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Nécrologie

Meïr Shalev, auteur israélien bien-aimé, meurt à 74 ans

Le célèbre auteur de romans, d'essais et de livres pour enfants, dont les œuvres mêlaient récits bibliques et vie moderne israélienne, a succombé à un cancer

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

L'auteur israélien Meïr Shalev s'exprimant lors du 25e Festival national du livre de Jérusalem, au Centre international de conférences de Jérusalem, 22 février 2011. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
L'auteur israélien Meïr Shalev s'exprimant lors du 25e Festival national du livre de Jérusalem, au Centre international de conférences de Jérusalem, 22 février 2011. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le célèbre auteur israélien Meïr Shalev, dont les œuvres mêlaient la puissance des récits bibliques à la vie compliquée des Israéliens modernes, est décédé mardi après avoir lutté contre le cancer. Il avait 74 ans.

Shalev a commencé à écrire des romans à l’âge de 40 ans. Il a d’abord écrit trois livres pour enfants avant de s’aventurer dans le monde de la fiction pour adultes avec son livre de 1988, The Blue Mountain (« Roman Russi » en hébreu), sur les pionniers de la vallée de Jezreel.

Le livre a connu un succès immédiat auprès des lecteurs israéliens et a fait de Shalev l’un des auteurs contemporains les plus populaires du pays.

Son utilisation magistrale de l’hébreu a permis de donner vie aux thèmes récurrents de ses œuvres, qui comprenaient des associations bibliques et des concepts mythiques, et présentaient souvent les femmes comme une source de pouvoir derrière les hommes dans leurs complexes vies.

Les premières œuvres publiées par Shalev sont des livres pour enfants et le volume Bible Now (« La Bible aujourd’hui ») – un regard personnel sur des épisodes bibliques.

Il s’est également essayé au fantastique. Et l’humour est un fil conducteur omniprésent dans ses livres, qui ont été traduits en 26 langues.

L’écrivain israélien Meïr Shalev assistant aux funérailles du romancier israélien A. B. Yehoshua, au kibboutz Ein Carmel, le 15 juin 2022. (Crédit : Shir Torem/Flash90)

Shalev est né en 1948 dans la communauté agricole historique de Nahalal, le premier moshav du pays, du poète Yitzhak et de Batya Shalev, qui ont déménagé dans le quartier de Kiryat Moshe à Jérusalem, puis dans la communauté de Ginosar, au bord du lac de Tibériade.

Shalev a servi dans la Brigade Golani et a participé à la Guerre d’Usure et à la Guerre des Six Jours, et a été blessé par un tir ami. Il a étudié la psychologie à l’université hébraïque et a commencé sa carrière professionnelle en tant que journaliste, présentant des reportages à la télévision et à la radio, notamment dans l’émission « Erev Shabbat » de la Première chaîne.

Shalev a déclaré au Times of Israel en 2020 que l’envie d’écrire des livres pour enfants lui était venue de ses souvenirs de jeune lecteur avide, lorsque chaque livre lui procurait une sorte de magie et lui permettait de s’évader de la réalité.

« Aucun roman pour adultes, même le meilleur, ne m’a ému ou excité comme le faisait un bon livre pour enfants lorsque j’avais 5 ou 6 ans », a déclaré Shalev, qui a parlé avec poésie d’une traduction originale de Huckleberry Finn en hébreu biblique. « Un livre est la création de l’écrivain et du lecteur, et il y a cette magie dans les histoires pour enfants. »

Shalev a écrit 14 livres pour enfants, dont la populaire collection de Kramer the cat (même si son préféré est How the Neanderthal Discovered the Kebab).

L’auteur israélien Meïr Shalev s’exprimant lors du 25e Festival national du livre de Jérusalem, au Centre international de conférences de Jérusalem, le 22 février 2011. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Certains ont été écrits pour ses enfants ou petits-enfants ; d’autres ont été inspirés par un incident ou une conversation. Il écrivait également des livres pour enfants afin d’éviter le syndrome de la page blanche.

« Lorsque je suis bloqué dans un roman et que je me heurte à un mur, je le mets de côté et j’écris une histoire pour enfants. Cela change complètement mon humeur », avait-il reconnu.

Shalev a déclaré qu’il aimait également collaborer avec l’illustrateur et lire le produit final aux enfants qui, selon lui, sont d’excellents critiques, sachant instinctivement comment sentir quelle direction prend l’histoire et si le livre est bon.

Il a remporté le Prix Bernstein, le Prix Brenner et le National Jewish Book Award pour A Pigeon and a Boy.

Shalev a été nommé Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en France, en même temps que Michal Govrin, en 2018.

Son livre Esaü, paru en 1991, qui présente une version moderne de l’histoire d’Ésaü et de Jacob, a fait l’objet d’un film en 2020, avec Shira Haas, Harvey Keitel et Lior Ashkenazi dans les rôles principaux.

En faisant l’éloge de Shalev, le président Isaac Herzog a déploré que le monde ne pourrait pas profiter d’un autre de ses livres, qui ont « changé nos vies, les rendant plus riches et plus remplies ».

« Il est triste de constater que nous ne pourrons pas célébrer le prochain jour de l’Indépendance avec Shalev, qui était né en 1948 », a écrit Herzog. « Avec la disparition de Meïr Shalev, l’État d’Israël et la Terre d’Israël sont privés de l’un de leurs plus grands amoureux. C’était un homme plein d’esprit, dont la patrie et l’histoire en tant que société, peuple et nation, palpitaient dans chacun de ses mots », a déclaré le président.

« Il nous a tous fait tomber amoureux de la langue hébraïque, de la Bible et, bien sûr, de nous, le peuple d’Israël. Que sa mémoire soit bénie. »

« Comme tout grand écrivain, la lumière de Shalev a créé un monde [en soi]. Il nous a quittés, mais le monde qu’il a créé restera sur l’étagère de nos vies », a écrit sur Twitter le chef de l’opposition, Yaïr Lapid.

Le ministre de la Culture et des Sports, Miki Zohar, a écrit que Shalev était « un maître des mots et un écrivain d’une grâce suprême ». « Ses œuvres et ses nombreux livres font partie intégrante de la bibliothèque israélienne et resteront à jamais ancrés dans la culture israélienne », a-t-il a ajouté.

« J’aimais ses livres et le sens de l’israélité qu’il incarnait », a écrit sur Twitter l’ancien Premier ministre Naftali Bennett. « Il aimait la Bible, les chemins de notre pays et était un géant de la littérature. »

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