malgré ces moments difficiles.

Ce n’était pas le concert que certains d’entre nous attendaient mais le fait que Matisyahu fut sanctionné en Espagne pour avoir refusé de dire s’il était en faveur d’un État palestinien et a respecté son engagement de chanter à Jérusalem était rassurant.

Même ceux qui ne connaissent pas la plupart de sa musique lui étaient reconnaissants de leur avoir fait écouter du rock et leur permettre de nous faire oublier nos problèmes de sécurité l’espace de quelques heures.

Le concert s’est poursuivi au-delà de 23 heures, ceux qui devaient se lever de bonne heure pour aller travailler le lendemain ont dû partir avant la fin.

On pouvait encore entendre la musique lorsque nous marchions en direction de la colline, en nous éloignant de la salle, en nous déplaçant rapidement, balayant du regard les rues autour de nous et en regardant par dessus nos épaules.

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