Mémoire de la Shoah : La démocratie « sur une ligne de crête », dit un chercheur
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Mémoire de la Shoah : La démocratie « sur une ligne de crête », dit un chercheur

"Nous sommes sur une ligne de crête, comme en Allemagne entre 1920 et 1933, avec des hauts et des bas pour la démocratie", a estimé le président de la Fondation du camp des Milles

Alain Chouraqui, président de la Fondation du camp des Milles. (Crédit : Fondation du camp des Milles)
Alain Chouraqui, président de la Fondation du camp des Milles. (Crédit : Fondation du camp des Milles)

« Nous sommes sur une ligne de crête », a mis en garde mercredi le chercheur Alain Chouraqui, président de la Fondation du camp des Milles, s’inquiétant des « hauts et des bas » traversés par la démocratie, lors de la Journée en mémoire des victimes de la Shoah.

« Nous sommes sur une ligne de crête, comme l’a connue l’Allemagne entre les années 1920 et 1933, avec des hauts et des bas pour la démocratie », a estimé M. Chouraqui lors d’une cérémonie organisée devant le camp des Milles, près d’Aix-en-Provence, où furent internées plus de 10 000 personnes entre 1939 et 1942. Quelque 1 800 Juifs furent déportés de cette ancienne tuilerie vers le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau.

« Sur cette ligne de crête, l’action de chacun est essentielle. On peut résister et surtout ne pas participer à la meute qui s’exprime sur des réseaux sociaux, au Capitole [siège du Congrès américain à Washington] ou ailleurs », a poursuivi M. Chouraqui, également directeur de recherche émérite au CNRS, à l’occasion du 76e anniversaire de la libération du camp polonais.

« C’est bien autour de nous que les choses se jouent avant d’être définitivement acquises, horriblement et tragiquement irréversibles à Auschwitz. Cette leçon est essentielle car elle signifie que ce sont des hommes et des femmes ordinaires comme nous tous qui laissons faire, parfois sommes complices, mais parfois pouvons aussi résister », a-t-il insisté.

Le Camp des Milles, près d’Aix-en-Provence, seul grand camp français d’internement et de déportation encore intact. Illustration. (Crédit : Anima/CC BY-SA 3.0/WikiCommons)

Rescapée du camp d’extermination polonais d’Auschwitz, après avoir été dénoncée par un voisin quand elle avait 16 ans, la Marseillaise Denise Toros-Marter a lu un poème dont elle espère qu’il devienne « un flambeau apporté à la mémoire collective dédié à la liberté ».

« Les témoignages scolaires que je fais depuis des années ont laissé des traces et nous avons des jeunes qui s’investissent », s’est félicitée la nonagénaire auprès des journalistes dans le camp des Milles transformé en site mémorial avec notamment des ateliers pédagogiques pour le public scolaire.

En raison de l’épidémie de COVID-19, les centaines d’événements qui commémorent habituellement à travers le monde la libération d’Auschwitz, ont été rendus impossibles. Faute de pouvoir organiser des rassemblements, les musées et sites commémoratifs ont utilisé les réseaux sociaux et plateformes de visioconférence permettant à des survivants de partager leur témoignage.

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