Merkel : Ankara s’engage à « tout faire » pour réduire le flux de migrants
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Merkel : Ankara s’engage à « tout faire » pour réduire le flux de migrants

La Turquie s'est engagée à aider l'Allemagne vendredi à l'issue d'une rencontre entre Davutoglu et Merkel

Angela Merkel au Bundestag, le 26 novembre 2014. (Crédit : Clemens Bilan/AFP)
Angela Merkel au Bundestag, le 26 novembre 2014. (Crédit : Clemens Bilan/AFP)

Les deux pays ont adopté lors de ces entretiens un communiqué commun dans lequel il est dit que « le gouvernement turc va tout faire pour réduire le nombre de réfugiés », a déclaré Angela Merkel, lors d’une conférence de presse aux côtés d’Ahmet Davutoglu à Berlin, alors que de nouveaux naufrages ont endeuillé la mer Egée, faisant 44 morts.

Une conférence de donateurs sur la Syrie suivra le 4 février à Londres et enfin un sommet européen mi-février. « C’est après ça qu’on pourra faire un bilan intermédiaire », a dit Mme Merkel.

La chancelière a évoqué jeudi soir la conférence de Londres avec Barack Obama, au cours d’une conversation téléphonique. Selon le porte-parole d’Angela Merkel, le président américain a promis que son gouvernement allait y « prendre part de manière substantielle ».

Le président américain Barack Obama lors d'une conférence de presse après le sommet du G20 à Antalya le 16 novembre, 2015 (Crédit :  AFP PHOTO / OZAN KOSE)
Le président américain Barack Obama lors d’une conférence de presse après le sommet du G20 à Antalya le 16 novembre, 2015 (Crédit : AFP PHOTO / OZAN KOSE)

La Turquie, par laquelle passent le plus grand nombre des candidats à l’asile en Europe, joue un rôle central dans la stratégie de la chancelière visant à remplir son objectif de réduire cette année de manière « significative » le nombre de demandeurs d’asile arrivant en Allemagne, après un record d’un million en 2015.

‘Que cela cesse’

« Nous avons un intérêt commun à ce que moins de réfugiés aillent en Turquie et que la Turquie ne les laisse pas simplement passer (…) c’est pourquoi nous voulons déterminer (nos) intérêts communs pour que cela cesse », a déclaré jeudi soir le ministre allemand de l’Intérieur, Thomas de Maizière.

Mme Merkel continue elle à refuser une fermeture des frontières aux réfugiés ou un plafonnement de leur nombre en promettant à son opinion une solution internationale passant par un meilleur contrôle du flux depuis par la Turquie et une répartition des migrants via des quotas européens.

Germany's defense minister Dr. Thomas de Maiziere during a recent visit to Israel (photo credit: Kobi Gideon/Flash90)
Thomas de Maiziere (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)

Mais cette solution peine à se concrétiser, attisant les critiques désormais d’une partie de ses propres députés, tandis que la crise avec la branche bavaroise (CSU) de sa formation politique conservatrice empire de jour en jour.

L’UE a promis fin novembre 3 milliards d’euros aux autorités turques en échange de leur engagement à mieux contrôler leurs frontières et à lutter contre les passeurs. Mais les gouvernements européens peinent toujours à en boucler le financement et Ankara est accusée de ne pas jouer le jeu. Début janvier, l’UE s’est dite « loin d’être satisfaite » de sa coopération avec la Turquie.

Le journal conservateur Die Welt constatait aussi vendredi l’isolement européen de la chancelière : « L’Union européenne a 28 membres. La plupart d’entre eux sont prêts à s’unir pour un encadrement du nombre de réfugiés grâce à des contrôles aux frontières renforcés mais l’Allemagne est contre (…) Est-ce la position de la majorité qui est anti-européenne ? »

Certains pays n’attendent plus, en tout cas à court terme, cette solution européenne voulue par Mme Merkel. C’est le cas de l’Autriche qui a annoncé l’instauration d’un plafond d’accueil annuel des migrants.

2.000-3.000 arrivées par jour

Tant qu’il n’y a pas de solution commune, « c’est à nous-mêmes de nous protéger », a ainsi expliqué le ministre autrichien des Affaires étrangères, Sebastian Kurz, dans la presse allemande.

Entre 2.000 et 3.000 réfugiés continuent à arriver chaque jour sur les côtes grecques, même si polices allemande et turque ont annoncé ensemble cette semaine le démantèlement d’un réseau de passeurs en Méditerranée.

Les réfugiés syriens, bloqués entre les frontières jordaniennes et syriennes, qui attendent pour traverser en Jordanie, au passage de la frontière de Hadalat, à l'est de la capitale jordanienne Amman, le 14 janvier 2016 (Crédit : AFP / KHALIL Mazraani)
Les réfugiés syriens, bloqués entre les frontières jordaniennes et syriennes, qui attendent pour traverser en Jordanie, au passage de la frontière de Hadalat, à l’est de la capitale jordanienne Amman, le 14 janvier 2016 (Crédit : AFP / KHALIL Mazraani)

A la veille de son déplacement à Berlin, M. Davutoglu a exhorté de son côté l’UE à prendre des mesures « concrètes » pour aider son pays, affirmant ne pas demander « d’argent » et soulignant qu’il ne s’agissait « pas d’un problème allemand, un problème turc ou même un problème syrien, c’est d’un problème mondial ».

Vendredi, Berlin pourrait rallonger cette aide en mettant de sa poche « plus d’argent » sur la table, affirmait jeudi Die Welt sans citer de montant.

La lutte contre l’organisation Etat islamique sera un autre thème important de la rencontre, une dizaine de jours après l’attentat suicide qui a tué dix Allemands le 12 janvier à Istanbul.

De même que la liberté de la presse en Turquie et la question kurde. Trois rassemblements pro-kurdes sont prévus à Berlin vendredi.

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