Mère du bébé noyé : Une « voix divine » m’a dit de noyer le « fils du Messie »
Rechercher

Mère du bébé noyé : Une « voix divine » m’a dit de noyer le « fils du Messie »

Le tribunal lève l'embargo et révèle que la femme de 28 ans ayant des antécédents psychiatriques est officiellement soupçonnée de meurtre

Des juifs ultra-orthodoxes se rassemblent à Kikar Shabbat à Jérusalem pour assister aux funérailles du nourrisson qui s'est noyé à Ashdod, le 5 avril 2018. (Noam Revkin Fenton/Flash90)
Des juifs ultra-orthodoxes se rassemblent à Kikar Shabbat à Jérusalem pour assister aux funérailles du nourrisson qui s'est noyé à Ashdod, le 5 avril 2018. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

La mère d’un bébé de 1 mois qui a été noyé dans un jacuzzi d’hôtel plus tôt ce mois-ci est soupçonnée de meurtre, a-t-on appris dimanche, après qu’un tribunal d’instance de la ville côtière d’Ashdod a levé un ordre d’obligation de silence.

Elle est soupçonnée d’avoir immergé l’enfant au moins à trois reprises, croyant qu’une voix divine lui disait que si elle le gardait sous l’eau, il ressortirait comme un homme adulte, parce qu’il était « le fils du Messie », comme en témoigne l’acte d’accusation.

Dans un premier temps, la mère était soupçonnée d’avoir commis un acte criminel, une accusation beaucoup moins lourde que celle de meurtre, et le père d’entrave à la justice.

Mais le père, dont l’avocat a affirmé qu’il n’avait rien à voir avec la mort du bébé, a été libéré dimanche et la police aurait reconsidéré son dossier.

La femme, qui a des antécédents de troubles mentaux, est actuellement hospitalisée dans un service psychiatrique sur décision de justice.

L’acte d’accusation intervient en dépit d’un psychiatre de district qui a conclu la semaine dernière qu’elle n’était pas mentalement apte à comparaître.

Le couple, tous deux âgés de 28 ans, a un fils de 7 ans et – selon les personnes impliquées dans l’affaire citées par les médias israéliens – a récemment réussi à avoir un autre enfant après des années de tentatives.

La police israélienne est intervenue à l’hôtel Miami où un nourrisson est mort noyé dans une baignoire, dans la ville d’Ashdod, dans le sud d’Israël, le 2 avril 2018. (Flash90)

Originaires de la région de Beit Shemesh, près de Jérusalem, ils étaient en vacances dans un hôtel d’Ashdod pendant les vacances de Pessah quand l’incident s’est produit.

La femme aurait changé sa version des événements à plusieurs reprises et, selon le site d’information Walla, la police pense qu’elle a peut-être assassiné le bébé avant de se baigner avec lui.

Le jour de la noyade, les ambulanciers secouristes ont tenté de réanimer le nourrisson et l’ont emmené d’urgence au centre médical Assuta de la ville, mais le personnel médical n’a pas été en mesure de lui sauver la vie.

Le couple, des Juifs ultra-orthodoxes, s’est opposé à une demande de la police de procéder à une autopsie sur le corps du bébé pour permettre de déterminer la cause de la mort. La tradition juive s’oppose généralement aux autopsies au motif que le corps est sacré et ne doit pas être endommagé après la mort.

En fin de compte, une autopsie a été pratiquée en présence d’un médecin choisi par la famille, après que la Cour suprême a accepté la demande de la police.

En rendant la décision, les juges ont déclaré que même s’ils respectaient les sensibilités religieuses de la famille, ils estimaient n’avoir d’autre choix que de rejeter leur requête contre l’autopsie.

Des juifs ultra-orthodoxes affrontent la police dans le quartier de Mea Shearim à Jérusalem, le 4 avril 2018, lors d’une manifestation contre la réalisation d’une autopsie sur un bébé qui s’est noyé à Ashdod. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Pendant plusieurs jours, les Juifs ultra-orthodoxes de Jérusalem, Ashdod et Beit Shemesh ont protesté contre l’enquête et l’autopsie prévue, bloquant temporairement la circulation et le tramway en s’opposant à la police.

L’enterrement du bébé il y a 10 jours a été momentanément perturbé lorsque des membres d’une secte ultra-orthodoxe extrémiste ont enlevé le corps de l’ambulance.

Dans une déclaration du service d’urgence de Zaka, qui transportait le corps, il est dit que l’un de ses médecins a été frappé par la foule, qui a ouvert la porte de l’ambulance, enlevé le corps et l’a placé dans une autre voiture, qui a ensuite amené le bébé au cimetière.

Des dizaines de femmes orthodoxes ont assisté à l’enterrement du bébé, disant à leurs enfants que la responsabilité de la mort du bébé revenait aux « infidèles ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...