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Même les habitants d’un village situé à la frontière israélo-libanaise votent

La participation a été élevée, quelques semaines après qu'Israël a supprimé toutes les restrictions à l'entrée de Ghajar, et que des hordes de touristes ont commencé à arriver

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

La place centrale de Ghajar le jour des élections législatives, le 1er novembre 2022. (Crédit : Lazar Berman/Times of Israel)
La place centrale de Ghajar le jour des élections législatives, le 1er novembre 2022. (Crédit : Lazar Berman/Times of Israel)

Mardi, le vote battait son plein dans le village de Ghajar, à cheval sur la frontière israélo-libanaise.

Lors des élections de 2021, plus de 48 % des 1 739 électeurs éligibles ont exercé leur droit de vote. Les responsables électoraux de l’école, servant de bureau de vote, ont affirmé que la participation semble encore plus élevée cette année, quelques semaines après qu’Israël a supprimé toutes les restrictions à l’entrée dans le village et que des hordes de touristes ont commencé à arriver.

Depuis le retrait israélien du Sud-Liban en 2000, le village était une zone militaire fermée et ses  habitants devaient obtenir une autorisation spéciale pour entrer ou sortir.

« Tout le monde vote », a déclaré Naif, un jeune résident qui déambulait entre les nouveaux food truck du centre-ville, récemment ouverts pour répondre aux besoins de la foule du week-end. Il n’avait cependant pas encore décidé pour qui il allait voter.

D’autres se sont présentés aux urnes dans un état d’esprit similaire. Malik, un ouvrier du bâtiment à la retraite, s’est approché de l’école alors qu’il cherchait encore à savoir pour qui il allait voter. « Celui-ci est notre ami, et celui-là, aussi. À mon avis, tout le monde est bon. Nous les jugerons en fonction de leurs actions. »

Non loin de là, Dovi et Yisroel, deux jeunes hommes appartenant au mouvement Habad, tenaient le bureau de vote local pour les personnes atteintes de la COVID-19. « Personne ne s’est présenté », ont-ils dit.

Muhammad, qui travail comme comptable, n’a pas voulu dire pour qui il allait voté, mais a souligné que toute sa famille avait voté. « Le village est divisé », a-t-il expliqué. « Ils ont voté pour celui qui aide notre société. »

Les habitants ont dit que le récent accord sur la frontière maritime avec le Liban n’a pas joué dans leurs décisions et n’était pas au centre de leurs préoccupations.

Les villageois, dont beaucoup ont la nationalité libanaise en plus de la nationalité israélienne, soutiennent largement le Likud et, de manière inattendue, le parti ultra-orthodoxe Shas. En 2021, ces deux partis avaient obtenu 30 % des voix, le parti Tikva Hadasha de Gideon Saar arrivant en troisième position avec 16 %. Les partis arabes et le Meretz n’avaient pas dépassé les 3 %.

« Nous avons le sentiment de faire partie de la nation israélienne », a expliqué un enseignant de l’école, sous couvert d’anonymat.

Les partisans de Netanyahu, à Ghajar, n’ont pas hésité à exprimer leur opinion sur l’ancien Premier ministre.

« Je l’apprécie, parce que les prix étaient bas quand il était au pouvoir », a expliqué Naif, ingénieur dans une usine de plastique. « Il a fait la paix avec Dubaï, et avec d’autres pays. C’était un bon dirigeant. »

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