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Méga-sécheresse millénaire dans le sud-ouest de l’Amérique du Nord

Le changement climatique, qui multiplie les canicules et perturbe le régime des précipitations, est responsable de 42% du déficit d'humidité des sols sur la période 2000-2021

Des amandiers morts gisent dans un champ ouvert après avoir été retirés par un agriculteur en raison du manque d'eau pour les irriguer, à Huron, en Californie, une ville de la vallée centrale frappée par la sécheresse, le 23 juillet 2021. (Crédit : Robyn Beck / AFP)
Des amandiers morts gisent dans un champ ouvert après avoir été retirés par un agriculteur en raison du manque d'eau pour les irriguer, à Huron, en Californie, une ville de la vallée centrale frappée par la sécheresse, le 23 juillet 2021. (Crédit : Robyn Beck / AFP)

La méga-sécheresse qui sévit depuis vingt ans dans le sud-ouest de l’Amérique du Nord est la pire enregistrée depuis 1 200 ans, selon une étude publiée lundi, qui souligne que cet épisode aggravé par le changement climatique va probablement se poursuivre en 2022.

L’ouest des Etats-Unis et le nord du Mexique sont victimes depuis 2000 d’une sécheresse exceptionnelle, qui a désormais dépassé deux décennies, ce qui permet de la qualifier de « méga-sécheresse ».

« Après une sévérité exceptionnelle de la sécheresse en 2021, dont environ 19 % est attribuable au changement climatique provoqué par l’Homme, la période 2000-2021 a été la période de 22 ans la plus sèche depuis au moins l’an 800 », écrivent les chercheurs dans la revue scientifique Nature Climate Change.

En raison des températures très élevées et des faibles précipitations entre l’été 2020 et l’été 2021, cette méga-sécheresse « a dépassé la sévérité » de celle de la fin des années 1500, qui était auparavant la pire enregistrée sur les 1.200 années passées en revue par les scientifiques, précise un communiqué de l’université UCLA à Los Angeles.

Des péniches dans une section étroite d’eau dans un lac Oroville épuisé à Oroville, en Californie, le 6 septembre 2021, . (JOSH EDELSON / AFP)

Et depuis 2000, le déficit d’humidité des sols est deux fois plus important que pendant n’importe quelle sécheresse du XXe siècle.

En outre, cet épisode « va probablement persister pendant l’année 2022, atteignant la durée de la méga-sécheresse de la fin des années 1500 », estime l’étude.

Même si la pluie revenait, les impacts risquent de durer sur cette zone allant du sud au Montana au nord du Mexique, de l’océan Pacifique aux montagnes Rocheuses.

« Il est très peu probable que cette sécheresse puisse prendre fin grâce à simplement une année pluvieuse », a commenté l’auteur principal, Park Williams, géographe à UCLA.

Sur cette photo d’archive prise le 05 septembre 2021, un lac Oroville presque vide, à 23 % de sa capacité alors qu’il souffre de niveaux extrêmes de sécheresse, est vu d’en haut à Oroville, en Californie. (Crédit : JOSH EDELSON / AFP)

« Sans le changement climatique, les dernières 22 années auraient probablement toujours été les plus sèches en 300 ans », mais « sans arriver à la cheville des méga-sécheresses des années 1500, 1200 et 1100 », a-t-il d’autre part indiqué dans un communiqué.

Selon l’étude, le changement climatique lié aux activités humaines, qui multiplie les épisodes de canicules et perturbe le régime des précipitations, est responsable de 42 % du déficit d’humidité des sols sur la période 2000-2021 sur cette zone, et 19 % en 2021.

Cette sécheresse chronique dans l’ouest des Etats-Unis avait notamment poussé en août dernier le gouvernement fédéral à décréter pour la première fois de l’histoire des restrictions d’eau touchant le lac Mead, plus important réservoir artificiel du pays, alimenté par le fleuve Colorado.

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