Merkel : « Pas ‘d’alternative raisonnable’ à la solution à deux états »
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Merkel : « Pas ‘d’alternative raisonnable’ à la solution à deux états »

Durant une rencontre avec Abbas à Berlin, la chancelière allemande a estimé que les activités d'implantations israéliennes viennent entraver une éventuelle résolution du conflit

La chancelière allemande Angela Merkel et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas se serrent la main à l'issue d'une conférence de presse à Berlin, le 24 mars 2017  (Crédit :  Odd Andersen/ AFP Photo)
La chancelière allemande Angela Merkel et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas se serrent la main à l'issue d'une conférence de presse à Berlin, le 24 mars 2017 (Crédit : Odd Andersen/ AFP Photo)

La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré vendredi qu’il « n’y a pas d’alternative raisonnable » à une solution à deux états entre Israéliens et Palestiniens, avertissant que les activités d’implantations israéliennes entravent une résolution du conflit.

Elle a également réprimandé les Palestiniens qui, selon elle, se tournent à tout moment vers les forums internationaux pour y « dénoncer de manière unilatérale » Israël.

Dans une réunion avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas vendredi à Berlin, Merkel aurait indiqué, selon Reuters : « Je ne vois pas d’alternative raisonnable à l’objectif d’une solution à deux états ».

« Les Israéliens comme les Palestiniens ont le droit de vivre dans la paix et la sécurité et aucune autre option ne peut le permettre de manière crédible », a-t-elle ajouté.

La chancelière allemande a également averti qu’en l’absence d’une solution à deux états, Israël ne pourra pas rester un état à la fois « Juif et démocratique », selon l’agence de presse allemande dpa.

La chancelière allemande Angela Merkel, à droite, et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors d'une conférence de presse à Berlin le 24 mars  2017. (Crédit : Odd Andersen/AFP)
La chancelière allemande Angela Merkel, à droite, et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors d’une conférence de presse à Berlin le 24 mars 2017. (Crédit : Odd Andersen/AFP)

Les commentaires de Merkel pourraient être un reproche larvé adressé au président américain Donald Trump, qui a paru se distancier de l’engagement de longue haleine pris par les Etats Unis en faveur de la solution à deux états.

Lors d’une rencontre à la Maison Blanche avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu au mois de février, il a ainsi déclaré : « J’envisage deux états comme un état, et je favoriserai la solution qui sera favorisée par les deux parties ».

Suite aux propos de Trump, un certain nombre de dirigeants dans le monde ont réaffirmé leur soutien à la solution à deux états – notamment Merkel – et l’ambassadrice américaine aux Etats Unis a, en conséquence, ultérieurement annoncé que « nous soutenons absolument une solution à deux états ».

Au cours de sa rencontre avec Abbas, qui s’est exclusivement intéressée au conflit israélo-palestinien, Merkel a également critiqué les politiques d’implantations israéliennes en Cisjordanie, estimant qu’elles « mènent à une érosion de la base d’une solution à deux états » et qu’elles « entravent la résolution du conflit ».

Merkel a également attribué le manque de progrès vers la solution à deux états aux Palestiniens, disant à Abbas que si les Palestiniens souhaitaient véritablement la paix, ils ne devraient pas « dénoncer de façon unilatérale » Israël dans les forums internationaux.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et la chancelière allemande Angela Merkel pendant une conférence de presse commune à Berlin; le 21 octobre 2015. (Crédit : Tobias Schwarz/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et la chancelière allemande Angela Merkel pendant une conférence de presse commune à Berlin; le 21 octobre 2015. (Crédit : Tobias Schwarz/AFP)

Même si le pays a toujours été dans l’histoire l’un des plus forts soutiens d’Israël, les relations entre l’Allemagne et l’état juif ont connu des tensions croissantes ces derniers temps, largement en raison de la frustration de Berlin face aux implantations en Cisjordanie.

Au mois de février, le quotidien Haaretz a rapporté qu’un sommet entre les gouvernements israélien et allemand – incluant Merkel tout comme Netanyahu – et qui devait se dérouler à Jérusalem au mois de mai avait été annulé en raison du mécontentement de la chancelière face à la loi dite de Régulation ainsi que par l’annonce de la construction de 6 000 nouvelles unités de logement en Cisjordanie et à Jérusalem-Est depuis l’investiture de Trump au mois de janvier.

Après que cette législation – qui vient légaliser certains avant-postes illégaux en Cisjordanie qui ont été construits sur des terrains privés appartenant à des Palestiniens – a été adoptée au mois de février, le ministère allemand des Affaires étrangères a émis un communiqué disant que de nombreux Allemands qui d’habitude « se tiennent avec force aux côtés d’Israël dans un esprit de solidarité sincère [ont été] déçus » par le passage de cette loi.

« La confiance que nous avions dans l’engagement du gouvernement israélien à privilégier une solution à deux états a été profondément ébranlée », poursuivait ce communiqué.

Le ministre des Affaires étrangères allemand Sigmar Gabriel a également critiqué cette législation, avertissant au mois de février que les constructions au sein des implantations israéliennes ne mettaient pas seulement en péril la solution à deux états mais qu’elles étaient également susceptibles de mener à la guerre.

« Nous nous inquiétons de ce que des constructions sans limites dans les implantations… ne rendent à l’avenir une solution à deux états impossible et n’augmente les risques de conflit au Moyen Orient, dont une guerre possible », a-t-il affirmé.

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