Mayim Bialik critiquée pour avoir prôné la pudeur dans l’affaire Weinstein
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Mayim Bialik critiquée pour avoir prôné la pudeur dans l’affaire Weinstein

Après que des critiques l'ont accusée de victim-blaming, l'actrice de 'The Big Bang Theory' a expliqué que ses propos ont été sortis de leur contexte

Mayim Bialik.  (Autorisation : Core18)
Mayim Bialik. (Autorisation : Core18)

JTA — L’actrice Mayim Bialik a été critiquée pour sa lettre ouverte publiée dans le New York Times, dans laquelle elle répondait aux accusations d’agression sexuelle et de harcèlement proférées à l’encontre du magnat de Hollywood Harvey Weinstein.

Dans sa tribune parue samedi, Bialik écrivait avoir été « choquée et dégoûtée » par ces accusations, lancées par plus de 30 femmes et partiellement démenties par le représentant de Weinstein. Toutefois, disait-elle, elle n’était pas surprise.

Bialik, 41 ans, avait décrit le sentiment de malaise qu’elle avait ressenti en grandissant dans le show-business. Elle a intégré ce milieu alors qu’elle n’était qu’une pré-adolescente « juive de 11 ans, avec un gros nez, bizarre, allumée ». Elle critiquait également Hollywood dans sa lettre, « une industrie qui profite de l’exploitation des femmes – et pas seulement à l’écran ».

« Les jeunes filles aux yeux de biche et aux lèvres pulpeuses qui savaient s’exprimer, étaient favorisées pour les rôles par les hommes puissants chargés de prendre de telles décisions », écrivait-elle.

Bialik, star de la sitcom de CBS « The Big Bang Theory » dans laquelle elle interprète la neurobiologiste Amy Farrah Fowler, avait également précisé dans sa lettre que grâce à l’influence de ses parents, des immigrants juifs, elle avait appris depuis longtemps à prendre des décisions « sages d’auto-protection ». La jeune femme, qui prône ouvertement en public la pudeur, avait souligné ses règles de comportement et d’habillement.

« J’ai décidé que ce que je suis sexuellement doit être réservé aux situations privées aux côtés de ceux dont je suis le plus intime », avait-elle écrit. « Je m’habille pudiquement. Je ne flirte pas avec les hommes – c’est une règle pour moi ».

Bialik, Juive orthodoxe et mère divorcée de deux jeunes garçons, ajoutait que si « absolument rien » ne pouvait excuser les agressions ou les violences sexuelles sur les femmes, « nous ne pouvons être naïves sur la société dans laquelle nous vivons ». Elle notait encore dans sa chronique qu’elle s’était longuement tenue à l’écart de Hollywood pour obtenir son doctorat en neurosciences, affirmant aux jeunes femmes autour d’elles que « entendre les autres célébrer votre beauté physique n’est pas un moyen de vivre une vie qui a du sens ».

Les critiques ont rapidement accusé Bialik de suggérer que les habits et un comportement pudique pouvaient protéger contre le type de comportement dont Weinstein est accusé.

La journaliste internet Chloe Bryan a déclaré que Bialik insinuait qu’elle avait su éviter d’éventuels harcèlements en raison de ses choix, et a ajouté que ses propos étaient « irresponsables et dangereux ».

« Contrairement à ce que Bialik laisse entendre, ce ne sont pas seulement les femmes ‘aux yeux de biche’ avec des coachs personnels qui font l’expérience du harcèlement », a-t-elle écrit dimanche. « C’est chacune d’entre nous ».

Les usagers des réseaux sociaux ont partagé le même sentiment.

Dimanche également, Bialik a posté un message sur Facebook affirmant que certains avaient « sortis les mots de leur contexte » et les « avaient mélangés de manière à laisser entendre que, Dieu m’en préserve, je reprocherais à une femme son agression sur la base de ses vêtements et de ses comportements ». Elle a qualifié « d’absurde » cette conclusion et a ajouté : « Il est triste de voir combien les gens peuvent être vicieux lorsque je vis moi-même, à la base, pour améliorer les choses pour les femmes ».

Mais même ses fans ont estimé que Bialik devrait reconsidérer son positionnement.

« Je t’aime toujours, mais en tant qu’ancienne enfant survivante d’abus sexuels, qui a été suivi par un syndrome de stress post-traumatique, je ne peux pas comprendre tes mots autrement que de la façon dont je les ai compris quand ils m’ont… déçus », a écrit une femme.

« Vous devez lire honnêtement ce que vous avez écrit et vous entreprendre une sérieuse introspection, si vous croyez vraiment qu’il ne s’agissait pas de victim-blaming« , a écrit une autre. « C’est très décevant ».

L’un des quelques défenseurs de Bialik a déclaré : « Mayim, ça a été une tribune brillante et très puissante ! Ceux qui la sortent de son contexte ne l’ont pas lue ou ne sont pas suffisamment intellectuels pour se permettre une analyse objective. La question que j’ai à leur poser est : Ferment-ils leurs portes ? Aucun voleur n’a une justification pour priver les autres de leurs biens simplement parce qu’ils n’ont pas fermé la serrure de leur porte, mais cela ne rend pas plus raisonnable le fait de laisser la porte ouverte ».

Bialik a expliqué dans son post Facebook qu’elle apparaîtrait dans une vidéo en direct sur Facebook pour le New York Times lundi matin – « Nous en reparlerons ».

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