Merkel visite une synagogue lors de son voyage en Argentine
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Merkel visite une synagogue lors de son voyage en Argentine

La chancelière allemande a rappelé les victimes des “attaques terribles” à l'ambassade d'Israël et au Centre juif dans les années 1990, et la lutte contre l'antisémitisme

La chancelière allemande Angela Merkel lors d'une visite à la synagogue Templo Libertad à Buenos Aires, Argentine, le 8 juin 2017 (Crédit : Juan Mabromata / AFP)
La chancelière allemande Angela Merkel lors d'une visite à la synagogue Templo Libertad à Buenos Aires, Argentine, le 8 juin 2017 (Crédit : Juan Mabromata / AFP)

La chancelière allemande Angela Merkel a salué la plus grande communauté juive d’Amérique latine lors de sa visite en Argentine jeudi.

En visitant la synagogue Templo Libertad de Buenos Aires pour inaugurer un orgue allemand nouvellement restauré, elle a déclaré que l’instrument symbolisait un pont entre les deux pays.

C’est la plus ancienne et la plus grande synagogue d’Argentine, qui accueille la Congregacion Israelita Argentina et un musée de l’histoire juive.

Merkel a rendu hommage à l’Argentine, qui a accueilli des milliers de Juifs qui fuyaient les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.

« À la lumière du passé de l’Allemagne, cela nous rappelle que nous devons lutter contre l’antisémitisme partout où il apparaît », a-t-elle affirmé, dont les propos ont été traduits par un interprète.

De nombreux immigrants allemands se sont installés en Argentine depuis la fin du 19e siècle et le pays a la réputation d’avoir été un lieu de refuge pour les dirigeants nazis en fuite.

Merkel a également rappelé les « horribles attaques » sur l’ambassade d’Israël et un centre communautaire juif à Buenos Aires dans les années 1990.

La chancelière allemande Angela Merkel lors d'une visite à la synagogue Templo Libertad à Buenos Aires, Argentine, le 8 juin 2017 (Crédit : Juan Mabromata / AFP)
La chancelière allemande Angela Merkel lors d’une visite à la synagogue Templo Libertad à Buenos Aires, Argentine, le 8 juin 2017 (Crédit : Juan Mabromata / AFP)

Cette année marque le 25e anniversaire de l’attaque de l’ambassade, le 17 mars 1992, au cours de laquelle un kamikaze a tué 29 personnes et en a blessé des centaines d’autres devant l’ambassade, dans ce qui reste l’attaque la plus meurtrière contre une mission diplomatique israélienne. Un groupe ayant des liens avec l’Iran, et l’organisation terroriste libanaise du Hezbollah, avait revendiqué l’attentat.

Parmi les 29 victimes de l’attaque de l’ambassade de 1992, il y avait 25 Argentins et quatre Israéliens.

Une autre attaque terroriste commandité par l’Iran a eu lieu en 1994, lorsque le centre AMIA a été détruit. L’attentat à la bombe, mené par un kamikaze libanais qui a percuté avec sa voiture piégée le bâtiment de plusieurs étages et l’a détruit, a tué 85 personnes et en a blessé des centaines d’autres. Le terroriste a ensuite été identifié comme étant Ibrahim Hussein Berro, membre du Hezbollah.

Le centre AMIA à Buenos Aires après l'attentat de 1994 (Crédit : CC BY La Nación (Argentine)/Wikipedia Commons)
Le centre AMIA à Buenos Aires après l’attentat de 1994 (Crédit : CC BY La Nación (Argentine)/Wikipedia Commons)

Le procureur argentin Alberto Nisman, qui a enquêté sur l’attentat du 18 juillet 1994, a réussi à retracer l’autorisation de l’attaque de l’AMIA à une réunion du Conseil de sécurité nationale de l’Iran tenue le 14 août 1993 et a compilé des preuves suffisamment convaincantes sur le rôle de l’Iran dans l’attaque pour que plusieurs responsables iraniens, y compris le ministre de la Défense, Ahmad Vahidi, et le récent candidat aux élections présidentielles Mohsen Rezai, soient placés sur la liste « rouge » d’Interpol.

Nisman a été retrouvé mort le 18 janvier 2015, quelques heures avant qu’il ne présente ses accusations sur un accord secret pour couvrir le rôle présumé des autorités iraniennes dans l’attaque. Il affirmait que la présidente Cristina Fernandez de Kirchner et le gouvernement avaient conspiré pour dissimuler le rôle de l’Iran.

La question de savoir si la mort de Nisman dans son appartement était un meurtre ou un suicide n’a pas encore été résolue.

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